OPINION

Energie/Climat: « il faut associer davantage les scientifiques aux décisions des politiques »

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Face aux conditions extrêmes qui nous attendent et que nous avons déjà commencé à vivre (vagues de chaleur, sécheresses et inondations), il est plus qu’urgent de dénoncer haut et fort l’impassibilité du monde politique et des décideurs face aux avertissements que n’ont cessé de leur prodiguer les scientifiques.

Ces avertissements ont commencé dès fin des années 60s avec le SMIC (Report of Study of Man’s Impact on Climate) et le SCEP (Study of Critical Environmental Problems,) suivis de plusieurs d’entre nous dont j’ai fait partie (ci-joint copie de mon premier article scientifique qui date de 1978 et de celui de 1990). Le SCEP (publié en 1970 par MIT Press) présente les résultats d’un mois d’examen interdisciplinaire des effets climatiques et environnementaux globaux des activités humaines par cinquante participants experts en météorologie, océanographie, sciences de l’ingénieur, écologie, économie, sciences sociales et droit.

Le SMIC (publié par le MIT Press en 1971) rapporte les résultats d’une observation intensive de trois semaines sur les effets actuels et potentiels des activités humines sur le climat par trente experts mondiaux de 14 pays. Nous devons exiger à présent une participation active directe des vrais experts scientifiques aux prises de décision des politiques en matière de climat et d’énergie et refuser tout dictat idéologique et politique en ces domaines.

Conséquence de la politique de la Commission européenne

Il faut aussi dénoncer la politique absurde de la Commission européenne et des gouvernements  Allemand, Français et Belge qui prétendent résoudre les problèmes de la production d’électricité en couvrant l’Europe d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques. Tout scientifique honnête et digne de ce nom reconnaîtra immédiatement que c’est une ineptie de remplacer une énergie décarbonée, le nucléaire, par d’autres certes décarbonées, mais largement moins efficaces. C’est aussi un leurre, l’intermittence des ces énergies renouvelables non-pilotables (EnRI) conduisant inexorablement à une augmentation des émissions de CO2, la sécurité d’approvisionnement requérant l’utilisation de centrales au gaz en parallèle.

Même si le stockage de l’électricité était résolu, ces énergies renouvelables intermittentes non-pilotables ne seront au mieux productrices qu’un quart du temps, ce qui signifie qu’il faudrait en disposer de 4 fois plus que de centrales nucléaires pour satisfaire le même besoin en électricité avec la conséquence dramatique d’une augmentation considérable des émissions de CO2. De plus, dépendant totalement des conditions météorologiques, ces EnRI ne sont pas nécessairement disponibles aux moments où la société en a besoin.

Les vagues de chaleur au Canada, les projections de 50° en Europe et les inondations catastrophiques récentes m’ont définitivement convaincu que l’époque du silence poli était terminée et que celle des accusations publiques était ouverte.

André  Berger (http://www.climate.be/u/berger)
Professeur à l’Université catholique de Louvain
Georges Lemaître Center for Earth and Climate Research
Louvain-la-Neuve


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