Toutes les formes de traite relèvent d’une même violation des Droits Humains. En Europe, la traite des êtres humains concerne 140 000 personnes. La Fondation Samilia agit pour sensibiliser toutes les personnes qui ont le pouvoir de faire changer les choses. Sophie Jekeler est la Présidente du Conseil d’administration de Samilia. Sa mission : alerter et sensibiliser. « L’éducation et l’information sont des enjeux fondamentaux pour faire reculer la traite des êtres humains ».
Dans les pays d’origine, Samilia œuvre à alerter les populations les plus vulnérables aux risques de la traite des êtres humains et leur donner des outils pour se protéger. La Fondation y crée aussi des opportunités d’emploi et de formation pour les victimes de traites et/ou pour la population vulnérable en partenariat avec les entreprises et en soutenant l’entreprenariat social et la mise à l’emploi. Dans les pays de destinations, elle participe à alerter les citoyens et les médias sur les nouvelles formes de traite des êtres humains et Éduquer le public belge et européen à la réalité de la traite des êtres humains dans le monde. Elle participe aussi à créer des opportunités d’emploi pour les victimes reconnues en Belgique en partenariat avec les entreprises qu’elle sensibilisent aussi à l’élaboration d’une chaîne de production exempte de toute forme d’esclavage contemporain.
L’Post : Nous célébrons aujourd’hui une nouvelle fois la Journée internationale des droits des femmes ? Que représente cette journée à vos yeux ?
C’est indispensable et ça le sera encore longtemps. Même si en Europe, les femmes bénéficient d’une certaine chance en matière de droits et de reconnaissance. La position de la femme ailleurs dans le monde n’a rien de comparable. La traite des femmes est une réalité. En Europe aussi dans une moindre mesure. Donc, cette journée est essentielle pour rappeler combien leurs droits demeurent trop souvent bafoués. On se doit d’agir. Face aux violences, au harcèlement et autres discriminations que les femmes subissent parfois, il ne faut pas occulter non plus qu’une majorité d’entre elles, dans le monde, n’ont pas accès aux droits les plus fondamentaux.
Nous craignons pour le sort de ces jeunes femmes ukrainiennes actuellement sur les routes de l’exil
L’Post : Comment faire changer les choses ? Faut-il plus de lois, de réglementations ?
C’est par la sensibilisation et l’éducation surtout que le statut de la femme peut et doit évoluer dans l’environnement social dans lequel elle évolue, partout. Il n’est pas nécessaire de légiférer davantage mais plutôt d’appliquer les lois existantes. On occulte trop souvent le problème en légiférant mais il faudrait aussi et surtout appliquer davantage les sanctions à l’encontre de ceux qui ne respectent pas les droits des femmes, les femmes, tout simplement. Les temps changent, des choses ont évolué ces 25 ans dernières années mais ces avancées ne sont pas linéaires. D’autres problématiques apparaissent, d’autres formes de traites des femmes entre autres, utilisées aujourd’hui à des fins sexuelles qui déshumanise, par exemple, complètement la prostitution.
L’Post : De quoi s’agit-il concrètement ?
La Russie est, par exemple, particulièrement concernée en la matière. On peut y acheter un moment de prostitution à l’aide de sa carte de crédit. La fille reçoit une liste avec des noms de clients et des codes afin de lui permettre de les rencontrer. Elle ne touche même plus l’argent de la passe. Elle n’est plus que produit ou objet. Rien ne dépend de sa volonté. La soumission est totale.
L’Post : Depuis deux ans, les violences faites aux femmes et féminicides ont largement fait parler d’elles. Doit-on aussi davantage sensibiliser les jeunes filles dès leur plus jeune âge quant à leurs droits inaliénables afin qu’elles participent aussi à se respecter plus et se protègent mieux?
Les filles et les garçons! La sensibilisation aux bonnes attitudes à avoir et celles à éviter doit passer par l’école et l’éducation. C’est primordial. D’ailleurs, pour rebondir sur l’actualité, nous craignons pour le sort de toutes ces jeunes femmes ukrainiennes que l’on aperçoit sur nos écrans sur les routes de l’exil. Elles voudront travailler et c’est normal mais de quelle manière ? Dans quelles conditions ? Les risquent sont majeures que leur situation n’engendre de mauvaises rencontres. Nous sommes inquiets véritablement pour leur sort à venir si elles ne sont pas accompagnées et protégées.
L’Post : Dans le même ordre d’idée, vous aviez tenu en juin dernier à dénoncer la réforme des incriminations du code pénal en matière sexuelles qui décriminalise la prostitution, mais pas le proxénétisme. Elle doit entrer en vigueur au printemps. Une façon pour le gouvernement de tenir compte aussi d’une certaine évolution de la société selon lui.
En effet, nous avions rédigé une Carte blanche pour dénoncer les modifications apportées au texte existant. Faciliter la prostitution des mineurs, assimiler la prostitution à une mission d’intérêt public c’est ce qu’autorise en substance cette réforme qui passe mal. Malgré les amendements, le texte soulève des questions inquiétantes en termes de lutte contre la traite des êtres humains et de protection des mineurs. Les associations de terrain n’ont pas été consultées. Des modifications en profondeur ont pour conséquence d’affaiblir dramatiquement l’arsenal belge de lutte contre la traite des êtres humains.
Les principaux outils juridiques à la disposition des magistrats pour protéger les victimes et poursuivre les auteurs de traite des êtres humains ont été abrogés : le proxénétisme est dépénalisé au profit d’un concept d’exploitation « anormale » de la prostitution ; la prostitution de mineurs de 16 à 18 ans est admise s’il n’est pas démontré que proxénètes ou clients connaissaient l’état de minorité et la publicité pour l’offre de services sexuels sur Internet est acquise. Enfin, la fermeture des établissements dans lesquels sévit la traite sexuelle n’est plus possible.
On a fait du proxénète un respectable chef d’entreprise. La réforme facilite aussi la prostitution des adolescents et introduit une modification substantielle. Désormais, ce sera au mineur de 16 à 18 ans de devoir prouver que le proxénète ou le client connaissait son âge et désirait commettre l’infraction. La publicité pour l’offre de services sexuels de mineurs reste interdite mais à la condition que l’infraction soit commise sciemment et volontairement. Pourquoi donc abroger des articles qui sont le socle de la protection des personnes les plus vulnérables, à savoir les victimes de la traite des êtres humains ? Comment peut-on en arriver à voter ça. Selon, le Global Slavery Index mondial, on estime à 40,3 millions de personnes victimes de traite dans le monde. Cela fait de cette pratique criminelle la plus rentable après le trafic d’armes et le trafic de drogue.
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