LITTERATURE

Chronique : “Le fils de l’Homme”, de Jean-Baptiste Del Amo

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cela commence comme 2001. L’Odyssée de l’espace, de Kubrick, et se termine comme Shining, du même Kubrick. La scène initiale se déroule, en effet, pendant la Préhistoire, lors d’une chasse au cervidé : une chevrette est touchée mortellement par un enfant d’homme et achevée par son père. Quant à la scène finale, si son dénouement précis reste ignoré, elle nous a fait penser irrésistiblement à Shining et à Jack Nicholson dans le rôle du père de famille. Le nouveau roman de Jean-Baptiste Del Amo vaut tous les détours.

Nous reconnaissons que nous ignorions tout de Jean-Baptiste Del Amo avant ce roman et ne pouvons donc nous livrer à une comparaison avec les autres œuvres de cet auteur et vérifier s’il existent des constantes dans ses univers romanesques, le blanc, le silence, l’absence d’explication étant le procédé le plus évident dans le cas présent (ainsi, qu’a fait le père entre sa disparition et son retour ? Le deuxième enfant est-il bien l’enfant de Tony ? Celui-ci a -t-il été l’amant de la mère ? Comment s’achève le face à face final ?). Monde du non-dit, de la simple suggestion.

L’exposé de l’action n’est pas davantage linéaire chronologiquement, le lecteur passe d’une époque à l’autre et l’événement ancien éclaire parfois l’événement contemporain mais pas toujours : comme dit ci-dessus subsistent des parts d’ombre dans l’histoire. Les personnages ne sont pas nommés autrement que le père, la mère, le fils, la nouveau-née (seule exception : Tony).

Il y a assez peu d’action, les descriptions, spécialement celles des paysages de montagne, occupent la place principale du récit, d’où une certaine lenteur dans la progression de l’intrigue.

Autre point obscur pour nous : la signification du titre. On sait que c’est ainsi que, dans l’Evangile, Jésus se désigne lui-même. On ne trouve toutefois dans le roman aucun renvoi explicite au sentiment religieux, si ce n’est, au début, à des rites primitifs associés à une inhumation. Faut-il y voir une allusion pleine de dérision au rôle que prétend jouer l’Homme dans l’univers, au sein de la Nature, encore largement inconnue ?

Malgré une belle qualité de langue, un beau style, des descriptions de qualité, nous avouons être resté un peu sur notre faim, ne réussissant pas à pénétrer réellement dans le roman. Nous le regrettons.

 

Jacques MELON

 

Fred

Jean-Baptiste Del Amo, “Le Fils de l’Hommes”, Ed. Gallimard, 239 p., (19€)

 

 

 

 

 

 


  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •