UNE TRISTE PREMIERE POUR LA MONARCHIE BRITANNIQUE

Séisme dans la monarchie britannique : l’ex-prince Andrew arrêté pour manquements graves dans l’exercice d’une fonction publique


Andrew Mountbatten-Windsor, précédemment connu sous le titre de prince Andrew, a été arrêté ce jeudi matin, 19 février 2026, pour manquements graves dans l’exercice d’une fonction publique, à la suite de plusieurs faits révélés dans le cadre de l’affaire Epstein. L’ancien prince et frère du roi Charles III avait été déchu de ses titres royaux en novembre 2025 à la suite des multiples révélations liées à l’affaire Epstein, notamment après le témoignage d’une ancienne victime du milliardaire déchu, Virginia Giuffre, qui avait porté plainte contre le prince Andrew. La famille de cette dernière se dit satisfaite après l’arrestation de l’ex-prince et souligne que nul n’est au-dessus de la loi. 

La Thames Valley Police a en effet surpris le Royaume-Uni, jeudi 19 février 2026, en annonçant dans un communiqué qu’un « homme d’une soixantaine d’années a été arrêté ce matin à Sandringham, (dans l’est de l’Angleterre), dans le cadre d’une enquête pour misconduct in public office (manquements graves dans l’exercice d’une fonction publique ».

La police précise que l’intéressé est actuellement en garde à vue et que des perquisitions sont en cours, tout en rappelant qu’aucune charge formelle n’a, à ce stade, été retenue.

Cette arrestation intervient à la suite de nouvelles révélations publiées en janvier dans le cadre de l’affaire Epstein.

Cette arrestation intervient à la suite de nouvelles révélations publiées en janvier dans le cadre de l’affaire Epstein. Les autorités britanniques avaient alors confirmé l’ouverture d’une enquête afin d’examiner des allégations contenues dans les dossiers du milliardaire délinquant sexuel Jeffrey Epstein, décédé en 2019 après s’être suicidé dans sa cellule, mais dont l’ombre continue de planer sur de nombreuses figures de pouvoir.

Envoyé spécial pour le commerce international

Selon plusieurs sources concordantes, l’enquête porte sur la période durant laquelle Andrew Mountbatten-Windsor occupait des fonctions officielles, notamment comme envoyé spécial du Royaume-Uni pour le commerce international.

Il lui est reproché d’avoir potentiellement abusé de cette position en partageant des informations sensibles, des documents officiels ou des comptes rendus confidentiels avec Jeffrey Epstein, y compris après la condamnation de ce dernier pour des infractions sexuelles aux États-Unis. De tels agissements, s’ils étaient avérés, constitueraient une violation grave des devoirs liés à une charge publique, en particulier l’obligation de probité, de loyauté et de protection des intérêts de l’État.

Il lui est reproché d’avoir potentiellement abusé de cette position en partageant des informations sensibles, des documents officiels ou des comptes rendus confidentiels avec Jeffrey Epstein.

L’enquête a également été alimentée par des éléments transmis directement à la police par l’ancien Premier ministre Gordon Brown. Selon plusieurs médias britanniques, ce dernier aurait fait parvenir aux autorités des documents et correspondances qu’il estime pertinents pour l’enquête, concernant les activités et les contacts d’Andrew Mountbatten-Windsor à l’époque où celui-ci agissait au nom du Royaume-Uni à l’étranger. Cette démarche exceptionnelle d’un ancien chef de gouvernement souligne la gravité des soupçons examinés et la dimension institutionnelle de l’affaire.

Une pancarte est visible devant le quartier général de la police de la vallée de la Tamise à Kidlington, au sud-ouest de Londres, le 19 février 2026. L’ancien prince Andrew a été arrêté le 19 février 2026, soupçonné d’inconduite. (Toby Shepheard / AFP).

Personne n’est au-dessus des lois

Si l’arrestation d’Andrew Mountbatten-Windsor était attendue par une partie de l’opinion publique, elle n’en constitue pas moins une onde de choc pour le Royaume-Uni. Il s’agit en effet du premier membre de la famille royale à être arrêté dans le cadre d’une enquête judiciaire pénale, un événement sans précédent dans l’histoire contemporaine de la monarchie britannique.

L’attention s’est donc immédiatement portée sur la réaction du roi Charles III, qui, depuis son accession au trône à la suite du décès de la reine Elizabeth II, avait progressivement écarté son frère de toute fonction publique et de toute représentation officielle, considérant que sa présence portait gravement atteinte à l’image de la Couronne. Cette mise à distance s’inscrivait dans un contexte déjà difficile pour un souverain dont la popularité reste fragile.

J’ai appris avec la plus profonde préoccupation la nouvelle concernant Andrew Mountbatten-Windsor et les soupçons de faute dans l’exercice d’une charge publique.

« J’ai appris avec la plus profonde préoccupation la nouvelle concernant Andrew Mountbatten-Windsor et les soupçons de faute dans l’exercice d’une charge publique », a indiqué le roi Charles III dans un communiqué.

« Ce qui suit désormais est la procédure complète, équitable et appropriée par laquelle cette affaire sera examinée de la manière adéquate et par les autorités compétentes. À cet égard, comme je l’ai déjà affirmé, elles bénéficient de notre soutien et de notre coopération pleins et entiers.
Je tiens à le dire clairement : la loi doit suivre son cours. Tant que cette procédure est en cours, il ne serait pas approprié que je fasse d’autres commentaires sur cette affaire. Dans l’intervalle, ma famille et moi-même continuerons à remplir notre devoir et notre service envers vous tous
 », a précisé le souverain britannique.

L’ex-prince Andrew, duc d’York (à droite), se tient debout tandis que le roi Charles III (à gauche) et la princesse Anne, princesse royale, saluent le cercueil de la reine Elizabeth II à son arrivée à l’abbaye de Westminster à Londres, le 19 septembre 2022, pour ses funérailles nationales. (Geoff PUGH / POOL / AFP).

La loi doit suivre son cours

La réaction de Charles III est un signal politique fort dans un contexte institutionnel particulièrement sensible. En insistant sur la nécessité de laisser la loi « suivre son cours » et en affirmant le soutien et la coopération de la Couronne avec les autorités judiciaires, le souverain cherche à établir une séparation nette entre la monarchie et les actes reprochés à son frère.

L’absence de toute défense personnelle d’Andrew Mountbatten-Windsor traduit une volonté claire de préserver la neutralité constitutionnelle de l’institution.

L’absence de toute défense personnelle d’Andrew Mountbatten-Windsor traduit une volonté claire de préserver la neutralité constitutionnelle de l’institution, à un moment où toute impression d’ingérence ou de traitement de faveur risquerait de raviver les critiques sur l’opacité et l’impunité supposées de la famille royale.

L’arrestation de l’ex-prince Andrew les dénonciations de Virginia Giuffre. Elle avait indiqué avoir été victime de trafic sexuel par Jeffrey Epstein et, dans ce cadre, soutenu avoir eu des relations sexuelles avec Andrew Mountbatten-Windsor, sous la contrainte, alors qu’elle était mineure.

Si Andrew Mountbatten-Windsor avait nié toute implication dans l’affaire Epstein. La plainte de Virginia Giuffre s’était soldée par un accord financier à l’amiable en 2022, sans reconnaissance de culpabilité, mais l’ancienne victime d’Epstein s’est depuis suicidée, après des années de pression médiatique et judiciaire.

Ce montage photo, réalisé le 12 janvier 2022, montre le prince Andrew, duc d’York, le 11 avril 2021 à Windsor (Angleterre), et Virginia Giuffre le 22 octobre 2019 à New York. (Steve Parsons, Ben Gabbe / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / POOL / AFP).

Soulagement de la famille de Virginia Giuffre

Il convient toutefois de noter que, même si cette affaire avait durablement écorné l’image d’Andrew Mountbatten-Windsor, son arrestation intervenue ce jeudi 19 février 2026 n’est pas directement liée à l’affaire Virginia Giuffre.

Enfin, aujourd’hui, nos cœurs brisés se trouvent soulagés par la nouvelle que personne n’est au-dessus des lois, pas même la royauté.

La famille de cette dernière a néanmoins fait part de son soulagement à la suite de l’arrestation. « Enfin, aujourd’hui, nos cœurs brisés se trouvent soulagés par la nouvelle que personne n’est au-dessus des lois, pas même la royauté. Au nom de notre sœur, nous exprimons notre gratitude à la Thames Valley Police du Royaume-Uni pour leur enquête et l’arrestation d’Andrew Mountbatten-Windsor. Il n’a jamais été un prince. Pour tous les survivants, Virginia a fait cela pour vous », a-t-elle souligné.

Léna Job (à Londres)

(L’ex-prince Andrew rattrapé par la police et la justice dans le cadre de l’affaire Epstein. Crédit : Daniel LEAL / AFP).