SOCIETE

A Lampedusa, le défi se poursuit face aux arrivées de migrants


Alors que les médias italiens mettent l’accent sur l’arrivée quotidienne de migrants sur la petite île italienne de Lampedusa, sur le terrain, Mediterranean Hope, ONG de la fédération des Eglises évangéliques italiennes sur place invite à mieux organiser l’accueil de ces personnes. Ce 10 août, le Pape François a de nouveau invité à prier pour les migrants, nombreux à avoir débarqués ces derniers jours sur les côtes européennes, en particulier sur les côtes italiennes, et notamment sur la petite île de Lampedusa. L’île avait déjà accueilli 9000 personnes en juillet. Bien loin néanmoins des arrivées massives de 2015 et 2016.

On en parle moins, ce n’est pas pour autant que le sort des migrants qui continuent chaque jour de traverser la Méditerranée n’a pas d’importance, ni un prix. Aux portes de l’Europe, depuis 2015, rien n’a changé ou si peu. Et part le nombre, et encore, la problématique reste la même: quel sort réserver aux migrants? Comment les accueillir dans les meilleures conditions possibles selon leur nombre, leur statut, leur profil?

Ces arrivées quotidiennes de migrants font toujours l’actualité en Italie; ils  sont originaires principalement des côtes libyennes ou tunisiennes, et malgré eux, ils continuent de mettre sous pression le centre d’accueil construit notamment sur la petit île de Lampedusa. Au sein de l’ONG Mediterranean Hope oeuvrant sur place à leur accueil, on entend améliorer leurs conditions de vie.

Des arrivées quotidiennes se poursuivent.

« L’Ile de Lampedusa ne peut être le centre de convergence de tous les flux migratoires de la Méditerranée centrale », explique Giovanni D’Ambrosio, travaillant pour Mediterranean Hope. « L’île n’est pas équipée pour prendre en charge toutes les vulnérabilités des personnes qui arrivent».
Parmi les migrants fraichement débarqués, « on ne compte plus le nombre de femmes enceintes, d’enfants en bas âge, de nouveau-nés, même… on parle aussi de personnes qui ont subi des tortures en Libye… qui portent encore sur le corps des signes de violence de tout genre», précise-t-il encore. « Ce sont des personnes qui ont besoin d’être prises en charge dans des structures adéquates qui peuvent vraiment protéger leurs droits, et où ils peuvent recevoir des soins».

Privilégier le regard humanitaire 

Depuis des années, la pression migratoire à Lampedusa est instrumentalisée à des fins politiques. L’ancien ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, partisan des refoulements, s’est d’ailleurs rendu sur l’île le 4 août pour y faire campagne, en vue des élections législatives du 25 septembre prochain.

«Nous réclamons que tous les efforts possibles soient faits pour permettre une arrivée sécurisée de ces personnes, cela peut passer notamment par des ponts aériens » poursuit-il. Selon Mediteranean Hope, «le problème est que la migration est toujours vue comme une question d’ordre public et jamais une question humanitaire. Elle devrait pourtant toujours être de l’humanitaire et nous demandons qu’elle soit abordée en respectant les droits des personnes qui rejoignent les côtes italiennes et européennes».