Le smartphone : l’autre meilleur ami des personnes malvoyantes

Journaliste / Secrétaire de rédaction
En cette semaine des technologies de la Ligue Braille, l’association organise son traditionnel rendez-vous annuel en « phygital ». Ce rendez-vous consacré aux nouveautés technologiques développées spécifiquement pour les personnes atteintes d’un handicap visuel est accessible gratuitement à tous les malvoyants ou aveugles, à leurs proches et aux professionnels du secteur. Il se tient jusqu’au 15 octobre.
Ces deniers mois, la Ligue Braille a constaté une hausse des consultations en basse vision (déficience visuelle de 30 % à 60 %) probablement due au vieillissement de la population et aux diagnostics médicaux tardifs suite aux confinements. Pour rappel, en Belgique, l’OMS estime qu’1 personne sur 1000 est aveugle et 1 personne sur 100 est malvoyante.
Demain, cela peut concerner chacun d’entre nous. Heureusement, les nouvelles technologies permettent d’acquérir ou de retrouver davantage d’autonomie et une meilleure qualité de vie favorisant l’inclusion sociale. Encore faut-il pouvoir les apprivoiser…
Le smartphone ou le chien
S’ils ne procurent évidemment pas l’affection d’un chien-guide, les smartphones offrent de plus en plus de services pour se déplacer, communiquer, travailler, se cultiver, se divertir… Grâce à la reconnaissance vocale, des applications permettent, par exemple, de décrire l’environnement, indiquer la couleur du feu au passage piéton, lire la presse ou des livres audio, dicter des messages, effectuer des démarches administratives via Internet et même de jouer à un jeu vidéo.

« Les demandes d’information que nous recevons de nos membres concernant les smartphones ont doublé. Il est clair que les fabricants font de plus en plus attention à l’accessibilité des appareils par rapport à la déficience visuelle. Mais attention, avant d’investir dans un appareil, il est indispensable de le tester », explique Julien Rolin, responsable du Service d’information sur les adaptations techniques (SIAT) de la Ligue Braille.
« À la Ligue Braille, nous disposons d’une salle de démonstration et nous proposons une formation de base pour se familiariser avec l’appareil qui semble le mieux adapté à la personne (actuellement nous travaillons avec des iPhone et des Samsung). Ensuite, la personne doit investir du temps et de la patience pour maitriser son smartphone. Nous avons aussi un club numérique où les membres partagent leurs connaissances des applications ».
De nouvelles aides adaptées
La Semaine des technologies rassemble tous les distributeurs belges d’aides adaptées pour les personnes aveugles ou malvoyantes : Ergra Engelen, Integra, Koba Vision, Ommezien, Optelec, Sensotec, Van Lent Systems et VoiZi. L’occasion idéale de découvrir les nouveautés, comparer et tester les solutions existantes de loupes d’écrans, afficheurs braille, logiciels d’agrandissement, synthèse vocale, GPS personnalisés, objets connectés, etc.
Tout au long de l’événement, les collaborateurs du Service social et du Service accompagnement de la Ligue Braille conseillent et informent les visiteurs. Ceux qui ne peuvent pas se déplacer, pourront participer à distance à l’événement, via des podcasts et des ateliers proposés via Zoom.
Et la canne électronique ?
L’événement se clôture symboliquement ce samedi 15 octobre, date de la journée mondiale de la canne blanche. La canne de locomotion reste le premier objet indispensable pour les aveugles et malvoyants qui souhaitent rester mobiles. Tout comme les smartphones, son utilisation requiert un apprentissage (dispensé par la Ligue Braille) et une pratique régulière pour qu’elle devienne une véritable aide à la mobilité en toute sécurité.
Depuis plusieurs années, des modèles de cannes électroniques ont fait leur apparition sur le marché. Les instructeurs en locomotion de la Ligue Braille testent depuis peu ce dispositif pour évaluer sa valeur ajoutée pour les membres de l’association.
« Il faut savoir qu’une canne électronique coûte cher (de quelques centaines et plusieurs milliers d’euros) et qu’il n’y a pas encore d’intervention financière des fonds régionaux pour son acquisition. Par ailleurs, son utilisation est réservée à ceux qui maîtrisent la canne de locomotion classique. En effet, la canne électronique apporte à l’utilisateur des informations complémentaires sonores ou par vibrations qu’il faut être capable de décoder », précise encore Corinne Parij, Directrice du Département francophone de la Ligue Braille.
Rendez-vous rue d’Angleterre, 57, 1060 Bruxelles. Du 13 au 15/10 de 10h à 16h30.
En ligne: via un formulaire en ligne ou par email : info@braille.be
Tout le programme: www.braille.be
