L’invasion militaire russe qui a débuté le 24 février révèle à quel point l’Occident est aussi dépendant de l’Ukraine pour ses activités spatiales. La guerre déclarée bouscule l’accès à l’espace. Plusieurs futures fusées européennes sont menacées et de nombreux vols sont d’ores et déjà annulés. Vladimir Poutine pourrait également préparer quelque chose de plus fort encore que la guerre au sol : la guerre dans l’espace. Les services de renseignement américains alertent à l’international. Les communications et les services GPS pourraient être compromis par une éventuelle attaque militaire russe contre des satellites.
L’invasion russe de l’Ukraine fait également irruption sur l’échiquier spatial, portant un coup d’arrêt brutal à une coopération entre Moscou et les puissances occidentales entamée à l’issue de la Guerre froide, mais aussi aux perspectives de collaboration avec l’Ukraine, un pays qui se trouve depuis des années au cœur de plusieurs programmes spatiaux. Certaines missions sont d’ores et déjà déprogrammées et des productions à l’arrêt. Le conflit ouvert se répercute dans l’espace et sous plusieurs formes.
Jusqu’en 2011, l’Ukraine avait déjà permis la mise en orbite de près de 250 satellites pour une vingtaine d’autres pays.
Une réalité a été quelque peu oubliée. Durant l’ère soviétique, l’Ukraine était l’un des berceaux des programmes spatiaux et, jusqu’en 2011, l’une des cinq plus grandes puissances spatiales au monde. Le pays avait alors produit plus de 130 fusées et permis la mise en orbite de près de 250 satellites pour une vingtaine d’autres pays. Parmi les fusées symboliques produites : la fusée Dnepr et la fusée Zenit, dont une version était même capable de décoller depuis une plateforme maritime. Après l’annexion de la Crimée en 2014, l’activité des lanceurs a décliné, mais l’Ukraine a continué d’exporter des pièces en Occident.
On dénombre ainsi aujourd’hui plusieurs start-ups du New Space eu Europe et aux États-Unis qui sont en partenariat avec des contractuels ukrainiens pour concevoir les moteurs de leurs futures fusées. Or, les exportations sont freinées et les employés Ukrainiens de ces entreprises de l’espace ont quitté le pays ou pris les armes. L’invasion russe risque donc de stopper net toutes ces activités.
Côté sécurité spatiale, Christopher Scolese, le directeur du National Reconnaissance Office (NRO), l’une des 17 agences de renseignement des États-Unis, a adressé un avertissement aux opérateurs de satellites. La Russie pourrait attaquer des satellites pour perturber les communications et les services GPS. « Je pense que nous voyons assez clairement que la Russie est déterminée à faire ce qu’elle veut en Ukraine et qu’elle veut gagner. Il est donc légitime de supposer que Vladimir Poutine pourrait étendre le conflit à l’espace, d’autant plus qu’ils font déjà du brouillage GPS », a-t-il déclaré fin février lors de la conférence sur l’espace consacrée à la défense et au renseignement organisée par la National Security Space Association (NNSA). « J’invite à ce que vous renforciez vos systèmes de sécurité car nous savons que les Russes sont des cyber acteurs efficaces ».
Copyright : National Security Space Association (NNSA)
Le risque n’est pas nouveau. Depuis longtemps déjà, l’armée américaine craint que la Russie ne bloquent les signaux GPS et les satellites de communication pendant un conflit armé, une stratégie qui compromet considérablement la défense et les contrôles aériens et terrestres. En plus de mettre en péril le signal GPS par des attaques d’interférences électroniques, la Russie pourrait aussi cibler les utilisateurs de GPS militaires américains avec des données falsifiées.
Ce serait alors toutes les activités militaires impliquant des aéronefs, des navires, des munitions, des véhicules terrestres et des troupes au sol qui seraient concernées. Une tentative de perturber les activités spatiales pourrait également affecter les satellites d’opérateurs privés qui distribuent des images du conflit. Aux Etats-Unis, comme dans plusieurs pays européens, la défense spatiale s’organise.
Copyright : Un satellite GPS III de nouvelle génération en orbite – NRO
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