POLITIQUE

Tunisie : il faut abandonner les charges retenues contre le journaliste Salah Attia

Alors que le 26 juillet dernier, la Tunisie a adopté sa nouvelle Constitution représentant un revers pour les droits humains, et qui doit entrer en vigueur le 27 août prochain, Amnesty International appelle les autorités tunisiennes a immédiatement abandonner toutes les charges retenues contre Salah Attia, un journaliste actuellement incarcéré, jugé par un tribunal militaire pour des propos qu’il a tenus en public au sujet du président Kaïs Saïed et des forces armées.

Depuis deux mois, le journaliste et rédacteur en chef d’Al Ray Al Jadid, un journal en ligne basé à Tunis, Salah Attia est incarcéré et encourt jusqu’à sept ans de prison s’il est déclaré coupable. Cet homme est l’un des derniers en date à rejoindre les rangs de personnes de renom ayant critiqué les autorités, d’opposants politiques et d’individus perçus comme des ennemis du président, que les autorités ont soumis à des enquêtes, des poursuites, des interdictions arbitraires de voyager, ou des détentions arbitraires depuis que Kaïs Saïed s’est arrogé des pouvoirs d’exception très étendus le 25 juillet 2021.

La Tunisie a adopté une nouvelle Constitution qui démantèle ou menace des garanties institutionnelles essentielles pour les droits humains

 « Les autorités tunisiennes sont parfaitement libres de contester et de réfuter les reportages qui leur sont consacrés, sans pour autant arrêter et poursuivre des journalistes. Aucun civil ne devrait de toute façon passer en jugement devant un tribunal militaire en Tunisie. Cette parodie de justice doit cesser », explique Amna Guellali, directrice régionale adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.

Et de poursuivre : « Si le président Saïed a promis à plusieurs reprises de faire respecter les droits humains, notamment la liberté d’expression, la persécution de Salah Attia par les autorités envoie aux journalistes le message qu’il peut être risqué de faire des reportages sur le président et les institutions publiques. Les autorités doivent immédiatement libérer Salah Attia et abandonner les charges fabriquées de toutes pièces qui sont retenues contre lui. »

Rétroacte

Le 10 juin 2022, Salah Attia, qui est le propriétaire et le rédacteur en chef d’Al Ray Al Jadid, un journal en ligne basé à Tunis, s’est exprimé alors qu’il était invité dans une émission d’Al Jazeera. Durant ce programme, il a déclaré que le président Saïed avait demandé à l’armée de fermer les bureaux de l’Union générale tunisienne du travail, le principal syndicat du pays, mais que l’armée avait refusé de le faire et en avait informé le syndicat. Le syndicat a réfuté cette affirmation. Salah Attia a ajouté que l’armée avait refusé la requête du président Saïed de placer en résidence surveillée des dirigeants politiques non spécifiés.

Les journalistes ne devraient jamais avoir à craindre de représailles de la part des autorités pour avoir rendu compte de faits.

 

Vous voulez lire la suite de cet article ?

Cet article premium
est réservé à nos abonnés.

Vous êtes déjà abonné ?
Connectez-vous

Pas encore abonné ?
Abonnez-vous
à L Post pour promouvoir la pluralité de la presse. L-Post n’est financé par aucun grand groupe et dépend uniquement des lecteurs. Informer avec rigueur et indépendance a un coût.

Soutenez L Post et le journalisme indépendant : BE85 0689 4115 0106



Breaking News