Politique

E-commerce : le réguler plutôt que l’interdire en Belgique


La sortie de Paul Magnette sur l’e-commerce dans les colonnes du magazine flamand, Humo, fait couler beaucoup d’encre. En affirmant vouloir « faire de la Belgique un pays sans commerce électronique, avec de vrais magasins et des villes animées », le président du PS a suscité, à juste titre, un tollé chez plusieurs acteurs, tant économiques que politiques. Quelle mouche a bien pu piquer l’ancien Professeur d’université (ULB) pour sortir une telle déclaration qui va à contre-sens du développement technologique et économique. Sa posture semble plutôt convenir à un profil conservateur, refusant de voir que le monde change autour de lui et qui tente inutilement de freiner cette avancée.

L’e-commerce est aujourd’hui une réalité et elle ne fera que se renforcer avec les années. Le commerce en ligne constitue un gisement de croissance pour les entreprises, aussi bien pour les petites que pour les moyennes et les grandes, car il ne fait que répondre à un changement des habitudes de consommation de la population. Il dépasse le simple constat qui voit le citoyen comme un simple consommateur pressé d’entrer rapidement en possession de sa commande réalisée quelques jours plus tôt sur Internet. C’est plus qu’un phénomène de mode.

L’e-commerce représente également un secteur accueillant des milliers d’emplois aussi bien qualifiés que non qualifiés. Il est source de développement technologique avec par exemple des machines sophistiquées imaginées par des ingénieurs et dont l’investissement permet d’alléger et d’améliorer le travail des équipes.

Contrairement à l’analyse du président du PS, l’e-commerce peut être un partenaire efficace des « vrais magasins » et peut permettre de ramener du monde dans les villes.

Contrairement à l’analyse du président du PS, l’e-commerce peut être un partenaire efficace des « vrais magasins » et peut permettre de ramener du monde dans les villes. Il peut contribuer à une dynamisation des villes. A titre d’exemple, le consommateur peut passer sa commande en ligne, puis aller la chercher dans un vrai magasin et, sur place, en profiter pour y découvrir et y acheter d’autres produits. Il peut même contribuer à la commercialisation des produits en circuits courts.

L’e-commerce ne se limite pas seulement à de grands et moyens acteurs comme Amazon, Alibaba, Bol.com, HelloFresh, etc. Il y a de petits commerçants, des agriculteurs et de petits magasins qui y évoluent en diversification leurs sources de revenus. Que va-t-on dire maintenant à ces petits acteurs ? Va-t-on aujourd’hui changer de stratégie aujourd’hui après avoir investi autant de millions d’euros dans le développement de l’aéroport de Liège devenu aujourd’hui un acteur important du maillon de la chaîne de l’e-commerce qui draine dans son sillage près de 10.000 emplois ?

Plutôt que de prôner la fin de l’e-commerce en Belgique, il serait plus opportun de se mettre aux côtés des travailleurs pour mener le combat légitime afin d’obtenir de meilleures conditions de travail et de meilleures rémunérations.

Plutôt que de prôner la fin de l’e-commerce en Belgique, il serait plus opportun de se mettre aux côtés des travailleurs pour mener le combat légitime afin d’obtenir de meilleures conditions de travail et de meilleures rémunérations. Il vaut mieux réguler le travail de nuit dans l’e-commerce afin d’éviter au personnel qui y évolue d’y laisser leur santé. L’e-commerce ne sera une régression sociale que si on n’améliore pas les conditions de travail du personnel.

Il ne sera un secteur rappelant l’époque de Germinal que si on ne permet pas aux travailleurs de vivre décemment de leur labeur. C’est là la vraie responsabilité politique. C’est à ce niveau que les responsables politiques peuvent apporter une valeur ajoutée et défendre les droits des travailleurs. Car on ne peut pas tirer un trait sur un pan important de l’économie. Et la Belgique n’est pas une île évoluant en dehors du temps et du monde économique.


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