Avec près de 400 millions de locuteurs, le français devient la 4ème langue la plus parlée au monde
BELGA Avec près de 400 millions de locuteurs, le français devient la 4ème langue la plus parlée au monde
Publié le 16 mars 2026 par Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le rapport de plus de 200 pages souligne l’importance stratégique et l’état des lieux de « La langue française dans le monde » confirme une transformation profonde : le français progresse, change de centre de gravité et s’impose comme une langue d’avenir. Il devance désormais l’arabe standard. Présenté à Québec par la secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo, ce document met en lumière une réalité en faveur de la langue française : 396 millions de locuteurs en 2025 (321 millions dans le rapport de 2022), 590 millions attendus en 2050, mais une influence qui dépend désormais de choix éducatifs, numériques et politiques. L’Afrique est l’épicentre de la langue française : 65% des Francophones vivent sur le continent.
Une langue mondiale, entre progression et redéfinition
La matinée s’ouvre dans un cadre protocolaire maîtrisé, au ministère des Relations internationales du Québec. Discours officiels, salutations diplomatiques, séquence attendue. Mais très vite, le lieu lui-même prend sens. Québec ne joue plus un rôle symbolique : il s’impose comme un point d’ancrage stratégique de la Francophonie.
« C’est à partir du Québec […] que j’ai l’honneur de vous communiquer les principaux résultats de ce rapport 2026 sur la Langue française dans le monde », déclare Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’OIF.
La République démocratique du Congo (RDC), abrite, à elle seule, 112 millions d’habitants, dont 51% de Francophones.
À ses côtés, Mohamed Embarki, responsable de l’Observatoire de la francophonie, précise : « Compter les francophones, ce n’est pas seulement produire un chiffre », mais « saisir une dynamique vivante ».
Car le chiffre est là : 396 millions de locuteurs (321 millions estimé dans le rapport de 2022). La République démocratique du Congo (RDC), abrite, à elle seule, 112 millions d’habitants, dont 51% de Francophones. Le français devient la 4ᵉ langue la plus parlée au monde. Mais la méthode évolue. Elle intègre désormais les trajectoires d’apprentissage dès les premières années de scolarisation. Le français n’est plus seulement transmis, il est appris, construit et choisi.
L’Afrique, cœur battant d’une Francophonie en mouvement
Un basculement s’impose dans le rapport : la géographie du français change. Aujourd’hui, 65% des Francophones vivent en Afrique. Ils pourraient être 9 Francophones sur 10 sur le continent, sur un total estimé à 590 millions en 2050. « Le français devient de plus en plus une langue africaine », affirme Louise Mushikiwabo, assumant ce déplacement du centre de gravité linguistique.
Le français devient de plus en plus une langue africaine.
Dans les échanges, une question circule : qui porte la langue française aujourd’hui ? Et depuis où se construit-elle ? La réponse se pluralise, portée par une jeunesse nombreuse, plurilingue et mobile.
Au cœur de cette dynamique : l’éducation. Des millions d’élèves apprennent le français dans des contextes variés. La langue circule, s’adapte, se transforme.
Numérique, économie, diplomatie : les défis d’influence
Mais cette expansion reste conditionnée. Le français est la 4ᵉ langue sur Internet, mais sa visibilité demeure fragile face aux logiques dominantes. « C’est un défi important », évoquant la place du français dans les environnements numériques et l’intelligence artificielle souligne le rapport.
Nous n’allons pas nous limiter à lancer un rapport tous les quatre ans. Nous allons faire vivre ce rapport entre deux lancements.
Pour y répondre, l’OIF change de méthode. « Nous n’allons pas nous limiter à lancer un rapport tous les quatre ans. Nous allons faire vivre ce rapport entre deux lancements », insiste Louise Mushikiwabo. Une nouvelle plateforme numérique doit permettre un suivi continu des données et des usages.
Sur le plan international, le constat est plus préoccupant. « Un monolinguisme » tend à s’imposer dans certaines enceintes, alerte la secrétaire générale. À Bruxelles notamment, le français recule, y compris dans des espaces où siègent des États francophones.
Faits et chiffres clés
- 396 millions de locuteurs francophones
- 4ᵉ langue la plus parlée au monde
- 170 millions d’apprenants
- 2ᵉ langue étrangère la plus étudiée
- 3ᵉ langue de l’économie et des affaires
- 65 % des francophones vivent en Afrique
- 590 millions de locuteurs attendus en 2050
- 4ᵉ langue sur Internet
Une Francophonie en projection
De Québec à Phnom Penh, où se tiendra le prochain Sommet de la Francophonie, le rapport s’inscrit dans une perspective politique plus large. Traduit en plusieurs langues, dont le khmer, il s’ouvre à un dialogue élargi.
« Ce rapport est l’un des outils les plus attendus par la communauté francophone tout entière », rappelle Louise Mushikiwabo en citant la préface de la Reine mère du Cambodge.
Ce rapport est l’un des outils les plus attendus par la communauté francophone tout entière.
Au terme de la matinée, une impression domine : le français progresse, mais rien n’est acquis. Son avenir dépend de choix éducatifs, numériques, économiques, diplomatiques.Une langue vivante, en expansion, mais encore en quête d’équilibre.
Et une question, en filigrane : la Francophonie saura-t-elle transformer cette dynamique en véritable projet commun ?
Hamid Chriet
(Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, photographiée lors d’une réception donnée à l’occasion de la Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, le dimanche 27 septembre 2020. BELGA PHOTO HATIM KAGHAT)
