EDITO

Covid-19 : qu’a réussi le fédéral ?

Le Centre de vaccination du Heysel, désespérément vide.BELGA
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Près d’un an après l’émergence de la crise sanitaire en Belgique et le premier confinement consécutif en mars 2020, regardons dans le rétroviseur pour examiner la façon dont les autorités ont géré un dossier sans précédent. Il est vrai que la Covid-19 a pris tout le monde de court. On peut donc comprendre que les gouvernants n’aient pas eu suffisamment de temps pour se préparer et qu’ils ont dû initier, dans l’urgence, la gestion d’une crise. Ils ont pris des mesures qui, tout en rognant sur nos libertés, n’ont pas suscité beaucoup de critiques de la part des citoyens. Ces derniers ont admirablement fait preuve de compréhension et ont accepté que des libertés fondamentales (liberté de se déplacer, couvre-feu, liberté de manifestation, etc.) soient restreintes. Ils espéraient ainsi faire leur part de sacrifices pour vaincre le virus. Ils ont avalé des messages contradictoires (le port du masque n’était pas nécessaire au début avant d’être imposé, etc.).

Après bientôt un an, une question se pose : qu’a finalement réussi le Gouvernement fédéral durant cette période de tension ? Visiblement pas grand-chose. Les couacs et les polémiques se succèdent, entraînant dans leur sillage un lot de critiques justifiées. Le dossier de l’achat des masques du gouvernement a mal démarré avec un contrat critiquable, signé avec la société Avrox (problème de référence, tromperie sur la température de lavage, retard de livraison, etc.). Et aujourd’hui, on découvre que les 45 millions d’euros déboursés pour honorer le contrat des masques étaient en fait à fonds perdus. Car on découvre désormais que les masques Avrox contiennent des nanoparticules d’argent et du dioxyde de titane. En clair, ils seraient toxiques, donc dangereux pour la santé. Par précaution, les autorités ont arrêté leur distribution et mis le reste des 15 millions de masques réceptionnés, soit 6,6 millions de couvre-bouche, au rebut.
La vaccination qui est censée permettre à la population de gagner en immunité collective est si mal emmanchée aujourd’hui qu’il y a de sérieux doutes sur l’échéance et l’ambition de vacciner 70% de la population d’ici à septembre 2021. Tantôt ce sont des invitations envoyées par courriels qui n’arrivent pas aux bons destinataires en Wallonie au point qu’il faut se rabattre sur la version papier. Tantôt ce sont des citoyens invités qui ne se manifestent pas. Des invitations ont même été envoyées à des personnes décédées … Et au final, on découvre des centres de vaccination désespérément vides, illustrant, si besoin en était encore, la grande méfiance de la population vis-à-vis de la vaccination.
Or, le virus fait des victimes, principalement chez les personnes âgées et celles souffrant de plusieurs pathologies ou fragiles (problèmes respiratoires, état de comorbidité, etc.).

Qu’a réussi le Fédéral finalement ? A mettre l’économie belge à plat, plongeant des secteurs, des entreprises, des indépendants, bref des pans entiers de l’économie dans le désarroi (Horeca, l’aérien, les métiers de contacts, culture, etc.). Sans oublier les jeunes à qui toute activité sportive ou récréative est soit interdite, soit limitée. Les possibilités de contacts sociaux et d’échanges entre eux (autres que les contacts par réseaux), particulièrement essentiels à cette période de la vie, ont été réduites à peau de chagrin. Pire encore, leur cursus scolaire est malmené. Leur santé mentale est plus que jamais atteinte. Il devient urgent de changer et/ou de revoir la stratégie et d’ouvrir des perspectives à la population.


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