RECONNAISSANCE D'UN ETAT PALESTINIEN

Conflit au Proche-Orient : la Belgique attend avant de concrétiser la reconnaissance d’un Etat palestinien

BELGA

Dans une communication faite ce mercredi 28 janvier 2026, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés) estime que les conditions mises par la Belgique pour reconnaître un Etat palestinien ne sont pas encore réunies. La remise du corps du dernier otage israélien est une bonne chose, mais il relève que « les organisations terroristes telles que le Hamas auront été écartées de la gestion de la Palestine ». Il réaffirme la position de la Belgique de ne pas rejoindre le « Board of peace » créé par le président américain, Donald Trump.

La Belgique n’est pas encore prête à reconnaître un Etat palestinien. Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), l’a précisé ce mercredi matin, 28 janvier 2026, dans une communication faite en réaction aux derniers développements de la situation sur le terrain.

Il rappelle avoir défendu et obtenu, en 2025, au Conseil des ministres que la Belgique reconnaissance la Palestine. Mais il précise que la Belgique a prévu une seconde phase dans le processus de reconnaissance d’un Etat palestinien. « Consciente du traumatisme vécu par les Israéliens en suite des attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023, la Belgique ne formalisera cette reconnaissance de l’État palestinien par voie d’arrêté royal qu’une fois que le dernier otage aura été libéré et que les organisations terroristes telles que le Hamas auront été écartées de la gestion de la Palestine ».

Reste à écarter le Hamas

A ce stade, si l’une des deux conditions est effectivement réunie, il reste encore la seconde, probablement la plus difficile, qui doit encore être rencontrée. « Depuis l’annonce par les Israeli Defence Forces de l’identification et de la remise du corps du dernier otage encore à Gaza ce 26 janvier, je suis questionné pour savoir si j’estime que les deux conditions susmentionnées sont rencontrées et que la proposition de reconnaissance formelle de la Palestine interviendra prochainement. Si effectivement la première condition relative aux otages est incontestablement rencontrée à présent, l’honnêteté m’impose de constater que la seconde condition n’est malheureusement pas encore remplie, ni dans sa lettre ni dans son esprit », poursuit Maxime Prévot.

Si effectivement la première condition relative aux otages est incontestablement rencontrée à présent, l’honnêteté m’impose de constater que la seconde condition n’est malheureusement pas encore remplie, ni dans sa lettre ni dans son esprit.

Il réaffirme la position de la Belgique sur les initiatives du président américain, Donald Trump. « En effet, la seule mise en place du Board of Peace du Président Trump, et de ses sous-structures dont le National Committee for The Administration of Gaza, n’a pas encore pu dans les faits, en un claquement de doigt, écarter le Hamas de toute gestion de la Palestine. Le Hamas semble, malgré les effets d’annonce, toujours présent et influent dans la gestion de la bande de Gaza », note le vice-Premier ministre centriste.

Le Board of Peace de Trump est illégitime

Certes, la Belgique a soutenu le plan de Donald Trump et la mise en place du Board of Peace tels qu’avalisés dans la résolution 2803(2025) du Conseil de sécurité de l’ONU. Mais il souligne que notre pays a dû prendre ses distances par rapport au Board of Peace « nouvelle formule » et à sa Charte présentés récemment et unilatéralement par le président américain.

Dès lors que ce Board of Peace n’est pas légitime aux yeux de l’immense majorité des pays européens dont la Belgique, il serait à fortiori paradoxal de s’en prévaloir pour désormais plaider que la seconde condition de notre accord politique serait rencontrée.

Et il n’est pas question pour la Belgique de rejoindre la structure mise en place pour un ticket d’entrée d’un milliard de dollars. « Dès lors que ce Board of Peace n’est pas légitime aux yeux de l’immense majorité des pays européens dont la Belgique, il serait à fortiori paradoxal de s’en prévaloir pour désormais plaider que la seconde condition de notre accord politique serait rencontrée. Je dois rester cohérent. Seule une évolution significative de ce Board of Peace et de la réalité de terrain permettrait de reconsidérer la question. Malgré que l’heure de la seconde étape n’ait donc pas encore sonné, je note avec satisfaction que, de l’aveu même du Premier ministre palestinien que j’ai revu à Davos la semaine dernière, l’important reste pour la Palestine et les Palestiniens que la Belgique ait pu procéder, urbi et orbi, à la reconnaissance politique de la Palestine depuis New York en septembre 2025 et que nous continuions à plaider vigoureusement pour le respect du droit international, notamment humanitaire, et pour le juste soutien à l’Autorité palestinienne et à ses efforts de consolidation de la paix », conclut Maxime Prévot.