L’Ukraine, objet de discorde entre la Russie, les USA et les occidentaux
AFP Ce sont des images qui inquiètent le monde et tout particulièrement l’Europe : Un vaste déploiement militaire russe de près de 100.000 hommes aux frontières de l’Ukraine. Très rapidement, l’Otan, l’Union européenne et les Etats-Unis ont exprimé leurs craintes à propos d’une éventuelle invasion de l’Ukraine avant la fin de l’hiver. En image de fond bien entendu, l’annexion de la Crimée par les Russes en 2014 et la guerre qui sévit dans la région du Donbass, opposant les autorités ukrainiennes aux séparatistes pro-russes bénéficiant du support de Moscou.
L’Ukraine dispose de frontières avec la Slovaquie, la Pologne, la Roumanie, le Bélarus, la Hongrie, la Moldavie, et, à l’Est, la Russie de Vladimir Poutine. Les tensions avec Moscou furent nombreuses et n’ont cessé de se multiplier ces dernières années.
Entre 2007 et 2012, ce pays de l’Europe de l’Est négocia avec l’Union européenne en vue de conclure un accord d’association. Dans la dernière ligne droite, le président Ukrainien Viktor Ianoukovitch fait volte-face et se retourne vers le voisin Russe. Le mouvement pro-européen « Euromaïdan » embrase l’Ukraine, faisant de nombreux morts civils dans les rangs des protestataires, à la suite de répressions. Le président Ianoukovitch n’aura d’autre choix que de fuir en Russie. L’Ukraine se divise entre partie occidentale (pro-européenne) et partie orientale (pro-russe).
Embrasement du Donbass
En 2012, après avoir abrogé la loi linguistique qui donnait le statut de langue régionale notamment à la langue russe au sein de la République autonome de Crimée, du Donetsk et du Luhanks, la Russie s’insurge et considère qu’il s’agit là d’une attaque contre la population russophone majoritaire dans ces régions d’Ukraine. Elle utilise le recours à la force armée sous l’argument d’autodéfense, et envahit la Crimée. Celle-ci sera finalement rattachée à la Russie en 2014 à la suite d’un référendum d’autodétermination. Cette annexion ne sera jamais reconnue par la communauté internationale.
Prenant exemple sur la Crimée, la région Est ukrainienne du Donbass s’enflamme et se proclame république populaire de Donetsk et de Luhanks. S’en suit une guerre toujours en cours, aux portes de l’Europe, opposant l’armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes, financés et soutenus militairement par le voisin Russe. Après une trêve durant l’été 2020, le conflit a repris de plus belle depuis le mois de mars 2021.
Le volume de l’aide militaire augmente. Les Etats-Unis et d’autres pays de l’Otan transforment consciemment l’Ukraine en poudrière.
Des manœuvres militaires plus précises
En avril 2021, des manœuvres importantes militaires russes ont été observées aux abords de l’Ukraine, exacerbant les tensions avec l’Otan, les Etats-Unis et l’Europe. Le vice-ministre des affaires étrangères russes a accusé les occidentaux. « Le volume de l’aide militaire augmente. Les Etats-Unis et d’autres pays de l’Otan transforment consciemment l’Ukraine en poudrière », a-t-il déclaré. Après de nombreuses semaines de tensions, le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé le retrait de ses troupes en indiquant qu’il s’agissait d’exercices destinés à faire face aux actes menaçant de l’Otan à ses frontières orientales et aux provocations de Kiev.
Dernier évènement en date, des déploiements massifs de blindés, de chars et de soldats ont été de nouveau rapportés aux frontières de l’Ukraine. Le ministre ukrainien de la défense, Oleksiï Reznikov, fait état d’exercices militaires près de l’Ukraine. Les inquiétudes augmentent quant à une éventuelle invasion de l’Ukraine avant la fin de l’hiver. Les opérations d’avril auraient pu servir de répétition générale. Les tensions sont vives avec le monde occidental.
La Russie veut des garanties de non-élargissement de l’Otan
Le lundi 6 avril, la Maison Blanche avait déclaré qu’en cas d’attaque de la Russie, elle interviendrait via des sanctions économiques et des aides militaires.
Le mardi 7 avril, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen embraye et annonce que l’Europe adopterait des sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie en cas de nouvelle agression contre l’Ukraine.
Enfin, cette nuit, s’est tenu un entretien de plus de deux heures entre le président des Etats-Unis, Joe Biden et le Président russe, Vladimir Poutine. A l’issue de celui-ci, la Maison Blanche a déclaré que le Président des Etats-Unis a fait savoir sa plus grande préoccupation à son homologue russe, Vladimir Poutine, quant à la situation en Ukraine et qu’il s’exposait à de fortes sanctions, entre autres économiques en cas d’escalades en Ukraine.
La Russie estime que l’Otan fait des tentatives dangereuses d’user du territoire ukrainien et développe son potentiel militaire à ses frontières. Elle souhaite obtenir des garanties excluant un élargissement de l’Otan à l’Est.
Coup de bluff ou menace sérieuse
Il est impossible à l’heure actuelle de se prononcer sur la réelle volonté du Président russe Vladimir Poutine.
Il est certain que l’annexion de la Crimée traduit des intérêts économiques et stratégiques. La Russie dispose d’une zone maritime en mer noire lui donnant accès aux sources de pétrole et de gaz. Elle possède également une flotte à Sebastopol en mer noire, lui permettant d’avoir accès un possible aux mers chaudes. Quant au conflit dans le Donbass, il contribue à une déstabilisation du pays et à un report d’adhésion à l’Union européenne. La Russie a toujours souhaité créer une véritable union eurasienne. Le rattachement de l’Ukraine à L’Union européenne serait un véritable désaveu, après la chute de l’URSS. L’Ukraine représentant un pan de l’histoire de la Russie et de son hégémonie passée.
Enfin, la Russie voit d’un très mauvais œil l’élargissement de l’Otan à l’Est, et il s’agit bien là du fil rouge dans les dernières déclarations russes du mois d’avril ou du mois de décembre dernier.
Si l’Otan venait à persister dans sa volonté d’expansion orientale, le maître du Kremlin pourrait bien finir par passer à l’acte.
Eugénie CORTUS
