Société

Bilan terrifiant pour Uber Etats-Unis : Plus de 3.800 agressions sexuelles sur deux ans

C'est un scandale à l'ampleur insoupçonnée. En décembre 2019, Uber révèle avoir enregistré entre 2017 et 2018, 5.981 cas d'agressions sexuelles, dont 9 avec meurtres aux États-Unis. Suite à une série de plaintes de passagères dans le cadre de trajets commandés via l'application, la polémique enfle alors aussi en France et en Belgique. L’hashtag #UberCestOver signe un gros ras-le-bol. Le géant du VTC vient de publier son nouveau rapport de sécurité. Il y dévoile les signalements qu’il a reçus pour la période 2019-2020. Au total, 3.824 agressions sexuelles ont été remontées à l’application, dont 388 viols, alors que l’année 2020 était une période de confinement. Le service a réalisé 1,4 milliard de courses en 2019. Il n’y en a eu que 650 millions l'année suivante. Au prorata du nombre de courses, le nombre d’agressions n’a donc pas diminué et les viols avec meurtres ont même augmenté.

Dans le détail, il y a eu 2.826 déclarations en 2019 contre 998 en 2020. Ces signalements regroupent les cinq catégories les plus graves d'agressions sexuelles, allant, selon les termes utilisés dans le rapport, d’un « baiser non consenti sur une partie non sexuelle du corps » à une « pénétration non consentie ». Ces chiffres enregistrent une baisse de 37% vis-à-vis du précédent rapport de sécurité d’Uber. L’entreprise explique cette évolution par « les usages chamboulés en raison de la pandémie », mais aussi par « les efforts qu’elle fait en faveur de la sécurité et de la transparence ».

91% des viols commis par des chauffeurs

Pour autant, les viols affichent le plus faible recul des cinq catégories d’agressions sexuelles comptabilisées: seulement 6%. Avec un taux légèrement supérieur au premier rapport, les accusations sont portées à 56% contre les chauffeurs. Le nombre important (44%) d'accusations portées vers des utilisateurs s’expliquent par le service Uber Pool, où plusieurs clients partagent un même véhicule. La responsabilité des chauffeurs Uber s’envole, en revanche, dans la catégorie spécifique des viols : 91% des victimes déclarent avoir été agressées par leur chauffeur et 81% des victimes dénoncent une « pénétration sexuelles non consentie ».

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