On vous en parlait la semaine dernière, un ancien directeur d’école primaire liégeois comptait bien partir à la frontière polonaise afin d’apporter son soutien aux réfugiés ukrainiens. Félix Derison a rassemblé les forces et s’en est allé à Premsyt, des véhicules chargés de trousses de premiers secours, de médicaments, de vêtements chauds, de doudous et de vivres. Il en revient, ému par ce qu’il a vu, et accompagné d’une vingtaine d’Ukrainiens désireux de paix et d’une pause salvatrice alors que leur pays est sous le feux des bombes.
En Ukraine, les hommes entre 18 et 60 ans ne sont pas invités à quitter le pays. Seules les femmes, les enfants et les personnes âgées peuvent le faire. « Nous avons vu la misère humaine », confie Félix, parti la nuit de vendredi à samedi vers la frontière ukraino-polonaise. « C’est inimaginable, le va-et-vient des gens sur place, ces espaces aménagés pour loger les Ukrainiens réfugiés dans l’urgence. Mais bizarrement et heureusement aussi, leur accueil sur place est plutôt bien organisé », confie-t-il visiblement très éprouvé par son aventure éclair, humaine et solidaire. « Ce que nous avons vu nous a laissé sans voix, je mentirais de dire que nous n’avons pas eu envie de pleurer ; c’est inimaginable ».
A Premsyt, la Pologne a pensé à tout. Des postes médicaux avancés ont été installés, des espaces où boire et manger, et des bureaux administratifs. Et puis, ces halls où sont installés des centaines de lits de fortune. « On doit reconnaître que l’accueil est pas mal pensé vu les circonstances. Les personnes désireuses de quitter la Pologne pour se réfugier dans d’autres pays sont, je déteste le mot, mais placés dans des lieux différents et rassemblés pour faciliter leur départ. Les bus et les cars ne cessaient d’arriver et de repartir. »
Muni de documents provenant de l’Ambassade d’Ukraine à Bruxelles, Félix et son équipe de volontaires a dû montrer patte blanche pour faire preuve de sa bonne volonté et de ses justes intentions. « Nous avons pu ramener en région liégeoise 28 personnes, principalement des femmes avec de jeunes enfants et deux couples de seniors. Les femmes ont téléphoné à leurs époux, pour leur demander si elles pouvaient partir, et les prévenir. C’était déchirant. »
Ce matin, ces familles éclatées sont arrivées à bon port. Elles seront logées dans des familles réparties à Liège et dans sa région, dont une famille à Huy. « L’important à présent est de les installer, de faire en sorte qu’elles se sentent bien chez nous, le mieux possible, le temps nécessaire. Toutes aspirent à retourner mais nul ne sait quand et dans quelles conditions. »
Arrivés en Pologne samedi après-midi, les six véhicules du convoi solidaire liégeois ont dans un premier temps déchargé leurs dons médicaux afin que ceux-ci soient envoyés en Ukraine rapidement. Là où c’est nécessaire. Le reste a été déposé aux postes d’accueil situés à la frontière polonaise. Une façon d’apporter un peu de réconfort et de soutien aux réfugiés en attente d’un autre devenir.
Pour Félix, la route ne s’arrête pas là. Sa compagne Oksana a finalement forcée de fuir Dnipro, situé à l’Est de Kiev oµ pourtant, elle tenait à rester malgré la guerre mais la situation devenait intenable. Elle tente de rejoindre la frontière slovaque. C’est là, peut-être que Félix s’en ira la chercher dans les prochains jours, si la sécurité le permet.
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