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Nucléaire : une « erreur stratégique » des dirigeants européens aux conséquences désastreuses pour l’économie et les ménages


Lors du deuxième sommet sur l’énergie nucléaire, organisé mardi 10 mars 2026, à Paris, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait un aveu qui a stupéfié de nombreux participants et les observateurs avertis du secteur de l’énergie. Elle a reconnu que le choix, posé par l’Europe, il y a plusieurs années, de tourner le dos au nucléaire était une « erreur stratégique ». Dans la foulée, elle soulignait aussi que l’atome est une source d’énergie « fiable, abordable et peu émettrice de CO2 ». Elle aurait pu poursuivre aisément son analyse en reconnaissant que le nucléaire était aussi bénéfique pour l’environnement et pouvait contribuer à lutter contre le réchauffement climatique. Mais soit.

Mieux vaut tard que jamais, mais cette confession de la présidente de l’exécutif européen a de quoi énerver les défenseurs de l’énergie nucléaire qui, pendant toutes ces années, ont tenté de convaincre les dirigeants européens qu’ils faisaient fausse route et que la condamnation de l’atome au profit des énergies renouvelables était préjudiciable à plusieurs niveaux.

Ils avaient alerté sur les conséquences désastreuses de la mise au ban du nucléaire pour l’économie européenne, car elle risquait d’entraîner une augmenter de la facture d’énergie pour les entreprises et l’industrie. Les ménages aussi risquaient de voir leur ardoise énergétique grimper. Par ailleurs, ils avaient aussi prédit que le renoncement au nucléaire allait entraîner une perte de compétences et détourner les jeunes de cette filière d’étude dans les universités.

Malgré des prévisions qui se réalisaient et l’effondrement économique, l’Europe et plusieurs de ses dirigeants se sont drapés dans un dogmatisme coupable qui a entraîné et a renforcé la dépendance énergétique du vieux continent.

Malgré des prévisions qui se réalisaient et l’effondrement économique, l’Europe et plusieurs de ses dirigeants se sont drapés dans un dogmatisme coupable qui a entraîné et a renforcé la dépendance énergétique du vieux continent vis-à-vis de pays comme la Russie. Ce faisant, ils ont progressivement asséché l’économie européenne au profit d’acteurs asiatiques ou encore américains. Même le développement des énergies renouvelables s’est fait avec des produits, notamment chinois, fabriqués à bas coûts, qui ont inondé les marchés européens au grand désarroi des industriels locaux.

Cet aveuglément des dirigeants européens, sous la pression des partis écologistes, est une faute grave qui mérite des sanctions à la hauteur des conséquences néfastes qu’il a entraînées. La France et l’Allemagne qui sont les moteurs de l’économie européenne avaient enclenché le processus de bannissement du nucléaire des sources de production d’énergie. La Belgique aussi leur a emboîté le pas au point de voter carrément, en 2003, une loi de sortie du nucléaire comme source de production industrielle d’électricité sur son territoire belge à partir de 2025.

On peut reconnaître qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis, mais la prise de conscience des dirigeants européens, la présidente de l’exécutif communautaire en tête, ne suffit pas. Ils avaient créé une incertitude conduisant à une imprévisibilité qui a freiné des investissements au profit de l’économie européenne. Des dizaines de milliers d’emplois ont été perdus, voire n’ont pas été créés à cause de cette « erreur stratégique ».

L’Europe doit désormais appuyer à fond sur l’accélérateur pour soutenir son industrie et ses entreprises afin de sauver son économie désormais cannibalisée par l’Asie.

L’Europe doit désormais appuyer à fond sur l’accélérateur pour soutenir son industrie et ses entreprises afin de sauver son économie désormais cannibalisée par l’Asie. Elle doit notamment revoir son système d’aides d’Etat illégales qui empêche les pays membres de voler au secours de leurs entreprises en cas de retournement négatif de conjoncture.

(De gauche à droite) Le président français Emmanuel Macron, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), posent lors du Sommet sur l’énergie nucléaire à Seine Musicale, à Boulogne-Billancourt, près de Paris, le 10 mars 2026. Abdul Saboor / POOL / AFP


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