EDITO

COP27 : l’échec prévisible s’est produit à Charm el-Cheikh

Le délégué japonais réagit lors de la séance de clôture de la conférence sur le climat COP27, au Centre de convention international de Charm el-Cheikh . AFP

Après plus de deux semaines de débats et d’intenses négociations, la Conférence mondiale de l’Onu sur le climat, la fameuse COP27, qui s’est tenue du 6 au 20 novembre (après avoir joué les prolongations) à Charm el-Cheikh (Egypte) s’est clôturée sur un constat d’insatisfaction. Mais à y regarder de près, le grand rassemblement de représentants de près de 200 pays n’a pas dégagé de consensus assez ambitieux pour marquer durablement les esprits. Certes, la COP27 s’est tenue dans un contexte particulier marqué par l’invasion de l’Ukraine par la Russie et des restes de la crise sanitaire du Covid-19 (laquelle n’est pas encore totalement éradiquée).

Les pays participants à la grande réunion des Nations unies sur le climat ont, bien entendu, adopté un texte qui réaffirme leur engagement de réduire les émissions polluantes, mais les pays participants savent très bien que les engagements actuels qu’ils ont pris ne permettra pas de contenir le réchauffement à 1,5°C, ni même à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle quand l’homme a commencé à exploiter en masse les énergies fossiles, responsables du réchauffement climatique. On parle plutôt d’une trajectoire de réchauffement d’au moins 2,4% en admettant que les engagements actuels soient totalement tenus. Par conséquent, il aurait fallu décréter une accélération des efforts et leur révision à la hausse pour redonner de l’espoir. La COP27 enregistre donc un recul par rapport à l’objectif ambitieux de l’accord de Paris qui prévoyait de limiter le réchauffement à 1,5°C.

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A Charm el-Cheikh (Egypte), il aurait fallu décréter une accélération des efforts et leur révision à la hausse pour redonner de l’espoir.

Certes, il est question de création d’un fonds spécial de réparation des pertes et des dommages irréversibles causés par le réchauffement de la planète dans les pays pauvres (Afrique, Asie, etc.). Il s’agit-là d’une grande revendication des représentants des pays les plus pénalisés par le réchauffement qui a longtemps été ignorée par les pays les plus riches et développés de la planète. Mais difficile de dire concrètement quand ce fonds sera créé, ni de combien, il sera doté exactement. Après tout, les promesses n’engagent que ceux à qui on les fait et qui y croient… On verra si ce fonds sera réellement créé et financé avant la prochaine COP qui aura lieu aux Emirats arabes unis. Or, les conséquences du dérèglement climatique sont de plus en plus visibles avec des inondations et des périodes caniculaires de plus en plus fréquentes et leurs lots de pertes en vies humaines, principalement dans les pays pauvres. Quid des droits des réfugiés climatiques qui seront contraints de quitter leurs pays pour trouver refuge loin de chez eux ?

L’Union européenne a fait part de sa déception devant les conclusions d’une COP27 qui a manqué d’ambition, mais elle n’a fait que révéler au grand monde que son poids dans les grands sommets est relatif et qu’elle ne pèse pas tant que ça. Pourquoi ne pas avoir cherché à faire des alliances avec des pays susceptibles de soutenir sa position notamment sur la question des émissions ?

Cet échec de la COP27 était prévisible, car les priorités sont ailleurs.

Cet échec de la COP27 était prévisible, car les priorités sont ailleurs. L’Europe s’inquiète pour son approvisionnement énergétique et elle ne sait plus comment sortir réellement du conflit à ses portes en Ukraine. Par ailleurs, elle redoute une récession qui se profile à l’horizon avec un sérieux risque pour son économie, son industrie et sa population.

Mais un risque plus grand menace ces grandes réunions sur le climat : c’est qu’à force de ne pas afficher de grandes ambitions, elles pourraient perdre en importance et n’apparaîtront finalement plus que comme des sommets de pacotille.