20211205, FRANCE : Le Français candidat à la présidentielle de 2022, Eric Zemmour, prononce un discours lors de sa première réunion politique au parc des expositions de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, près de Paris, en France, le dimanche 5 décembre 2021. - French 2022 presidential candidate Eric Zemmour delivers a speech at his first political meeting at the Villepinte Exhibition Center in Seine-Saint-Denis, near Paris, France, on Sunday, December 5, 2021. Photo Philippe BOURGUET / bePress Photo Agency/bppa
Éric Zemmour s’est-il disqualifié de par ses propos élogieux tenus en faveur de Vladimir Poutine ? Lors d’un rassemblement ce vendredi 25 février à Chambéry, le candidat d’extrême droite a essayé de se justifier après avoir minimisé pendant des mois les menaces lancées par Moscou « injustement fustigé », selon ses propres dires, « par une propagande fallacieuse des services américains ». Le candidat de Reconquête cherche à présent la parade face à ses adversaires qui soulignent son virage opéré à 180 degrés. Il doit composer avec ses louanges pro-russes passées et son rétropédalage passe mal.
Copyright : capture Twitter – Éric Zemmour
Éric Zemmour a décidé de réagir après l’invasion russe de l’Ukraine lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi 24 février à la Maison des centraliens, située dans le VIIIe arrondissement de Paris, à deux pas de son QG de campagne.
« La guerre frappe une fois de plus le sol de notre continent. La nuit dernière, la Russie a frappé l’Ukraine alors que l’Ukraine ne l’attaquait pas et ne la menaçait pas directement. Je condamne sans réserve cet usage de la force. Mes premières pensées vont aux victimes de ce conflit absurde (…) Comme d’autres, j’ai cru que Vladimir Poutine ne franchirait pas car une solution pacifique pouvait être obtenue (…) »
« Cette crise sonne le grand retour de trois notions que l’on croyait dépassées, que nos élites avaient enterrées, trois notions qui symbolisaient le monde d’avant, un monde révolu : le tragique, les frontières et la souveraineté. Avec cette guerre, les frontières sont désormais enfin perçues pour ce qu’elles sont : d’indispensables garants de la liberté, de la sécurité et de la paix des peuples », a-t-il précisé le lendemain en meeting à Chambéry. Il n’a pas manqué de tacler également les récentes tractations diplomatiques avortées d’Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine : « Emmanuel Macron n’a pas pu construire avec Vladimir Poutine une relation d’égal à égal, car il n’est pas allé au bout de la logique de l’indépendance française ».
La russophilie de l’extrême-droite française n’est plus à démontrer. Éric Zemmour n’est donc pas le seul candidat français à l’élection présidentielle qui soutient la politique de Vladimir Poutine. Marine Le Pen a aussi défendu à maintes reprises des positions pro-russes, certes, quelque peu difficiles à assumer aujourd’hui en temps de guerre.
Mais, de tous les candidats, Éric Zemmour est certainement celui qui est dans la position la moins confortable. Il est en effet le seul à avoir affirmé lors de son intervention du 9 décembre dernier, dans l’émission Elysée 2022 : « Sur l’Ukraine, le problème de l’Ukraine n’est pas […] que la Russie menace d’une évasion, je n’y crois pas. La Russie n’a aucun intérêt à envahir l’Ukraine. La Russie, je prends le pari, n’envahira pas l’Ukraine », une déclaration qui au vu des derniers événements pose question.
D’autant plus qu’en 2018, il affirmait ouvertement « rêver d’un Poutine français ». Un soutien au maître du Kremlin réaffirmé au début de ce mois de février sur ses réseaux sociaux : « Vladimir Poutine est un patriote russe. Il est légitime qu’il défende les intérêts de la Russie. Les Américains ont beaucoup fait pour provoquer Poutine ».
Lors de sa conférence de presse, Éric Zemmour a tenu à justifier ces propos : « Je ne regrette rien. Vous savez, beaucoup de gens ont été surpris par cette intervention (…). Les autorités françaises elles-mêmes disaient encore, il y a quelques jours, que la paix était devant nous et la guerre derrière nous », se justifie-t-il, avant d’ajouter : « je pensais, il y a trois mois, que les Français, les Allemands et les Américains, seraient assez sages pour enfin traiter cette question (…) pour qu’enfin les Ukrainiens respectent les accords de Minsk II (…) je croyais que ce serait le cas, et dans ce cas-là monsieur Poutine n’aurait pas eu besoin, ni eu l’Hubris d’attaquer l’Ukraine ».
Obnubilé par la figure de l’homme politique russe, Éric Zemmour avait pourtant affirmé en 2014 que « l’Ukraine n’existe pas. L’Ukraine est à la Russie ce que l’Afrique est à la France. Mieux qu’une ancienne colonie, une chasse gardée depuis plusieurs siècles », écrivait-il alors. L’incohérence de ces dernières déclarations est partant manifeste.
Comment en effet reprocher aux Français, aux Allemands et aux Américains de ne pas avoir fait en sorte que les Ukrainiens respectent les accords de Minsk II si, de son affirmation première, l’Ukraine n’existe pas…
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