Société

Le convoi européen de la liberté est aux portes de Bruxelles


Après avoir quitté Paris, le convoi s’est dirigé vers Lille ce dimanche, afin de converger ensuite vers la capitale de l’Europe. Malgré le déploiement par la police fédérale de contrôles mobiles, une centaine de véhicules avait déjà franchi la frontière belge par le Hainaut dès 22 heures. Ce lundi matin, des manifestants ont été signalés très tôt à Bruxelles, notamment sur le site du Heysel, le seul endroit de la capitale où une manifestation statique est officiellement autorisée. Le dispositif de sécurité est renforcé devant la Commission Européenne. Thierry Belin, secrétaire du syndicat national du personnel de police (SNPS), espère que le calme sera au rendez-vous : « nous ne sommes pas dans un climat insurrectionnel comme en France ».

L’initiative s’est constituée sur le modèle de la mobilisation qui paralyse depuis une quinzaine de jours la capitale canadienne Ottawa. Protestation hétéroclite de personnes opposées aux mesures sanitaires, mais aussi au contexte général d’austérité économique, ils ont appelé à rejoindre le centre de Bruxelles et son quartier européen ce lundi pour dénoncer « une politique de contrôle ».

En fin d’après-midi ce dimanche, les voitures, vans et camping-cars dont plusieurs ornés de drapeaux français, sont arrivés au lieu de rendez-vous sur le parking du Auchan de Faches-Thumesnil (Lille). A coup de klaxons, les passants pouvaient les entendre crier « On ne lâche rien ! Libertés ! Libertés ! ». Quelques policiers étaient visibles autour du site, mais le message qui tournait en boucle sur  l’application Telegram, le système de messagerie utilisé par les manifestants, étaient le suivant : « rien ne nous interdit de poursuivre jusqu’à la frontière avec la Belgique et de la passer ! »

 Il y a un malaise certain que le pouvoir politique devrait entendre.  (…) Ce sont les équipes de premières lignes qui doivent affronter la colère citoyenne.

Dénoncer une politique de contrôle

Toujours sur Telegram, les organisateurs conseillaient aux participants de passer la frontière franco-belge en ordre dispersé. Selon les autorités françaises, au moins 1.300 véhicules font partie du convoi qui a repris la route tôt ce matin vers Bruxelles. Certains participants à une manifestation similaire organisée à La Haye ont également annoncé leur intention de se rendre en Belgique. ll est déconseillé de circuler en voiture à Bruxelles ce lundi. Les navetteurs doivent aussi prendre leurs précautions. Pour les voyageurs, l’accès à l’aéroport peut être plus compliqué.

Copyright : des manifestants regroupés à Faches-Thumesnil (Lille) – Twitter

Pas de climat insurrectionnel en Belgique

La principale cible de la police ce lundi matin : les plaques françaises et les véhicules qui afficheraient leur soutien au convoi. Malgré des barrages filtrants, le convoi de la liberté progresse avec détermination. Les participants qui arrivent aux portes de la capitale sont automatiquement redirigés vers le parking C de Brussels Expo, sur le plateau du Heysel, seul endroit où une action statique est tolérée. Une trentaine de véhicules s’y sont déjà rassemblés. Les autorités ont également signalé de « petits groupes » de manifestants sur les autoroutes en direction de Bruxelles. La situation semble calme pour le moment.

Interrogé sur les débordements parisiens et le manque de patience des forces de l’ordre françaises avec certains participants, Thierry Belin, secrétaire du syndicat national du personnel de police (SNPS), nous rappelle que le contexte belge n’est pas le même.

« Depuis deux ans, la police française doit affronter un climat insurrectionnel quasi permanent. Souvenons-nous les nombreux mois de tensions vécus avec les manifestations des gilets jaunes et les dégâts occasionnés sur les Champs-Elysées. Je ne justifie pas l’attitudes de mes collègues parisiens, mais les équipes sont à bout, avec de nombreuses heures sur le dos. Chez nous, le personnel en fonction est aussi fatigué, mais moins à cran. Le climat n’est pas le même ».

Et de poursuivre : « Il y a un malaise certain que le pouvoir politique devrait entendre. C’est facile de faire la sourde oreille alors que la Vivaldi a confisqué un certain nombre de libertés individuelles, mais ce sont les équipes de premières lignes qui doivent affronter la colère citoyenne. Les policiers servent de bouc-émissaires et en même temps, ils doivent faire leur boulot. Et  leur boulot, c’est de faire respecter l’ordre. Alors lorsqu’un citoyen manque de civisme et n’obtempère pas à une injonction, que faire pour faire respecter l’ordre ? »

 

Copyright : European Freedom Convoy


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