Dénazifier l’Ukraine ou couper l’herbe sous le pied à Hitler ?


Dans la nuit du 23 au 24 février, la crise en Ukraine a basculé, avec armes et fracas et un sinistre cortèges de dommages humains collatéraux, dans le dernier épisode d’une guerre inachevée depuis huit ans. Au moment où il semblait prêté l’oreille à des sirènes diplomatiques, face à une Europe sidérée, Vladimir Poutine a déroulé un plan minutieusement ruminé : vouloir, de ses propres termes, « dénazifier son voisin pro-occidental et défendre les séparatistes face à un Etat génocidaire envers les russophones ». Une rhétorique guerrière répétée à l’envi ces dernières années et qui s’inscrit dans un passé commun. La cause est pour le maître du Kremlin sacré : l’Ukraine est une marionnette de l’Occident, une colonie américaine corrompue qui persécute une minorité pro-russe et veut rejoindre l’OTAN, une menace intolérable pour la Russie. Blessant l’orgueil d’un Poutine rêvant d’un empire soviétique retrouvé, la « grande Russie » ne saurait être pleinement elle-même sans l’Ukraine.

Convaincu d’œuvrer pour l’Histoire, la sienne, pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, un chef d’Etat a décidé d’envahir un autre pays sur le continent européen, sans autre raison que sa folie impériale et autoritaire. L’homme est allé à bonne école. Il tire ses leçons d’hégémonie dans l’épopée sanglante du IIIème Reich. « Le conflit déclenché par la Russie en Ukraine doit s’arrêter maintenant. Président Poutine, au nom de l’Humanité, ramenez vos troupes en Russie », a imploré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, après une réunion en urgence du Conseil de sécurité. Mais, les supplications ne font qu’alimenter l’égo de l’empereur soviétique. « Si nous n’agissons pas, Poutine, autocrate et cleptocrate, adepte des assassinats et des empoisonnements d’opposants, ne s’arrêtera pas à l’Ukraine », a déclaré le premier ministre, Alexander De Croo.

Depuis la chute du communisme en 1989, en Russie aussi des idéologies autres que le marxisme-léninisme d’une Union Soviétique déchue circulent. Fait très rare dans un pays cadenassé par le pouvoir poutinien, des protestations contre la guerre réunissant des centaines de milliers de personnes à Moscou et Saint-Pétersbourg prennent une ampleur sans précédent ces dernières heures.

Ce qui se joue est à l’évidence crucial et tient à une seule et simple question : entre tergiversations politiques et immobilisme diplomatique, l’Occident est-il encore une force ? Le rendez-vous est historique en démonstration. Cette déclaration de guerre n’est pas un conflit local. Il s’agit d’une atteinte à la souveraineté territoriale d’un pays et d’une violation brutale de la Charte des Nations Unies. De facto, le combat de l’Ukraine est donc aussi notre combat. Nous sommes tous Ukrainiens.

Lueur d’espoir, avec l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine vient peut-être de ressusciter l’OTAN et de redonner tout son sens à la construction voulue en 1950, par Robert Schuman, l’homme de la réconciliation et père de l’Europe : éviter tout nouveau conflit et garantir la sécurité des européens. L’opportunité est aujourd’hui unique pour la communauté internationale de couper l’herbe sous le pied à Hitler. Il conviendrait de ne pas manquer l’occasion de défendre un monde que nous souhaitons libre et en paix.

 

 

 

 


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