Présidentielle française

Que veulent les électeurs de Jean-Luc Mélenchon ?


Arrivé en troisième position lors du premier tour de la présidentielle organisé le 10 avril, Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise (FI) a recueilli 22% des suffrages, chutant à quelques centaines de milliers de voix près d’une participation au second tour prévu le 24 avril. Sans donner de consigne claire de vote à ses partisans, le candidat de l’Union populaire a indiqué, au soir des résultats du premier tour, qu’aucune voix ne devait aller à Marine Le Pen, candidate du parti d’extrême droite, le rassemblement national (RN). La consultation organisée entre le 13 et le 16 avril sur le site du parti de l’extrême gauche vient de livrer ses résultats et ceux-ci ont de quoi inquiéter les démocrates sur l’issue du second tour.

Certes aucune option de vote en faveur de la candidate du RN n’était proposée aux 215.000 électeurs qui avaient investi Jean-Luc Mélenchon, mais les préférences qu’ils ont manifestées pourraient contribuer à élire Marine Le Pen à l’Elysée. En effet, 37,65% des participants au vote en ligne ont indiqué qu’ils voteraient blanc ou nul dimanche prochain, 33,4% pour le président-candidat Emmanuel Macron et 28,96% se sont prononcés pour l’abstention. Un sondage Ipsos a révélé que 16% voteraient pour Marine Le Pen. Il n’est point ici question de donner des leçons à nos voisins français, mais il y a lieu de se demander ce que veulent vraiment les partisans de Jean-Luc Mélenchon. Certes, le bilan du président sortant n’est pas totalement positif. Certes, il n’est pas exempt de critiques. Mais voir des partisans du candidat de l’extrême gauche opter pour l’abstention, voire envisager de voter pour Marine Le Pen prenant ainsi le risque de confier les clés de l’Elysée à une candidate de l’extrême droite, interpelle. Ils risquent de plonger la France, ce grand pays des Lumières, dans l’obscurité et dans une aventure hasardeuse.

Certes, le bilan du président sortant n’est pas totalement positif. Certes, il n’est pas non plus exempt de critiques. Mais voir des partisans du candidat de l’extrême gauche opter pour l’abstention, au risque de confier les clés de l’Elysée à une candidate de l’extrême droite, interpelle.

Car malgré un discours axé sur le pouvoir d’achat, la grandeur de la France ou encore la création d’emplois, le programme suinte la haine de l’autre, le racisme et la xénophobie. Les propositions de la candidate de l’extrême droite pour réduire l’immigration à zéro  sont à l’opposé du vivre ensemble. Elles sont stigmatisantes et prônent l’exclusion. Sur le plan politique, l’entrée de Marine Le Pen à l’Elysée rapprocherait la France de pays dirigés par des responsables faisant du tort à leurs peuples (Hongrie, Pologne, Russie, etc.) et décrédibilisent leurs pays. Or, les Français ne peuvent pas se permettre d’amener l’Hexagone sur cette voie. La France est un pilier de l’Europe, alors qu’une élue d’extrême droite à sa tête la tiendrait en dehors du projet européen.

Sur le plan économique, le programme de Marine Le Pen creuserait davantage le déficit de la France et poserait le problème de la soutenabilité de sa dette. La confiance serait donc rompue, ce qui conduirait à détourner les investisseurs et les bailleurs de fonds. Sa haine de l’immigration fera également fuir les chercheurs, les ingénieurs, les médecins, etc., alors que la France, à l’instar d’autres pays européens, a besoin d’attirer des cerveaux.

En passant en revue les différents éléments, la question revient : que veulent les partisans de Jean-Luc Mélenchon tentés par le vote blanc, nul ou encore l’abstentionnisme, car leur option pourrait ouvrir les portes de l’Elysée à une élue de l’extrême droite et ferait plus de tort que de bien à la France.

Si Emmanuel Macron est reconduit pour un nouveau quinquennat, il doit se dire que son élection dépasse le simple fait d’un barrage à l’extrême droite.

Mais si Emmanuel Macron est reconduit pour un nouveau quinquennat, il doit se dire que son élection dépasse le simple fait d’un barrage à l’extrême droite. Il ne doit pas seulement faire des changements cosmétiques dans son programme, il doit le revoir en profondeur pour offrir une alternative crédible, un choix de société qui rend confiance non seulement aux partisans de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi à ceux qui se sont détournés des partis traditionnels français (PS, Les Républicains). Son futur mandat doit faire la part belle à des mesures en faveur de la protection de l’environnement, de la création d’emplois de qualité, de la sauvegarde des retraites et des pensions, d’une société apaisée (dans laquelle personne ne doit se sentir exclu ou discriminé), etc. A défaut d’un tel virage, il y a fort à parier que la France s’offrira, dans 5 ans, à un(e) candidat(e) de l’extrême droite.


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