Elected president for the leftist Workers Party (PT) Luiz Inacio Lula da Silva speaks after winning the presidential run-off election, in Sao Paulo, Brazil, on October 30, 2022. - Brazil's veteran leftist Luiz Inacio Lula da Silva was elected president Sunday by a hair's breadth, beating his far-right rival in a down-to-the-wire poll that split the country in two, election officials said. (Photo by NELSON ALMEIDA / AFP)
Après une virulente campagne électorale marquée par des attaques croisées entre les deux candidats, le candidat du Parti des Travailleurs (PT), Luiz Inacio Lula da Silva, plus connu sous son nom Lula, a été réélu dimanche 30 octobre au soir, président du Brésil. Il l’a emporté de justesse face au président sortant, Jair Bolsonaro, avec 50,84% des voix contre 49,16% pour son adversaire. Avec le retour de Lula à la présidence du plus grand Etat d’Amérique latine avec une superficie de près de 8,55 millions de km² et une population de 215 millions d’habitants, le Brésil retrouvera la voie d’une certaine normalité. Car Jair Bolsonaro, le leader de l’extrême droite brésilienne, a davantage marqué les esprits par ses frasques sexistes, homophobes, racistes et populistes que par des qualités d’un président respectable, rassembleur et diplomate. Il a divisé le pays, le laissant aujourd’hui plus clivé que jamais. La gauche ou l’extrême gauche européennes ferait fausse route en voulant simplement dupliquer les recettes et le discours de Lula.
On peut se réjouir du retour de l’ancien président brésilien, charismatique, inspirant et qui redonne de l’espoir aux classes populaires. L’élection de Lula est aussi une belle revanche pour celui qui fut emprisonné pendant 580 jours. Mais l’étoile de Lula a quelque peu pâli à cause des accusations de corruption et de blanchiment d’argent ainsi que sa condamnation à une peine de prison notamment dans l’affaire Petrobas. Cette affaire l’avait d’ailleurs empêché de se présenter aux élections présidentielles de 2018. La Cour suprême du Brésil a annulé les condamnations en 2021 après que des investigations journalistiques aient révélé que Sergio Moro, le magistrat instructeur des dossiers portés à charge de Lula, n’avait pas vraiment apporté les preuves des accusations contre l’ancien président (2003-2010). De plus, des éléments ont démontré que le réel objectif du juge Moro était surtout d’empêcher l’ancien syndicaliste de se présenter aux élections de 2018.
La gauche ou l’extrême gauche européennes feraient fausse route en voulant simplement dupliquer les recettes et le discours de Lula.
L’annulation des condamnations en 2018 a permis à Lula de se représenter au suffrage suprême en 2022 qu’il vient de remporter avec une avance très limitée. Mais il est élu et son élection apportera certainement un apaisement dans ce pays-continent considéré comme le cinquième plus grand pays du monde.
Outre un soulagement pour plusieurs millions de Brésiliens, l’élection de Lula va être très vite récupérée par la gauche et l’extrême gauche dans plusieurs pays d’Europe (France, Belgique, etc.) qui voudront l’utiliser dans des campagnes de promotion de leurs idées. Normal, puisque l’extrême droite l’avait fait avec l’élection de la post-fasciste Giorgia Meloni en Italie ou la victoire des Démocrates de Suède (SD, fondé par des nationalistes dont des néonazis). D’ailleurs, il suffit de voir les messages de félicitations sur les réseaux sociaux, principalement Twitter, pour comprendre que la gauche et l’extrême droite en Europe entendent bien « exploiter » à leur profit la victoire de celui qui fut le premier président issu de la classe ouvrière du Brésil.
Mais la recette et le discours qui ont permis à Lula de gagner trois présidentielles au Brésil ne vont pas forcément marcher en Europe. Certes, durant ses deux premiers mandats, il a concrétisé d’ambitieux programmes sociaux grâce aux bénéfices tirés des années de croissance marquées par le boom des matières premières. Sa politique durant ses deux mandats ont permis de sortir 30 millions de Brésiliens de la pauvreté. Ce sont les voix des élites brésiliennes et d’une partie importante de la classe moyenne qui lui ont permis de remporter les deux premières élections, mais il a pu les séduire en adoptant un discours moins radical et en gagnant la confiance de ces deux catégories de la population brésilienne. Sa politique sociale a eu du succès, parce que le Brésil vient de loin, en matière d’égalité raciale, de pauvreté, d’accès au logement, de malnutrition, de mortalité infantile, etc.
Sur le plan international, il ne faut pas trop s’attendre à ce que Lula suive l’Europe notamment dans sa position sur l’invasion de l’Ukraine.
Certes dans les pays développés, on peut encore faire des progrès dans plusieurs domaines, mais on n’est pas au même niveau que le Brésil. Par conséquent, attention à ne pas simplement dupliquer la politique ou le discours de Lula comme si c’était la panacée pour gagner les élections. D’ailleurs, si en 2006, l’ancien syndicaliste a gagné la présidentielle au second tour avec 60,8% des suffrages, le résultat est très serré en 2022…
Sur le plan international, il ne faut pas trop s’attendre à ce que Lula suive l’Europe notamment dans sa position sur l’invasion de l’Ukraine. N’a-t-il pas déclaré, à ce propos, que le président ukrainien, Volodymyr Zelenski « est aussi responsable de la guerre que Poutine » ? Il a aussi critiqué les sanctions européennes contre la Russie…
Les députés de la commission « Mobilité et Entreprises publiques » de la Chambre ont…
Du 31 mars au 2 avril 2026, le InCyber Forum revient à Lille Grand Palais…
BRUXELLES. Comment un musée de ville rend-il compte des enjeux contemporains ? Le Musée de…
C’est parti, les billets pour les voyages en train de nuit à travers l’Europe sont…
BRUXELLES. La Cour Constitutionnelle a rendu une décision largement favorable à la contribution des plateformes…
Pour la troisième année consécutive, vdk banque conforte sa position dans l’élite des banques durables…