A l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale ce 9 octobre, SOS Villages d’Enfants plaide pour que les enfants ayant vécu des expériences traumatiques répétées bénéficie d’un lieu de reconnaissance officiel. Dans une carte blanche, SOS Villages d’Enfants et plusieurs experts appellent ensemble à la création d’un monument. L’organisation lance cet appel en collaboration avec les professionnels de l’enfance en danger et spécialistes du trauma, dans une carte blanche adressée à la Ministre de l’Enfance Bénédicte Linard et à la Ministre de l’Aide à la jeunesse et de la Promotion sociale Valérie Glatigny.
« Créer un lieu de reconnaissance signifie qu’en tant que société, nous avons le courage d’écouter tous ces appels au secours non entendus, toutes ces histoires douloureuses. Cette reconnaissance est une étape importante pour toute personne qui a été victime d’abus, de négligence ou de maltraitance. C’est pourquoi nous appelons à créer un monument physique, comme il en existe pour les attentats du 22 mars ou du 11 septembre », explique Hilde Boeykens, directrice de SOS Villages d’Enfants.
Nous sommes pour l’élévation d’un monument qui offre une reconnaissance aux milliers d’enfants et d’adultes ayant vécu des expériences traumatiques
En 2020, les 14 équipes SOS Enfants ont reçu 6 257 signalements de maltraitance. « Dans notre travail, nous constatons chaque jour la réalité derrière ces chiffres et l’impact de ces expériences traumatiques sur les enfants », déclare SOS Villages d’Enfants. Les données au niveau international montrent que trois jeunes sur quatre ont vécu un événement traumatisant avant de se retrouver dans un service de l’aide à la jeunesse. « Ces expériences influencent quasiment tous les aspects de la vie des enfants et des jeunes concernés. Cela peut même les affecter à l’âge adulte. »
La psychotraumatologue Manoëlle Hopchet confirme que les traumatismes répétés peuvent laisser de lourdes traces sur le développement des enfants dans leur vie future : « Les survivants peuvent encore souffrir d’anxiété, de cauchemars et d’autres troubles psychologiques des dizaines d’années après les faits. Selon une étude menée sur plus de 17000 adultes, le stress toxique chronique causé par un traumatisme augmente aussi le risque de maladies auto-immunes, de maladies cardiovasculaires et de cancers, avec une corrélation encore plus élevée que celle entre le tabagisme et le cancer du poumon. Reconnaître leurs traumatismes passés et aider ces enfants à trouver des moyens de s’engager dans des relations d’écoute et de soutien leur permet d’avancer. Nous sommes une partie essentielle du processus de guérison du traumatisme. »
Dans sa carte blanche, l’organisation appelle donc les ministres compétentes à contribuer à créer un monument qui offre une reconnaissance aux milliers d’enfants et d’adultes ayant vécu des expériences traumatiques.
« Nous appelons à créer un lieu officiel, aussi reconnu par les autorités et la société, où les survivants peuvent se rendre et où leurs expériences trouvent un endroit qui leur est dédié, où ils peuvent découvrir les expériences d’autres survivants, où ils peuvent trouver de l’inspiration ou une aide concrète pour aller de l’avant malgré leur traumatisme. Un monument physique, comme il en existe pour les attentats du 22 mars ou du 11 septembre ». Hilde Boeykens, directrice SOS Villages d’Enfants.
L’organisation souhaite ainsi donner plus de visibilité aux enfants ayant vécu des expériences traumatiques dans les débats sur les traumatismes et le bien-être mental, qui font l’objet d’une attention croissante, notamment depuis la crise du coronavirus. « Beaucoup de progrès ont été récemment réalisés dans ce domaine. Nous voulons tirer parti de l’attention accordée au bien-être mental afin de faire sortir de l’ombre ce groupe d’enfants oublié », conclut Hilde Boeykens.
Vous pouvez consulter la carte blanche dans son entièreté sur www.sos-villages-enfants.be.
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