EDITO

Prolongation des réacteurs nucléaires : un nouveau cadre législatif s’impose

La ministre de l'Energie, Tinne Van der Straeten et le Premier ministre, Alexander De Croo annonceront-ils bientôt un accord avec Engie? BELGA

Après s’être mis tout seul une pression maximale pour aboutir à un accord définitif avec Engie sur la prolongation de la durée d’exploitation des deux réacteurs nucléaires, Doel 4 et Tihange 3 pour le 31 décembre 2022, le Gouvernement fédéral joue désormais la prolongation dans les négociations. Car comme bon nombre d’observateurs le redoutaient, à l’expiration de l’échéance de fin décembre, il n’y avait rien comme cadeau de fin d’année dans le dossier, malgré l’accord de principe intervenu en juillet 2022 sur un sursis de 10 ans pour les deux réacteurs. On peut le prendre comme on veut, mais il s’agit d’un triste aveu d’échec pour le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD)  et son ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen).

Le dossier aurait pu être réglé depuis des mois si le Gouvernement fédéral s’en était saisi à temps et avait vraiment pris au sérieux le signal d’alarme tiré par le producteur d’électricité. Aujourd’hui, non seulement, le dossier de la prolongation des réacteurs nucléaires semble dans le brouillard, car aucune information claire ne filtre sur l’état des négociations avec Engie, mais il semble aussi être géré dans l’urgence. Le Gouvernement fédéral porte donc une grande responsabilité dans la situation actuelle même si, pour l’instant, la persistance d’une météo clémente en hiver (ce qui est loin d’être un bon signe pour le climat), lui permet d’éviter d’être confronté à une explosion de mécontentement d’une population en manque d’électricité pour se chauffer. Il faut aussi reconnaître que les citoyens ont répondu à l’appel des autorités d’opter pour une Utilisation rationnelle de l’énergie (URE) et de faire des économies d’énergie.

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Malgré les économies, le monde aura besoin de plus d’électricité vu le développement technologique, notamment la promotion du recours aux véhicules électriques et la croissance des besoins des entreprises.

Mais cette situation d’accalmie n’est que temporaire, car les gros défis sont à venir. Malgré les économies, le monde aura besoin de plus d’électricité vu le développement technologique, notamment la promotion du recours aux véhicules électriques ainsi que la croissance des besoins des entreprises et des citoyens. Ce qui est valable au niveau de la petite Belgique l’est aussi au niveau mondial, ce qui renforce encore le besoin d’une plus grande d’électricité.

Il faut donc se poser la question de savoir s’il n’est pas temps de réfléchir à établir un nouveau cadre législatif pour encadrer la production d’électricité au sens large. Car face aux défis climatiques et technologiques, il est clair que la seule production d’électricité renouvelable ne sera pas suffisante. Il faut poursuivre les investissements dans les énergies renouvelables, mais le nucléaire aura encore un rôle important à jouer dans les années à venir. Par conséquent, il faut non seulement redéfinir une nouvelle échéance de sortie du nucléaire actuel et baliser le développement des réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Ce n’est qu’à cette condition qu’on pourra éviter des lendemains difficiles pour nos enfants et nos petits-enfants, même s’il faut faire confiance aux générations à venir pour trouver des solutions plus avancées et plus durables que nous. La balle est aussi dans le camp des députés pour dresser le nouveau cadre, mais à condition que certains d’entre eux s’affranchissent de la discipline de partis…