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Le député wallon, Jori Dupont, « retire sa laisse » du PTB et quitte le parti de la gauche radicale


Dans une longue publication sur les réseaux sociaux, le député wallon, qui siège depuis 2019, explique les raisons de son départ du PTB. Il fait état d’un malaise profond, dénonçant le fait que le parti demeure dans une posture de dénonciation plutôt que de participer au pouvoir pour changer les choses. « Je pars pour être cohérent. Je veux une gauche qui se salit les mains pour gagner des budgets, des lois et des protections. Pas une gauche qui se contente d’avoir raison dans les discours pendant que les travailleurs perdent dans la réalité », écrit-il. Travailleur infatigable sur de nombreux dossiers, son départ risque de laisser un vide dans les rangs du parti au parlement wallon. Son chef de groupe, Germain Mugemangango, semble expliquer son départ par la présence sur la liste électorale de 2029 et dit ne pas partager l’analyse de l’ex-député PTB sur la stratégie de la gauche. Il lui demande de rendre son mandat. Jori Dupont indique qu’il n’a pas quitté le PTB pour rejoindre un autre parti.

Défection dans les rangs du groupe PTB au parlement wallon. Tôt ce lundi matin, 2 mars 2026, le député Jori Dupont a publié un long texte notamment sur Facebook et X (ex-Twitter)  annonçant son départ du groupe. Sous le titre « le chien retire sa laisse », le Tournaisien explique les raisons qui le poussent à claquer la porte de son parti.

Parti pour faire du concret

« C’est une phrase qu’on m’a lancée en interne alors que je tentais d’expliquer mon investissement sur le terrain : « Un chien avec une laisse aurait fait aussi bien. » Cette phrase dit tout d’une culture où l’individu n’est qu’un rouage interchangeable. Mais mon départ est bien plus profond que cela. Mon départ est politique », écrit Jori Dupont.

« Je n’écris pas ça par rancœur. Je l’écris parce que cette phrase dit quelque chose de vrai sur une culture politique : au PTB, l’individu doit s’effacer. Totalement. Tu n’es qu’une part du collectif. Un rouage. Un produit du collectif. Sur le papier, c’est cohérent. Dans la réalité, c’est plus hypocrite qu’on ne l’avoue. Parce que oui, il existe des visages mis en avant. Il existe des figures centrales. Et ce n’est pas un hasard : c’est parce qu’elles ont des talents rares, notamment d’orateurs. Donc non, nous ne sommes pas tous interchangeables. On fait semblant de le croire, jusqu’au jour où on te le rappelle brutalement », poursuit-il dans un texte plus long sur son compte Substack.

Je reste un homme de gauche. Je crois à la justice sociale, à l’antiracisme et au féminisme. Mais je ne crois plus qu’on change la vie des gens en restant volontairement sur le banc de touche.

Il ne quitte pas la politique, ni ne renie les valeurs qui l’ont motivé à rejoindre le parti de la gauche radicale en 2013-2014. Mais il estime qu’il faut passer de la dénonciation à l’action en participant aux instances où un parti peut changer les choses. « Je reste un homme de gauche. Je crois à la justice sociale, à l’antiracisme et au féminisme. Mais je ne crois plus qu’on change la vie des gens en restant volontairement sur le banc de touche. Le dossier des PFAS a été mon déclic. On a obtenu des analyses, des filtres, des prises de sang. Du concret. Du réel. Au PTB, la doctrine veut que le parlement ne serve qu’à dénoncer. Moi, je veux transformer », poursuit le désormais ex-député PTB.

Une gauche qui participe aux décisions

Jori Dupont estime que la position du PTB laisse la voie libre à la droite d’appliquer ses réformes. « Pendant que le PTB refuse de monter au pouvoir par « pureté » idéologique, la droite, elle, a les mains libres. Et quand elle a les mains libres, elle attaque : chômage, pensions, logement, enseignement. Je ne veux plus de cette posture d’opposition éternelle qui finit par rendre service à ceux qui abîment le plus notre société », observe-t-il.

Je veux une gauche qui se salit les mains pour gagner des budgets, des lois et des protections. Pas une gauche qui se contente d’avoir raison dans les discours pendant que les travailleurs perdent dans la réalité.

Pas question dans son chef de charger son ancien parti, ni d’animosité vis-à-vis de ses anciens camarades. « Je pars sans haine, avec une immense reconnaissance pour les militants de la Wapi (Wallonie picarde, ndlr). Mais je pars pour être cohérent. Je veux une gauche qui se salit les mains pour gagner des budgets, des lois et des protections. Pas une gauche qui se contente d’avoir raison dans les discours pendant que les travailleurs perdent dans la réalité. Aujourd’hui, je choisis d’avancer plutôt que d’attendre. Je retire cette laisse », conclut le député wallon qui va siéger comme indépendant.

BELGA

Chef de groupe PTB au parlement wallon, Germain Mugemangango, demande à son ancien camarade de parti, Jori Dupont, de rendre son mandat de député régional. (BELGA PHOTO BRUNO FAHY).

Un départ nourri par la déception selon le PTB

Son chef de groupe au parlement wallon, Germain Mugemangango, dit « prendre acte de la démission surprise de Jori Dupont du PTB ». Il avance d’autres explications à son départ. « Ces dernières semaines, Jori Dupont nous a exprimé sa déception lorsqu’il lui a été rappelé qu’il n’existe aucun automatisme à être à nouveau tête de liste en 2029 après deux mandats. Il a avancé des arguments financiers à ce sujet. Nous lui avons rappelé un principe simple : les mandats et les places sur les listes ne sont jamais acquis. Ils relèvent de décisions démocratiques internes et ne constituent pas un statut à vie », rétorque-t-il.

Ces dernières semaines, Jori Dupont nous a exprimé sa déception lorsqu’il lui a été rappelé qu’il n’existe aucun automatisme à être à nouveau tête de liste en 2029 après deux mandats.

Le chef de groupe PTB ne partage pas l’analyse de son ancien collègue de parti sur une gauche drapée dans une posture de dénonciation sans participer au pouvoir pour changer les choses. « Pour rappel, en Wallonie, la gauche n’était pas majoritaire à l’issue des dernières élections. Le PTB participe d’ailleurs à des majorités progressistes où cela était possible, comme à Mons, Forest ou Molenbeek. Nous tenons, en outre, à rappeler notre soutien aux peuples ukrainien et iranien et leur droit à l’autodétermination, loin des interventions étrangères quelles qu’elles soient, contrairement à ce que Jori Dupont laisse entendre », précise-t-il.

Rendre le mandat ? Pas sûr

Le chef de groupe PTB au parlement wallon, Germain Mugemangango, demande à Jori Dupont de rendre son mandat de député régional, car, dit-il, « les électeurs et électrices ont voté avant tout pour le projet collectif du PTB, de ses milliers de membres et militants qui le portent au quotidien, et non pas pour un parcours individuel ».

Je ne commente pas les positions du parti, je comprends qu’ils doivent répondre, c’est normal.

Contacté par nos soins, Jori Dupont n’entend pas réagir, mais ce n’est pas la première fois qu’un élu quitte son parti sans rendre son mandat. « Je ne commente pas les positions du parti, je comprends qu’ils doivent répondre, c’est normal. Je ne pars pas avec de la haine, je reste de gauche. Je remercie le PTB pour ce que j’ai appris avec eux et je continuerai les combats pour la santé environnementale et la justice sociale. Je choisis juste une autre méthode : être utile, concrètement dans un système ou les décisions se prennent au pouvoir, un pouvoir laissé à la droite », nous a répondu Jori Dupont.


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