Après les mesures prises ce 1er février par le gouvernement fédéral afin de lutter contre l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les ménages, c’était au tour ce jeudi du gouvernement Wallon de déposer son accord sur la « prime chauffage » de 100 euros. Dans la foulée, le syndicat des Locataires de logements sociaux salue ces mesures, mais les juge insuffisantes et réclame que celles-ci soient également revues et adaptées à la réalité de terrain pour la Région de Bruxelles-Capitale.
En plus des aides fédérales adoptées cette semaine en matière de lutte contre la forte hausse des tarifs de l’énergie (baisse temporaire de la TVA sur l’électricité, chèque-énergie de 100 euros, prolongation de trois mois du tarif social étendu), le Syndicat des Locataires revendique pour les habitants de Bruxelles : l’octroie d’une « prime chauffage » sous forme de chèque de 200 euros par ménage ; des aides destinées non seulement aux personnes les plus précaires, mais aussi à celles ayant un revenu moyen proches du seuil de pauvreté. Le Syndicat des Locataires aspire également à la mise en place d’aides structurelles et non pas accordées de mois en mois rendant d’autant plus l’avenir incertain pour les bénéficiaires.
« Nos demandes au gouvernement bruxellois et à Alain Maron, Ministre bruxellois chargé de la Transition climatique, de l’Environnement, de l’Énergie, de l’Action sociale et de la santé, se justifient au vu de la situation réelle des Bruxellois », explique José Garcia, secrétaire général du Syndicat des Locataires de logements sociaux rappelant que les Bruxellois disposent des revenus moyens les plus bas du pays.
Ainsi, en 2019, selon Statbel, le revenu net imposable moyen par habitant s’élevait à 19 105 euros. Comparativement, en observant ces revenus par Région, on constate qu’en Flandre, ce revenu dépasse de 7,3 % la moyenne nationale et qu’en Région wallonne, le revenu moyen (17 949 euros) se situe 6,1 % en deçà de la moyenne belge. Les Bruxellois, eux, ont 21,6 % de moins sur base annuelle avec un revenu moyen de 14 973 euros.
« Ce sont donc les Bruxellois dans leur ensemble et les plus précarisés d’entre eux en particulier, qui dépensent proportionnellement une plus grande partie de leurs revenus aux dépenses énergétiques de leur foyer », reprend José Garcia, secrétaire général du Syndicat des Locataires.
En région bruxelloise, le pourcentage de personnes vivant sous ce seuil est de 30 à 37 % contre 18 à 25 % en Wallonie et 8 à 12 % en Flandre.
En outre, la vétusté des logements en région de Bruxelles-Capitale participe à l’augmentation des besoins en énergie.
« Selon le rapport bruxellois sur l’état de la pauvreté, de l’Observatoire de la Santé et du Social (2018) 22 % des ménages bruxellois évoque un problème d’impossibilité de chauffer convenablement leur logement ou de moisissures et d’humidité. Cette proportion augmente à 26 % si on regarde que les locataires qui représentent 70 % de la population bruxelloise. Évidemment, investir dans la rénovation du bien devient également très difficile aussi ».
Les loyers élevés dans la capitale, limite la part de budget pouvant être alloué à la consommation d’énergie. Sur la période de 2004 à 2017, les loyers bruxellois en terme réel ont augmenté de près de 20 %. Cette hausse des prix des loyers entame fortement le budget du ménage et diminue la part dépensée aux autres besoins.
Le nombre élevé de faibles revenus. Le seuil de risque de pauvreté est de 13.670 euros par an (1.139 par mois pour une personne isolée et 2.392 euros par mois pour un couple avec deux enfants). En région bruxelloise, le pourcentage de personnes vivant sous ce seuil est de 30 à 37 % contre 18 à 25 % en Wallonie et 8 à 12 % en Flandre.
Au vue de cet alarmant constat, le Syndicat des Locataires de logements sociaux estime qu’il n’est que justice que les mesures prises afin de lutter contre la hausse des prix de l’énergie soient aussi d’application pour tous les citoyens bruxellois en situation de précarité. Il réclame l’urgence pour ces derniers de pouvoir bénéficier de mesures d’aides structurelles et d’une prime de chauffage de 200 euros par ménage pour tous les revenus moyens proche du seuil de pauvreté.
Source : l’Observatoire de la Santé et du Social, 2018, Précarités, mal-logement et expulsion domiciliaires en Région bruxelloise : rapport bruxellois sur l’état de pauvreté
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