Société

Lady Di : hommage à un mythe toujours vivant 25 ans après sa disparition


Il est minuit vingt-trois, heure de Paris, le dimanche 31 août 1997, lorsque la Mercedes S280 transportant Diana Spencer et Dodi al-Fayed percute le treizième pilier du tunnel passant sous le pont de l’Alma. Le chauffeur Henri Paul, qui tentait de fuir une meute de paparazzis, meurt sur le coup. Dodi al-Fayed aussi. Gravement blessée, Diana est transportée à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, dans le XIIIème arrondissement. Elle est opérée d’urgence, mais c’est peine perdue. À 4 heures du matin, son décès est officiellement annoncé. Lady Di avait seulement 36 ans. Tel Marilyn, dont la vie privée fut un cuisant échec malgré une immense notoriété, Diana aura dû attendre sa disparition tragique pour être élevée au rang d’icône. Une gloire posthume qui la fera définitivement entrer dans la légende. Stèle, rétrospectives, expositions, 25 ans plus tard, la date anniversaire de sa mort surprend chaque année avec la même intensité, tant l’image de la princesse disparue reste vivace dans la mémoire collective. Ce mercredi 31 août, Londres commémorera les 25 ans du décès de la Princesse Diana.

Dans les heures qui suivent l’annonce de son décès, un tsunami médiatique balaie la planète. Le monde entier pleure Diana, princesse du peuple. Ses funérailles, le 6 septembre, sont suivies par près de 2,5 milliards de personnes. Le parcours de celle qui était envié par toutes les jeunes filles bien nées ne fût pourtant pas rose.

La première partie de sa vie fût rythmée par la rigidité de la haute noblesse anglaise, la seconde par celle du protocole royal. Le jour où elle s’engagea, selon la formule consacrée, devant Dieu et les hommes, avec le prince Charles, Diana Frances Spencer, l’ingénue, devenue Princesse de Galles, était loin de s’imaginer que le « mariage du siècle », virerait au mauvais film de série B.

Une cendrillon toute choisie

C’est en novembre 1977 qu’a lieu la première rencontre entre Diana et celui que les cours royales considérait à l’époque comme le « meilleur parti du monde ». C’est Sarah, la sœur de Diana, devenue par la suite Lady McCorquodale, qui jouera les cupidons en lui présentant le Prince Charles, lors d’un week-end de chasse à Althorp. Vêtue d’une chemise écossaise, d’un simple pantalon en velours et de bottes en caoutchouc, le visage caché derrière une coupe de cheveux indéfinissable, Diana n’interpelle pas vraiment le prince Charles.

Deux ans plus tard, en janvier 1979, Sarah et Diana figure à nouveau parmi les invités du Palais pour un week-end de chasse, cette fois, à Sandringham. La Reine Elisabeth est soucieuse. Charles va avoir 30 ans et il devient urgence que l’héritier de la Couronne trouve sa promise. Lors de cette deuxième rencontre, Charles est troublé par la jeune femme. Les entrevues s’intensifient alors et les spéculations vont déjà bon train dans la presse.

La demande en mariage aura lieu le 6 février 1981 au château de Windsor et l’annonce officielle des fiançailles, le 24 février suivant. Dès cet instant, Diana quitte pour toujours son appartement londonien avec cette phrase, en épée de Damoclès, proférée par son garde du corps: « C’est la dernière nuit de liberté de votre vie. Profitez-en !».

 

Copyright : Archives AFP

Le conte de fée vire au conte cruel

 Le prince charmant et la jeune fille modèle s’unissent le 29 juillet 1981 devant 750 millions de téléspectateurs et 2000 convives en l’église Saint-Paul de Londres. Un carrosse de verre, une traîne de 7 mètres et un diadème sertis de pierres précieuses, Diana devient princesse de Galles et le monde entier tient enfin son conte de fée. Mais Charles a plié à l’encontre de ses sentiments. Diana doit, en effet, dès son voyage de noce à Gibraltar, se battre contre une rivale de coeur.

Après dix ans d’une liaison entamée en 1971, une figure féminine occupe l’esprit du prince de Galles : Camilla Shand, qui deviendra en 1983 Camilla Parker-Bowles, et avec qui Charles n’a jamais cessé de correspondre. Rapidement, derrière les portraits officiels et les sourires figés, Diana est malheureuse. Emotionnellement déstabilisée, elle se jette sur la nourriture à  s’en rendre malade. Aux phases de boulimie succèdent les épisodes anorexiques. Des appels au secours que le prince de Galles ignore, pire, ils accélèrent son éloignement.

La princesse « sourire » s’éveille

Esseulée dans une prison dorée, vulnérable et meurtrie, la « princesse sourire » fait alors de ses enfants sa raison de vivre et face à l’indifférence de Charles, elle n’entend plus supplier et se révolte. Si elle n’a pas de diplôme, elle a beaucoup de bon sens et six ans après son mariage, elle prend enfin conscience de son pouvoir.

Lady Di se crée une image, une raison d’exister. Sa fragilité à la limite de la perdition devient sa marque de fabrique et allume sa cote de popularité. Portée par la ferveur publique, la Belle au bois dormant s’éveille et la timide chrysalide devint papillon. De la mode à ses engagements humanitaires, Diana bouscule les principes d’une monarchie britannique ultraconservatrice. Les femmes s’identifient, les hommes en rêvent et les malheureux s’y accrochent.

Copyright : Archives AFP

Une femme de cœur

Ambassadrice de la Croix-Rouge, elle accepte aussi d’être la marraine de plus d’une centaine de causes et parcourt la planète pour apporter son soutien, que ce soit à Paris, à New-York, dans la savane africaine ou à Calcutta.
Et si la presse crie au danger lorsqu’elle serre la main d’un malade du sida, au tout début du fléau en 1984, lorsqu’elle embrasse un lépreux ou porte dans ses bras un enfant cancéreux, Diana de répondre : « Rassurez-vous, embrasser, même avec effusion, n’a jamais occasionné de blessures ».

Son dernier engagement humanitaire, Diana le consacrera aux mines anti-personnelles, vestiges meurtriers de la guerre civile en Angola. Elle n’hésite pas à prendre des risques physiques pour suivre le travail des démineurs sur les champs de bataille, réconforter les mutilés et soutenir les programmes d’éducation et de sensibilisation aux dangers des mines dans l’environnement immédiat des maisons et des villages.

Copyright : Avec Nelson Mandela – Archives AFP

We will always love you

Mais si elle est adulée par des millions d’anonymes, celle qui aurait tant aimé, jeune fille, appartenir à un seul homme, partagera l’essentiel de son existence avec sa solitude et les contraintes dues à son rang. Ombres et lumières scanderont en paradoxe toute sa courte vie.
Point culminant de cette tragédie qui aurait pu être grecque, disparaître abruptement par une nuit d’été au firmament de son épanouissement portera Diana au sommet de sa lumière. Lorsque son corps sera rapatrié au Royaume-Uni, cinq registres de condoléances seront ouverts à la Chapelle St James, à Londres. « We will always love you » lui affirmeront des milliers d’anonymes à titre posthume.

A Westminster, 2 000 invités, parmi lesquels Hillary Clinton, Tony Blair, Luciano Pavarotti, Margaret Thatcher et Tom Cruise assistent à ses funérailles. Elton John interprète au piano « Candle in the wind ». La princesse fragile, égérie de la femme des années 80’ devient un mythe et entre dans la légende. Elle est depuis la « Cendrillon du siècle ».


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