ECONOMIE

Heartkinetics : de la recherche spatiale à la préservation de notre cœur


L’insuffisance cardiaque représente un problème de santé publique majeur. Spin-off du département de cardiologie de l’Université Libre de Bruxelles en juin 2019, HeartKinetics a été créée à partir des résultats d’une technologie développée dans le cadre de recherches financées par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) sur la surveillance de la fonction cardiaque des astronautes dans l’espace. L’objectif est de rendre cette technologie largement disponible pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque afin d’améliorer leur qualité de vie. Début janvier, Heartkinetics levait 2,7 millions d’euros pour avancer dans son développement. L’application de monitoring cardiaque à grande échelle vise une commercialisation dans le courant de 2023. La start-up était présente à Switch to Space 3, le plus grand événement en Belgique dédié aux étudiants intéressés par le développement de carrières dans le secteur spatial. A cette occasion, nous avons rencontré  Pierre-François Migeotte, CEO de HeartKinetics.

L-POST : Pourquoi cette collaboration à cet événement est essentielle pour les développements futurs de Heartkinetics en matière de santé digitale ?

Ayant travaillé à l’ESA, j’ai participé à la recherche spatiale sur la fonction cardiovasculaire des astronautes, ce qui m’a permis de développer une technologie issue du spatial qui vise à aider les patients sur terre. Et le lien, il est évident : un astronaute dans l’espace est loin de son médecin. Comme un patient lambda, qui n’est pas 24h/24 auprès de son médecin, il a besoin d’un système de monitoring à distance. Notre souhait est de recruter de jeunes talents qui ont à la fois cette passion pour l’espace et qui vont par ailleurs pouvoir s’épanouir dans le domaine de la santé.

L-POST : Il y a quelques années, c’étaient essentiellement des agences gouvernementales qui s’occupaient de l’espace. Pourquoi cet engouement des entreprises privées et particulièrement de la part de start-ups ?

Il y a un grand mouvement actuel de redémarrage de l’exploration spatiale avec des initiatives privées. Pourquoi ? Parce qu’un jour, des gens finiront par aller dans l’espace. Des gens qui ne seront pas des astronautes et qui auront toute une panoplie de problèmes et éventuellement des soucis cardio-vasculaires. D’où tout l’intérêt de notre technologie qui s’adresse à toute cette patientèle ici sur terre, mais aussi dans la perspective d’un futur proche à venir.

L-POST : Quel est le dernier coup de pouce dont vous avez aujourd’hui besoin pour que Heartkinetics soit aujourd’hui commercialisé ?

Pour assurer la commercialisation de nos solutions, il faut bien entendu qu’elles soient validées cliniquement. C’est le focus actuel de nos équipes. Ce programme ambitieux de validation doit se faire en Europe et aux Etats-Unis. Bien évidemment, cela nécessite beaucoup d’argent, ce pourquoi une levée de fonds est en cours.

L-POST : On est dans du court, du moyen ou du long terme ?
On est raisonnablement sur du moyen terme. Mais, il est vrai que notre enthousiasme est dans le court terme. On souhaite vraiment mettre cette application à disposition le plus rapidement possible tant pour les patients que pour les médecins qui attendent notre technologie. L’innovation médicale liée au spatiale est véritablement porteuse d’avenir.

 

 

A lire aussi :

Heartkinetics se lance sur le marché international
https://lpost.be/2022/05/20/heartkinetics-se-lance-sur-le-marche-international/

 

Copyright : Heartkinetics à Switch to Space 3 – 19 octobre 2022, au Palais d’Egmont à Bruxelles  – DR




Breaking News