EDITO

Dilemme au sommet

BELGA
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Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a avancé à ce vendredi après-midi le comité de concertation prévu le 26 mars pour examiner la situation épidémique belge. Les autorités fédérales et régionales du pays risquent de se retrouver très vite face à un dilemme. Il y a d’un côté les chiffres qui traduisent une propagation du virus et de l’autre la question de savoir s’il faut un nouveau tour de vis pour espérer juguler le taux de contamination du Covid-19. La question ne sera pas simple à trancher. En effet, les responsables politiques ont, jusqu’à présent, opté pour des mesures drastiques espérant ainsi contrer la propagation du virus. Ils ont imposé un confinement à la population, restreint les libertés et réduit au silence des pans entiers de l’économie du pays.

On constate aujourd’hui qu’il y a une saturation des services de maladies mentales

Certaines mesures qui ont frappé des secteurs comme l’Horeca, la culture, le sport, les lieux de culte… semblent avoir été prises sans aucun fondement justifié et se révèlent aujourd’hui difficiles à poursuivre. Elles donnent l’impression que le remède a fait plus de dégâts que le mal lui-même. En effet, malgré la fermeture des restaurants, de la culture, du sport ou encore les lieux de culte, le virus continue à se propager, preuve que ces activités ne constituent en rien des clusters de contaminations. Mais en attendant, un nombre important de restaurateurs sont aujourd’hui fragilisés financièrement et mentalement malgré l’aide financière des autorités. Même constat pour le secteur de la culture où la fermeture des salles de cinémas, de théâtres ou encore de concerts n’a pas vraiment convaincu de son efficacité, sans compter les atteintes aux libertés qui semblent avoir des conséquences dramatiques sur la santé mentale de nos concitoyens et en particulier de notre jeunesse. Au contraire, elle a plongé dirigeants et personnels dans un désarroi sans nom.

Accélérer la vaccination

La population est désormais à bout et, vu déjà les actes de désobéissance et de (timides ?) non-respect des mesures de confinement partiel, une explosion sociale ne peut être totalement écartée. Par conséquent, serrer plus fort la vis des mesures n’est donc pas souhaité. Que faut-il donc faire ? Bien malin celui qui peut affirmer détenir la solution miracle. Reporter la perspective d’ouverture au 1er mai annoncée il y a quelques semaines aux restaurateurs ? Ça ne passera pas. Refermer la bulle sociale à l’extérieur et la ramener à 4 personnes alors qu’elle vient d’être élargie, il y a moins de deux semaines, à 10 personnes ? Que dire aux élèves et aux enseignants qui attendent avec impatience de retourner à l’école à 100% en présentiel après les vacances de Pâques (le lundi 19 avril) ? L’équation n’est pas simple.

Il faudra en tout cas saluer la résilience dont les citoyens ont fait preuve jusqu’à présent et rappeler les mesures de distanciation physique, le port du masque et le respect scrupuleux du télétravail partout où c’est possible. Il faudra aussi tenir l’engagement d’accélérer la campagne de vaccination, un élément indispensable dans le combat contre le virus et peut- être maintenir un statu quo des mesures dans l’état actuel des choses. Car s’il est vrai qu’il y a un risque d’engorgements des soins intensifs, on constate aujourd’hui qu’il y a une saturation des services de maladies mentales. Il s’imposera donc de faire la balance bénéfices/risques comme l’a fait le gouvernement en maintenant les injections du vaccin Astrazeneca.

 


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