Illustration shows protest signs at a day care center for babies and toddlers, in Brussels, Thursday 01 April 2021. Today some nurseries are closed to protest as workers feel forgotten in the Covid-19 pandemic, they are not in the priority list to get the vaccination. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ
Censée améliorer la qualité de l’accueil de la petite enfance et faciliter la vie des responsables, la réforme des crèches, baptisée MILAC et initiée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, semble avoir raté son objectif. Elle devait déboucher sur la création de nouvelles places d’accueil pour rencontrer les demandes, de plus en plus importantes, des parents. Mais depuis l’entrée en vigueur de la réforme en janvier 2020, elle suscite la colère d’une partie importante des principaux concernés, tant les acteurs du secteur non subventionné ou privé que les subventionnés.
Les dirigeants (qui sont à plus de 95% des femmes) de ces petites structures d’accueil de la petite enfance se sentent déconsidérées et estiment que leurs remarques constructives pour corriger le tir sont ignorées. On ne peut pas totalement leur donner tort quand on voit les conséquences de la réforme sur le secteur. Malgré tout l’amour qu’ils portent à nos enfants et la passion qu’ils nourrissent pour le métier auquel ils ont consacré plusieurs années de leur vie, les dirigeants de ces petites structures d’accueil sont aujourd’hui obligées d’y renoncer. La conséquence directe est la fermeture progressive de petites crèches (on en dénombre des dizaines depuis deux ans). Et pour cause. Les conditions de travail que leur impose la réforme (contrôles accrus, normes trop sévères à respecter, davantage de bureaucratie, révision des diplômes, etc.) entraînent une disparition des petites structures au profit des plus grandes. Or, les petites crèches sont indispensables et viennent compléter harmonieusement les grandes.
La fermeture des petites crèches va sérieusement compliquer une situation qui était déjà sous tension. On ne peut pas dire que la Fédération Wallonie-Bruxelles croule sous le nombre des places d’accueil de la petite enfance. Il en manque. En témoigne, le fait que les futurs parents doivent s’y prendre plusieurs mois à l’avance, parfois même avant l’annonce la grossesse, pour espérer dénicher une place dans une crèche. Même si la réforme vise à créer de nouvelles places ou à en réformer d’autres afin d’en augmenter le nombre, au rythme des fermetures des petites crèches, le paysage francophone belge risque de ne pas combler le déficit dont il souffre.
Une réforme, si louable soit elle, ne peut pas se concrétiser efficacement contre la volonté de ceux qui sont censés la faire vivre.
Une réforme, si louable soit elle, ne peut pas se concrétiser efficacement contre la volonté de ceux qui sont censés la faire vivre. Il est donc temps que les autorités politiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles renouent le dialogue avec les dirigeantes des petites structures d’accueil pour entendre leurs remarques et en tiennent compte afin d’adapter la réforme en fonction de l’expérience des acteurs de terrain. Ceux-ci connaissent mieux la réalité du secteur et sont plus à même d’apporter les solutions adéquates pour éviter que les parents ne soient pas pris en otage par l’absence de places d’accueil pour leurs enfants.
Les améliorations promises tardent, sinon, la grogne aurait déjà disparu. La balle est dans le camp de la ministre, Bénédicte Linard (Ecolo), puisque la compétence de la Petite enfance relève de son ministère
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