Société

La participation de Rima Hassan au débat organisé par EcoloJ relance la question des aides aux organisations de jeunesse


La participation de la députée européenne Rima Hassan (La France Insoumise) lors d’une journée de débat organisée par l’organisation de jeunesse EcoloJ, le 5 avril à Bruxelles, a rebondi à la commission Jeunesse du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). La députée Clémentine Barzin (MR) a dénoncé un nouvel «écart inacceptable» de la part de la structure financée par la FWB. «Je ne peux que m’indigner de la venue de Mme Hassan à Bruxelles, d’autant plus quand ce genre de rencontre est initié par un organisme soutenu par des deniers publics», a-t-elle lancé mardi 8 avril en commission. En réponse, la ministre francophone de la Jeunesse Valérie Lescrenier (Les Engagés) a reconnu ne pas avoir été informée de l’événement en amont. Elle a dès lors mandaté son administration afin de s’assurer du respect des règles fixées par le décret « Organisations de jeunesse ». Une vérification est en cours. Les 110 organisations de jeunesse dont EcoloJ bénéficient d’une subvention totale de 38 millions d’euros par an.

Interpellée par la députée Clémentine Barzin (MR) en commission, la ministre francophone de la Jeunesse, Valérie Lescrenier (Les Engagés) a affirmé avoir découvert la venue de la députée européenne Rima Hassan (La France Insoumise) via la question parlementaire. « Cela m’a permis de réagir en demandant à mon administration de s’assurer, comme je le fais quand cela s’impose, du respect des règles fixées par le décret », a-t-elle.

Des propos controversés

La venue de Rima Hassan à Bruxelles lors d’un évènement organisé par l’organisation de jeunesse EcoloJ n’est pas passée inaperçue. La controversée députée européenne a tenu à plusieurs reprises des propos qualifiés de polémiques, notamment concernant le Hamas, désigné comme organisation terroriste par l’Union européenne. En février dernier, elle déclarait que « le Hamas a une action légitime du point de vue du droit international». Cette prise de position a été vivement critiquée en France. Elle a par ailleurs été convoquée par la police française dans une enquête pour apologie du terrorisme.

Il est de notre devoir de protéger toutes nos minorités (…). Nous condamnons fermement tout acte antisémite, comme tout acte raciste.

Dans ce contexte, la députée Clémentine Barzin a dit être particulièrement préoccupée. « A partir du moment où une organisation de jeunesse invite une personne qui assène comme vraies des considérations polémiques, relatives à une organisation terroriste dont elle légitimerait l’action, je m’interroge sur la manière dont la mission de développement de l’esprit critique et la diversité d’informations ont pu être assurés par EcoloJ lors de l’événement du 5 avril », observe l’élue libérale.

Et de conclure : « Il est de notre devoir de protéger toutes nos minorités (…). Nous condamnons fermement tout acte antisémite, comme tout acte raciste».

bePress Photo Agency / BOURGUET

La ministre francophone Valérie Lescrenier (Les Engagés) a demandé à l’administration d’enquêter sur les conditions d’organisation de l’évènement du 5 avril par EcoloJ. (Photo Philippe BOURGUET / bePress Photo Agency/bppa).

Un suivi administratif en question

L’administration de la FWB procède régulièrement à des contrôles sur base des plans quadriennaux, des rapports d’activités et d’échanges avec les structures subventionnées. Dans ce cadre, une vérification a été initiée concernant l’événement du 5 avril, organisé sans communication préalable au cabinet ministériel.

L’organisation EcoloJ bénéficie d’un agrément et d’un subventionnement par la FWB dans le cadre du décret du 26 mars 2009 encadrant les organisations de jeunesse. D’après la porte-parole de la ministre, la FWB subventionne à hauteur de 38 millions l’ensemble des organisations de jeunesse (environ 110 organisations) touchant les jeunes de 3 à 30 ans.

Il s’agit de proposer aux jeunes des espaces qui soient des lieux d’émancipation, d’expérimentation, d’expression, d’information et de réflexion.

Ce décret impose notamment aux bénéficiaires de favoriser l’éducation à la citoyenneté, dans une perspective de démocratie, de justice, d’égalité et de solidarité. Les activités doivent contribuer au développement de jeunes «responsables, actifs, critiques et solidaires», appelés CRACS.

« Il s’agit de proposer aux jeunes des espaces qui soient des lieux d’émancipation, d’expérimentation, d’expression, d’information et de réflexion », a rappelé la ministre devant la commission parlementaire.

Méderic Guisse (st)


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