Le Nigeria rejoint les BRICS : une nouvelle ère pour l’Afrique et l’économie mondiale

Le Nigeria, la première puissance démographique et économique d’Afrique, a officiellement rejoint les BRICS en tant que pays partenaire, un statut créé lors du sommet de Kazan en 2024. Cette annonce, faite par le Gouvernement brésilien, qui exerce actuellement la présidence tournante du groupe, marque une étape majeure dans l’élargissement de cette alliance économique et politique. Outre le Nigéria, d’autres nations africaines comme l’Ethiopie, Algérie et l’Ouganda ont récemment rejoint le groupe des pays partenaires dans une stratégie d’intégration accrue des économies émergentes du Sud. Cet élargissement pose la question de la place grandissante de l’Afrique dans les nouvelles configurations géopolitiques mondiales.
Avec une population de près de 230 millions d’habitants en 2023 et un produit intérieur brut (PIB) parmi les plus élevés du continent (environ 364 milliards de dollars en 2023), le Nigéria est un acteur incontournable de l’économie africaine. En devenant pays partenaire des BRICS, ce pays de l’Afrique de l’Ouest confirme son ambition de renforcer sa place sur la scène mondiale. Ce statut, créé pour inclure des nations stratégiques sans les intégrer pleinement comme membres, permet une collaboration accrue en matière de commerce, d’investissements et de coopération politique.
Selon le ministère brésilien des Affaires étrangères, cette décision reflète la volonté du bloc d’accroître sa diversité économique et d’inclure davantage de puissances régionales. En 2024, le Nigeria a attiré plus de 1,27 milliard de dollars d’investissements en provenance des BRICS, une hausse impressionnante par rapport à l’année précédente. Ces capitaux ont principalement été dirigés vers les infrastructures, l’énergie et les technologies, des secteurs essentiels pour le développement du pays.
Une dynamique d’élargissement vers l’Afrique
Le sommet de Kazan en 2024 a été un tournant pour les BRICS, avec l’introduction du statut de pays partenaires. Outre le Nigeria, l’Ethiopie, l’Algérie et l’Ouganda ont également rejoint cette alliance. Ces adhésions marquent une volonté claire des BRICS de renforcer leur présence en Afrique, un continent riche en ressources naturelles et en opportunités économiques.
L’Ethiopie : l’aéroport d’Addis Abeba est une plateforme majeure sur le continent africain grâce à la compagnie aérienne Ethiopian Airlines. Le pays, situé dans la corne de l’Afrique, est attrayant pour les marchés pharmaceutiques et est une plaque tournante pour l’exportation. C’est le deuxième pays d’Afrique par sa population de plus de 126 millions d’habitants. L’Ethiopie est l’un des principaux exportateurs de café du continent.
L’Algérie : en tant que grand exportateur de gaz naturel, l’Algérie joue un rôle stratégique dans la sécurité énergétique mondiale. Son intégration permet aux BRICS de diversifier leurs approvisionnements et de renforcer leur indépendance énergétique.
L’Ouganda : ce pays développe activement son secteur pétrolier, avec des réserves estimées à plusieurs milliards de barils. Les investissements en provenance des BRICS pourraient accélérer l’industrialisation de cette ressource et soutenir d’autres secteurs comme l’agriculture.
Ces nouveaux partenariats illustrent une stratégie de coopération Sud-Sud, visant à réduire la dépendance envers les économies occidentales et à favoriser un développement équilibré.
Le Maroc : un potentiel encore en suspens
Le Maroc, bien qu’évoqué comme un candidat potentiel aux BRICS, n’a pas encore fait de démarche officielle pour rejoindre le groupe. Selon des observateurs, le Royaume chérifien pourrait tirer parti de cette alliance pour renforcer ses relations économiques avec les grandes puissances émergentes. Avec ses accords de libre-échange avec l’Union européenne et les Etats-Unis, ainsi que sa position géostratégique au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, le Maroc représente un partenaire stratégique potentiel pour les BRICS.
Cependant, le Gouvernement marocain a récemment démenti les rumeurs concernant une demande d’adhésion, préférant renforcer ses relations bilatérales avec les membres du groupe. Cette prudence s’explique par la volonté du Royaume de maintenir une politique équilibrée entre ses partenariats traditionnels et les nouvelles alliances.
Une Afrique en pleine transformation
L’adhésion du Nigeria aux BRICS, suivie par d’autres nations africaines comme l’Algérie et l’Ouganda, reflète une dynamique de transformation économique et politique sur le continent. Ces partenariats stratégiques offrent des opportunités uniques pour le développement des infrastructures, l’énergie et l’industrialisation.
Toutefois, la diversité des intérêts africains au sein des BRICS soulève également des questions sur la coordination et l’équilibre des bénéfices. En intégrant ces nouveaux partenaires, les BRICS consolident leur position en tant que plateforme majeure des économies émergentes et redéfinissent les équilibres géopolitiques mondiaux.
H. C.