SOCIETE

Quand la Belgique accordait l’avortement aux femmes rentrées du Congo…

La presse flamande revenait cette semaine sur un épisode la vie politique belge méconnu. Au lendemain de l'indépendance du Congo, soit trente ans avant que la Belgique n’autorise l’avortement, le gouvernement et les parquets avaient  admis une exception : les femmes belges rentrées au pays après la proclamation d’indépendance du Congo pouvaient se faire avorter sans risquer de poursuites. La raison?  « Car l'arrivée d’un mulâtre était pire que le curetage ». C’est ce qui ressort de documents d’archives récemment exhumés par l’historien Franck Gerits des archives de Gaston Eyskens et qui devraient lui servir dans le cadre d’un ouvrage à paraître l’an prochain.

Pour la première fois, des documents montrent comment, en juillet 1960 et dans le plus grand des secrets, l’État belge a rendu possible l’avortement de femmes qui revenaient de l’ancienne colonie et attendaient un enfant métis, conçu avec un homme africain. Pourtant, en Belgique, toute interruption de grossesse est restée passible d’une peine jusqu’en 1990.

Des informations inédites exhumées

Les ministres démocrates-chrétiens belges  d’alors s’étaient entendus avec les parquets, en soulignant que toute communication sur ce point devait se faire de vive voix, « compte tenu de la nature délicate de cette affaire ». Si cette information confidentielle fait parler d’elle aujourd’hui malgré ces précautions, c’est en raison de deux documents issus des archives du Premier ministre chrétien-démocrate de l’époque, Gaston Eyskens, qui ont été exhumés par l’historien belge  Frank Gerits.

« Plus encore que l’opération en elle-même, c’est surtout la justification raciste qui est frappante », explique Franck Gerits, qui a fouillé les archives dans le cadre d’un projet de livre qu’il publiera l’an prochain. « L’objectif des ministres et magistrats impliqués n’était pas tant d’aider des femmes traumatisées, que d’empêcher la naissance de métis. »

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