chairman Conner Rousseau pictured during a press moment of Flemish party Vooruit, Sunday 23 January 2022, in Sint Niklaas. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK
Après sa visite de Molenbeek, le jeune président de Vooruit (ex-SP.A), Conner Rousseau a confirmé, mardi 27 décembre, ses propos tenus fin avril dans le magazine Humo estimant qu’à Bruxelles, il ne se sent pas chez lui en Belgique. En guise d’exemple, il livre le témoignage d’un enseignant d’une école néerlandophone qui lui aurait révélé qu’ils avaient besoin de faire appel à des interprètes pour discuter avec des parents d’élèves dans cette commune bruxelloise de près de 100.000 habitants. Ces propos reflètent-ils la réalité ? Il est vrai que c’est l’impression qu’a le visiteur qui se promène dans cette commune bruxelloise, officiellement bilingue (français, néerlandais) et située à près de 6 kilomètres du centre névralgique des institutions européennes à Bruxelles. Car aujourd’hui, la majorité de la population molenbeekoise est d’origine marocaine et principalement en provenance du nord du royaume chérifien (Tanger, Tétouan, Al Hoceima, etc.). Certes, il est regrettable que des parents, après plusieurs années dans leur pays d’adoption, ne sachent pas parler correctement l’une des trois langues de leur pays d’adoption (français, néerlandais, allemand).
Ce discours de Conner Rousseau est destructeur, car la commune de Molenbeek a aussi de belles choses à proposer.
Mais faut-il s’arrêter à cette impression et emprunter le vocabulaire de l’extrême droite comme le fait le président de Vooruit en stigmatisant la population de l’une des communes bruxelloises ? Cette sortie renvoie brutalement Molenbeek à une image négative faisant de la commune la base arrière du terrorisme en Europe parce que des auteurs d’attentats qui ont notamment ébranlé Madrid (2004), Paris (2015) et Bruxelles (2016) y sont originaires ou y ont transité. Ce discours de Conner Rousseau est destructeur, car la commune de Molenbeek a aussi de belles choses à proposer notamment le très célèbre écosystème informatique, Molengeek, connu aujourd’hui de part le monde jusqu’aux USA et qui commence à faire des émules.
Par ailleurs, stigmatiser ainsi Molenbeek Saint-Jean, c’est oublier que le visage d’aujourd’hui de la commune bruxelloise est le résultat de l’évolution de toute zone fortement industrialisée à ses débuts et ayant connu un déclin avant de renouer avec une redynamisation qui prend du temps avec ses hauts et ses bas. Mais Molenbeek est aussi le résultat d’une politique de logement développée par des responsables politiques qui ont, jadis, regroupé des populations de même origine et disposant de revenus faibles similaires dans des logements sociaux, ignorant que la mixité a davantage d’aspects positifs que négatifs.
Molenbeek est aussi le résultat d’une politique de logement développée par des responsables politiques qui ont, jadis, regroupé des populations de même origine et disposant de revenus faibles similaires dans des logements sociaux.
Ce faisant, ils ont favorisé une ghettoïsation de la population menant à des conséquences qui sont loin d’être irrémédiables pour peu qu’on rectifie le tir avec une forte mobilisation de moyens et de détermination dans le cadre d’une stratégie de co-construction.
A-t-on déjà entendu parler d’une telle stigmatisation de la part du plus célèbre Chinatown du monde qui est celui de New York situé dans l’arrondissement de Manhattan ? Pas vraiment, car même si tout n’y est pas rose, c’est la culture du positif qui est développée et pas celle des étiquettes négatives.
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