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Malgré la mobilisation, le Premier ministre, Bart De Wever, et son gouvernement ne veulent pas renoncer aux réformes


La manifestation nationale qui a rassemblé, jeudi 12 mars, entre 80.000 et 100.000 personnes dans les rues de Bruxelles a été la source d’une passe d’armes entre l’opposition et le Premier ministre lors de la séance plénière à la Chambre. L’opposition aurait aimé que la majorité entendent le cri des citoyens pour corriger le tir au niveau des réformes, mais Bart De Wever (N-VA) a assuré qu’il entend « maintenir le cap » tout en étant ouvert à des remarques constructives. Il a accusé l’opposition de faire de la désinformation.

Les travailleurs ont massivement répondu à l’appel des syndicats qui les ont conviés à une journée de mobilisation nationale jeudi 12 mars à Bruxelles. Celle-ci aurait rassemblé, selon la police, près de 80.000 personnes, alors que les organisateurs citent le chiffre de près de 100.000 manifestants. L’objectif de la grande mobilisation est de dénoncer les mesures du gouvernement fédéral « Arizona » et des exécutifs régionaux.

Manque d’adhésion aux mesures

Le bruit des pavés battus a résonné jusqu’à la Chambre où il a donné lieu à une sérieuse passe d’armes entre l’opposition et le Premier ministre, Bart De Wever (N-VA). « Où sont les emplois de l’Arizona ? Quand on a 80.000 à 100.00 personnes dans la rue, cela veut dire qu’on a raté quelque chose en matière d’adhésion à ses mesures », a lancé le député François De Smet (Défi).

Où sont les emplois de l’Arizona ? Quand on a 80.000 à 100.00 personnes dans la rue, cela veut dire qu’on a raté quelque chose en matière d’adhésion à ses mesures.

D’après le député-philosophe, la mesure limitant le chômage dans le temps (2 ans) va entraîner, cette année, en Wallonie, l’exclusion de 80.000 personnes du bénéfice des allocations de chômage, alors que les emplois disponibles se chiffrent à environ 36.000 postes de travail. La capitale Bruxelles se retrouve avec près de 40.000 exclusions du chômage contre 21.00 emplois disponibles.

François De Smet estime qu’on va vers une explosion du taux de pauvreté sans mesures de création d’emploi. Il a été suivi par la socialiste, Sophie Thémont, qui a dénoncé notamment le double saut d’index et la réforme des pensions. « Après la grève des 24, 25 et 26 novembre dernier, vous aviez le choix entre écouter ou passer en force. Force est de constater que vous avez choisi de continuer votre coup de force antisocial », a -t-elle observé.

L’écologiste Sarah Schlitz (Ecolo-Groen) a reproché à la majorité fédérale d’avoir opté pour un passage en force, avec des mesures du passé qui vont entraîner une dégradation des conditions de travail en Belgique.

BELGA

Caricature de Bart De Wever lors d’une manifestation conjointe à Bruxelles pour dénoncer les mesures « injustes et inhumaines » du gouvernement fédéral, le jeudi 12 mars 2026. (BELGA PHOTO TIMON RAMBOER).

Des réformes au goût amer

En guise de réponse, Bart De Wever (N-VA) assure qu’il comprend que les réformes aient « un goût amer pour certaines personnes ». Il a accusé l’opposition d’user de la désinformation en déformant les propos des ministres. Il reconnaît le droit de grève, mais estime que « faire grève ne changera pas la réalité. La solution, c’est la création de prospérité, pas sa destruction ».

Pour le Premier ministre, « les recettes du passé », élaborées par les majorités précédentes ont conduit à ce que la Belgique se retrouve aujourd’hui avec une « dette colossale » (565 milliards d’euros pour l’Etat fédéral seul début février 2026) et dans une situation de « vulnérabilité ». Il a indiqué que son objectif est de « laisser dans un meilleur état que dans celui dans lequel nous avons trouvé ». Il a précisé que l’objectif des réformes est de récompenser ceux qui travaillent et d’assainir les finances publiques.

Maintenir le cap

Pour ce faire, il a martelé que son gouvernement « va maintenir le cap », sans toutefois fermer la porte à des remarques constructives. « Maintenir le cap, c’est notre devoir. Ne pas le faire, c’est faire preuve d’égoïsme à l’égard de nos enfants et petits-enfants », a précisé Bart De Wever.

Maintenir le cap, c’est notre devoir. Ne pas le faire, c’est faire preuve d’égoïsme à l’égard de nos enfants et petits-enfants.

Députée de la majorité, Eva Demesmaeker (N-VA, parti du Premier ministre), a reproché aux syndicats de ne se soucier que de « ceux qui ne travaillent pas ».

Même si Bart De Wever entendre que la porte est ouverte à la concertation sociale, il y a de la tension sur la ligne et que la méfiance risque de s’installer longtemps entre son gouvernement et les représentants des travailleurs.

(Raoul Hedebouw, du PTB, et le Premier ministre Bart De Wever photographiés lors d’une séance plénière de la Chambre au Parlement fédéral, à Bruxelles, le jeudi 12 mars 2026. BELGA PHOTO EMILE WINDAL).


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