Economie

Protocole d’accord en panne aux chemins de fer belges : les cheminots méritent une écoute attentive


Pour la deuxième fois, le projet de protocole d’accord est bloqué à quai par les affiliés des trois principaux syndicats des chemins de fer belges. A une très large majorité, la base de la CGSP-Cheminots, de la CSC-Transcom et de la SLFP-Cheminots a rejeté le texte proposé par le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés).

Il faut dire que des dispositions du nouveau projet de protocole d’accord ont de quoi mécontenter les cheminots, notamment le recrutement par contrat qui devient la norme à la SNCB et chez Infrabel et, pour la première fois, la possibilité d’imposer un plan social visant des licenciements en cas de force majeure économique. Cette dernière disposition est d’autant plus interpellante que dans sa formulation, elle indique que si la direction de la SNCB échoue à faire face à la concurrence et perd des parts de marché en raison de la libéralisation du transport de voyageurs, les premiers qui paieront l’addition seront les cheminots.

Certes, les chemins de fer belges ont besoin de modernisation à plusieurs niveaux, tant sur le plan opérationnel pour améliorer les paramètres (service de qualité/ponctualité, régularité, disponibilité, etc.) que dans leur fonctionnement, mais la gestion des ressources humaines à la SNCB mérite une grande attention.

Certes, les chemins de fer belges ont besoin de modernisation à plusieurs niveaux, tant sur le plan opérationnel pour améliorer les paramètres (service de qualité/ponctualité, régularité, disponibilité, etc.) que dans leur fonctionnement, mais la gestion des ressources humaines à la SNCB mérite une grande attention. Une récente étude indépendante, baptisée « Be well » a livré des résultats catastrophiques sur la façon dont la direction de l’entreprise ferroviaire conduit les équipes : charge psychosociale accrue, manque de considération, risques de burn-out, cheminots épuisés, stress à tous les étages, etc. La moitié des cheminots de la SNCB redoutent une détérioration de leurs conditions de travail et 40% d’entre eux avouent que leur travail a des interférences sur leur vie privée.

Le projet de protocole d’accord arrive dans une ambiance tendue où la confiance entre la direction et les cheminots de la SNCB est au niveau zéro. Les changements ou les évolutions qu’il apporte ne peuvent que se fracasser contre le mur d’un mal-être des équipes. Il faut laisser le temps à la négociation et prêter davantage d’écoute aux besoins des cheminots avant de mettre des changements sur les rails.

Dans ces conditions, imposer des changements à marche forcée aux cheminots de la SNCB et Infrabel ne peut qu’être contre-productif et les conséquences risquent, in fine, d’impacter le service aux voyageurs.

La situation ne plaide pas non plus en faveur des responsables nationaux des trois principaux syndicats qui risquent d’être confrontés à un désaveu de leurs affiliés. Ceux-ci risquent de leur reprocher de ne pas assez défendre leurs causes auprès des autorités.

Dans ces conditions, imposer des changements à marche forcée aux cheminots de la SNCB et Infrabel ne peut qu’être contre-productif et les conséquences risquent, in fine, d’impacter le service aux voyageurs.


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