Les technologies dites de rupture, soit celles qui pourront peut-être contribuer à relever les grands défis de notre temps, notamment liées à l'environnement, à l'énergie, à l’alimentation et à la santé, sont source d’espoir économique pour la décennie à venir. Passer de la preuve d’un concept innovant à celle de produit en phase avec les besoins de la société est le leitmotiv de ces nouvelles start-ups. Si l'on accouple le « jamais fait » et le marché potentiel qu’il cible, doublé d’un solide héritage académique, alors on est dans ce que l’on appelle la deeptech. Après la licorne, un nouvel animal tente de se faire une place dans cet écosystème : le zèbre, ce nom donné par trois Américaines et qui rassemble des entrepreneurs du secteur technologique qui préfèrent choisir de construire pour le succès à long terme plutôt que pour la gloire à court terme. Rencontre avec Agnès Flémal, directrice générale de WSL, incubateur pour les techno-entrepreneurs, pour en comprendre tous les enjeux du côté francophone du pays.
Appelant à une croissance durable de la culture des start-ups, Jennifer Brandel, Mara Zepeda, Astrid Scholz et Aniyia Williams, entrepreneuses américaines, affirment que « Les zèbres réparent ce que les licornes cassent ». Au service des techno-entrepreneurs, l’incubateur liégeois, WSL, qui soutient les projets technologiques issus des sciences de l’ingénieur en Wallonie et à Bruxelles, a emboîté le pas à cette philosophie d’entreprise.
L-POST : Pourquoi privilégier rentabilité et résistance, plutôt que la croissance à tout crin ?
Agnès Flémal : Non seulement une croissance rapide nécessite beaucoup de liquidités, mais croître trop vite, c’est aussi risquer de se brûler les ailes et s'écraser. Par opposition à cette croissance d’entreprise « licorne », qui est un animal fantastique imaginaire, encore trop souvent de l’ordre du mythe et dont la valorisation est souvent acquise au prix d'une accumulation astronomique de pertes, les start-ups « zèbres », bien réelles, privilégient une croissance organique durable, en se concentrant sur la mise en place de fondations solides et en misant sur une véritable culture d'entreprise. Elles sont rentables et ont en même temps un impact positif sur la société. Elles ne sacrifient pas l'un à l'autre. Leur valeur ajoutée réside là.
Pas moins de 60 sociétés ou projets ont été incubés en 2021.
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