Former Senegalese President Macky Sall speaks during a hearing to be considered as the next Secretary-General of the United Nations at UN headquarters in New York on April 22, 2026. Sall is among four candidates vying for the position currently held by Portugal's Antonio Guterres. CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Macky Sall, l’ancien président du Sénégal, a officiellement annoncé sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies pour succéder au Portugais António Guterres, en fonction depuis le 1er janvier 2017 et dont le mandat se termine le 31 décembre 2026. Avec le soutien du Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine, il s’engage dans une compétition diplomatique de premier plan, dans un contexte de tensions politiques dans son pays. Le Sénégal, son propre pays, n’a pas parrainé la candidature de son ancien président. Mais elle est soutenue par plus de 40 pays. Quatre candidats sont en lice pour le pàoste de secrétaire général de l’ONU.
La candidature a été déposée début mars au siège de l’ONU à New York par le représentant burundais. Fait marquant : le Sénégal n’a pas parrainé son ancien chef d’État, une situation peu courante dans le processus onusien.
Une candidature qui fait débat au sein de l’Union africaine
Selon les règles de l’organisation, tout candidat peut être présenté par un Etat membre, sans que cela soit obligatoirement le sien. Mais le fait que le Sénégal n’ait pas présenté la candidature de son ancien président, ou à tout le moins, ne lui ait pas apporté son soutien, interpelle.
Selon les règles de l’organisation, tout candidat peut être présenté par un Etat membre, sans que cela soit obligatoirement le sien.
Cette situation a provoqué d’ailleurs des discussions au sein de l’Union africaine (UA), l’organisation intergouvernementale d’Etats africains (55 pays membres). C’est elle qui a remplacé l’Organisation de l’unité africaine (OUA).
Plusieurs pays membres émirent des réserves, estimant que la candidature de Macky Sall ne faisait pas l’unanimité sur le continent. Malgré tout, 41 pays ont finalement soutenu la candidature l’ex-président sénégalais. Il bénéficie aussi de soutiens au sein de la classe politique et de la part d’organisations de sociétés civiles.
Climat politique tendu à Dakar
L’annonce de la candidature de Macky Sall intervient alors que le Sénégal traverse une transition politique, marquée par l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. En effet, les nouvelles autorités ont lancé plusieurs enquêtes sur la gestion de Macky Sall entre 2012 et 2024, pointant notamment des irrégularités financières et la répression des manifestations politiques qui ont émaillé la fin de son mandat.
Les nouvelles autorités sénégalaise ont lancé plusieurs enquêtes sur la gestion de Macky Sall entre 2012 et 2024, pointant notamment des irrégularités financières et la répression des manifestations politiques.
Ces tensions n’ont pourtant pas entamé la détermination de l’ancien chef de l’Etat, qui continue de compter sur des soutiens diplomatiques dans plusieurs capitales africaines et occidentales, où il a cultivé une image d’homme de dialogue et de stabilité tout au long de ses deux mandats.
Ce montage photo, réalisé le 16 avril 2026, montre (de gauche à droite) le président sénégalais Macky Sall, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, la Secrétaire générale de la CNUCED, Rebeca Grynspan, et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi. (Fabrice COFFRINI, Juan Mabromata, Cris BOURONCLE, Simon Wohlfahrt / AFP).
Une concurrence diplomatique mondiale très rude
Le processus de sélection du prochain secrétaire général s’annonce particulièrement géopolitique. Parmi les autres candidats figurent l’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet ; le diplomate argentin et aussi directeur général de l’agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi ; ainsi que l’ancienne ministre et ancienne vice-présidente costaricaine Rebeca Grynspan. Ce qui donne une forte présence latino-américaine, une région qui n’a eu jusqu’à présent qu’un seul Secrétaire général (le péruvien, Javier Pérez de Cuéllar entre 1981 et 1991). L’Afrique en a eu deux : l’Egyptien, Boutros Boutros Ghali (1991-1996) et le Ghanéen, Kofi Anan (1996-2006).
La tradition non écrite de rotation régionale pourrait jouer en leur faveur, tandis que plusieurs pays militent pour qu’une femme accède enfin à ce poste suprême.
La tradition non écrite de rotation régionale pourrait jouer en leur faveur, tandis que plusieurs pays militent pour qu’une femme accède enfin à ce poste suprême.
Les auditions des quatre principaux candidats se déroulées, mercredi 22 avril, au siège de l’ONU à New York. Macky Sall y défend une vision centrée sur la réforme du multilatéralisme et sur « une ONU plus efficace et plus proche des réalités du Sud », selon son équipe de campagne.
Entre ambition continentale et scepticisme international
Si sa longue expérience — à la tête du Sénégal, de l’Union africaine et de la Cedeao — constitue un atout, Macky Sall devra convaincre les membres permanents du Conseil de sécurité, dont le veto peut bloquer toute candidature. Ses détracteurs estiment que son profil reste marqué par une gouvernance autoritaire et contestée, un handicap possible face à des candidats porteurs d’un message de renouveau.
La décision finale interviendra dans les prochains mois, après les délibérations du Conseil de sécurité. Le successeur d’Antonio Guterres prendra officiellement ses fonctions le 1er janvier 2027.
Entre ambitions diplomatiques et héritage controversé, Macky Sall joue sans doute l’une des dernières grandes cartes de sa carrière politique, un pari à la fois africain et personnel sur la scène mondiale.
Serigne Saliou Leye (au Sénégal)
(L’ancien président sénégalais Macky Sall s’exprime lors d’une audition au siège de l’ONU à New York, le 22 avril 2026, afin d’être pressenti pour le poste de prochain secrétaire général des Nations Unies. M. Sall figure parmi les quatre candidats en lice pour succéder au Portugais António Guterres. CHARLY TRIBALLEAU / AFP).
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