US President Donald Trump (R) and Russian President Vladimir Putin pose on a podium on the tarmac after they arrived at Joint Base Elmendorf-Richardson in Anchorage, Alaska, on August 15, 2025. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
Le dernier traité de contrôle des armements entre la Russie et les États-Unis vient d’expirer. Aussitôt, les gros titres fleurissent : « retour de la course aux armements », « monde plus dangereux », « réarmement nucléaire sans limite ». À entendre certains commentaires, Moscou serait sur le point de doubler son arsenal. Calmons-nous.
La fin de New START ne change presque rien aux capacités nucléaires réelles de la Russie. Parce que le nucléaire stratégique ne dépend pas d’un papier signé à Prague. Il dépend de la physique, de l’industrie et des chaînes de production. Et c’est précisément ce qui manque à Moscou.
Aujourd’hui, la triade russe tient déjà par habitude plus que par puissance. La composante terrestre ? Le Sarmat, censé remplacer les vieux SS-18, accumule les échecs. La filière des missiles lourds à ergols liquides a été perdue avec l’Ukraine : ingénieurs, usines, machines-outils, archives. La Russie a gardé les silos. Elle a perdu le savoir-faire.
La composante aérienne ? Des bombardiers soviétiques rafistolés. Tu-95 des années 50. Tu-22 et Tu-160 remis à niveau à coups d’électronique moderne. Pas un appareil réellement neuf depuis la chute de l’URSS. On modernise des cellules fatiguées, on ne reconstruit pas une flotte stratégique.
La composante navale ? Le Bulava reste techniquement incertain, avec un historique d’essais chaotiques. Pas exactement la définition d’une dissuasion « garantie ». Et surtout, il y a le verrou silencieux dont on parle peu : le tritium.
Ce n’est pas la bombe qui réapparaît. C’est le brouillard.
Sans production continue, une ogive vieillit, perd en rendement, devient théorique. Entretenir des centaines de têtes est déjà complexe. En produire massivement relève aujourd’hui de la fiction industrielle pour la Russie.
Bref : même sans traité, Moscou ne peut pas multiplier ses ogives. Elle peine déjà à maintenir celles qu’elle possède.
Alors à quoi servait réellement le traité ? Pas à empêcher une explosion des stocks. À empêcher l’aveuglement.
New START, ce n’était pas seulement des plafonds. C’était des inspections sur site, des échanges de données, des notifications de tests. De la télémétrie partagée.
Une comptabilité presque clinique des lanceurs et des charges. On savait ce que l’autre avait. Presque au boulon près. Sans ce cadre, on ne voit plus. Et quand on ne voit plus, on suppose le pire.
Le danger n’est donc pas une Russie soudain surarmée. Le danger, c’est la paranoïa stratégique. Des états-majors qui surévaluent la menace. Des budgets qui gonflent « au cas où ». Des postures agressives prises sur des hypothèses plutôt que sur des faits.
Ce n’est pas la bombe qui réapparaît. C’est le brouillard. La fin du traité marque moins un tournant militaire qu’une régression informationnelle. Moins de transparence, plus de soupçons. Moins de chiffres vérifiés, plus de fantasmes. Beaucoup de bruit politique. Très peu de bombes supplémentaires.
La Russie reste limitée par ses faiblesses industrielles. Mais le monde, lui, devient plus instable parce qu’on sait moins. Et en matière nucléaire, l’histoire est simple : ce ne sont pas les arsenaux qui déclenchent les crises. Ce sont les erreurs d’appréciation.
Et celles-là naissent toujours dans le noir.
Aldo MUNGO
Armées & Défense
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