Société

Enquête Solidaris : 40 % des Belges francophones déclarent que leur emploi a souvent un impact négatif sur leur santé


Selon les résultats du nouveau thermomètre santé & travail de Solidaris, plus de 90 % des Belges francophones estiment que le travail reste important dans leur vie de manière générale. Mais l’’enquête s’intéresse aussi la relation entre le travail et le bien-être. Ainsi, 83 % considèrent que le travail peut être une source de problèmes de santé, dont 40 % qui déclarent que leur emploi a eu fréquemment ou très fréquemment un impact négatif sur leur santé au cours des 12 derniers mois. L’étude révèle également que 78 % des répondants veulent une réforme profonde de l’organisation du travail.

Les résultats de l’enquête de Solidaris menée auprès de 1.314 Belges francophones dressent le portrait d’une population francophone attachée au travail. Plus de 90 % des Belges francophones estiment que le travail reste important dans leur vie de manière générale. Du côté des personnes en incapacité ou au chômage, 70 % sont frustrées de ne pas travailler et souhaitent reprendre une activité.

Vouloir responsabiliser les malades sans prendre le problème à la source ne sert à rien : ce sont les mauvaises conditions de travail qui font augmenter les dépenses des indemnités.

Cependant, l’enquête observe que la population francophone belge a des inquiétudes quant à sa santé au travail et souhaite une réforme dans l’organisation du travail dans le pays pour protéger sa santé physique et mentale.

Un monde du travail usant

Selon l’étude, le travail a un impact sur la santé des travailleurs. En effet, 83 % considèrent que le travail peut être une source de problèmes de santé. D’autres résultats montrent que :

  • 40 % des Belges francophones déclarent que, durant les 12 derniers mois, leur travail a eu un effet négatif sur leur santé de façon fréquente ou très fréquente.
  • 25 % disent en avoir souffert de temps en temps.
  • 35 % affirment que cela est rare, voire jamais le cas.

Constats inquiétants des médecins

Dans les détails, 45% des sondés disent être soumis à des contraintes physiques importantes.  Quant à l’exposition fréquente à des risques psychologiques, 35 % des répondants évoquent en rencontrer. Le stress au travail constitue également un facteur clé : 41 % des sondés disent en souffrir fréquemment ou très fréquemment ; 30 % déclarent être affectés de temps en temps, 29 % affirment n’en souffrir jamais. Les personnes les plus touchées par le stress sont les femmes, les managers, les personnes insatisfaites par leur environnement professionnel ou encore les travailleurs en relation avec le public.

Sollicités, les médecins font un constat alarmant : par rapport à il y a dix ans, 84 % observent une hausse des troubles somatiques ou psychosomatiques liés aux conditions de travail.

Sollictés, les médecins font un constat alarmant : par rapport à il y a dix ans, 84 % observent une hausse des troubles somatiques ou psychosomatiques liés aux conditions de travail, 92 % notent une hausse de la fatigue intense due au stress ou aux tensions professionnelles et 64 % pensent que la santé des travailleurs belges ne sera pas meilleure dans dix ans.

Une réforme du monde du travail nécessaire

L’enquête nous apprend que 78 % des répondants demandent une réforme profonde de l’organisation du travail pour protéger la santé physique et mentale. Beaucoup estiment que la prévention au travail doit être améliorée. Cependant, plus de la moitié (55 %) indiquent qu’aucune mesure de prévention collective n’existe à leur travail.

BELGA

Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris interpelle les responsables politiques. (BELGA PHOTO HATIM KAGHAT).

Du côté des employeurs, les attentes sont élevées d’après les résultats de l’étude. Plus de la moitié des personnes estiment que l’organisation du travail des entreprises est le facteur qui influence le plus la santé des travailleurs. Au niveau du respect de la loi sur le bien-être, seulement 11 % des médecins pensent qu’elle est vraiment respectée dans les entreprises.

Solidaris interpelle les responsables politiques

La mutualité socialiste, Solidaris, estime qu’il faut arrêter de penser avec une logique court-termiste et mener de vraies actions pour impacter positivement la vie des travailleurs dans leur lieu de travail. « Vouloir responsabiliser les malades sans prendre le problème à la source ne sert à rien : ce sont les mauvaises conditions de travail qui font augmenter les dépenses des indemnités », déclare Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris.

Méderic Guisse (st)


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