Opinion

Après les promesses, les actes pour relancer le rail belge


S’il y a bien un secteur dont le développement permettra de décongestionner le trafic routier et de contribuer en même temps à la réduction des émissions de gaz toxiques, c’est bien le rail. Mais visiblement, il y a un décalage entre les promesses du Gouvernement fédéral, portées par le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo) et leur concrétisation. A côté du transporteur ferroviaire, la SNCB, qui doit augmenter son offre, en améliorer la qualité et la rendre de plus en plus accessible aux voyageurs, il y a également Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire.

La mission de ce dernier est de mettre à la disposition des transporteurs ferroviaires, un réseau fiable, bien entretenu et suffisamment étendu pour permettre notamment une grande fluidité de l’offre de train. Les deux doivent bénéficier de budgets suffisants pour mener à bien leurs missions respectives.

Mais le constat qui se pose aujourd’hui, en parcourant la présentation de son CEO, Benoît Gilson, est que le gestionnaire d’infrastructure ne dispose pas suffisamment de moyens financiers pour entretenir le réseau ferré et assurer son développement. Sa dotation d’investissement que lui verse l’Etat fédéral est en baisse, de même que le soutien public d’exploitation, depuis plusieurs années. Pire encore, l’Etat ne donne pas à l’entreprise une programmation budgétaire sur une période suffisamment longue pour lui permettre de déployer sa stratégie à moyen et à long termes. Et comme si cela ne suffisait pas, le Fédéral lui impose des économies et ce, de façon unilatérale et sans concertation. Or, c’est le moment d’investir massivement dans le transport ferroviaire au regard des enjeux de la Belgique en matière de mobilité et de réduction des émissions polluantes.

En imposant des économies au rail belge, le Gouvernement fédéral prend le risque d’accélérer le délabrement de notre infrastructure ferroviaire et d’alourdir encore plus la facture à payer pour le moderniser.

Alors que des annonces sont faites tous azimuts sur l’attention à porter au transport ferroviaire, pourquoi ne pas lui donner les moyens nécessaires pour lui permettre de se développer ? Outre sa contribution à la réduction des émissions de gaz polluants et toxiques, des études ont démontré que le développement du transport ferroviaire apporte une valeur ajoutée à l’économie nationale. Un euro investi dans le rail génère plus de deux euros de retour dans l’économie nationale. Sans oublier la création d’emploi qu’il engendre. Certes, la Belgique, à l’instar de tous les pays d’Europe et d’autres contrées du monde, est confrontée à la pandémie du Covid-19 et la gestion de celle-ci exige des moyens colossaux pour la contrer et pour gérer ses conséquences sur l’économie. Certes, la catastrophe des inondations est venue mettre un coup de pression supplémentaire sur les finances publiques.

Mais il y a des priorités à rencontrer et le développement du trafic ferroviaire en fait partie au même titre que la gestion des deux crises. Il faut lui apporter les moyens financiers nécessaires pour non seulement permettre le maintien des capacités, mais aussi leur extension. En imposant des économies au rail belge ou en faisant d’autres choix, le Gouvernement fédéral prend le risque d’accélérer le délabrement de notre infrastructure ferroviaire et d’alourdir encore plus la facture, parce que le gestionnaire d’infrastructure va se retrouver avec des investissements plus importants à faire pour assurer la modernisation du réseau ferré belge. Sans oublier les problèmes de sécurité sous-jacents et une offre de services ferroviaires de qualité moindre, ce qui obligerait les usagers du rail à se détourner de ce dernier.


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