En raison de l’escalade de l’agression militaire russe en Ukraine, ce 28 septembre, la Commission européenne a proposé un huitième train de sanctions à l'encontre de Moscou. L’objectif : fermer progressivement tous les robinets au Kremlin. Alors que les mesures proposées comprennent de nouvelles restrictions commerciales et un plafonnement des prix du pétrole pour les pays tiers, Investigate Europe en collaboration avec Reporters United révèlent qu’un vaste réseau de navires européens continuent de transporter des milliards d'euros de combustibles fossiles et aident donc à maintenir à flot l’économie de Vladimir Poutine. L’enquête transfrontalière met en évidence que 55% des exportations d’énergies fossiles russes sont transportées par des cargos de la flotte européenne. Ils sont plus de 1500 à avoir quitté des ports russes entre le 24 février et le 31 août dernier, à destination de l’UE. Ce commerce correspond-t-il aux intérêts de l’Europe ? L’efficacité des sanctions n’est-elle pas torpillée ? Depuis l’invasion de l’Ukraine, l’Union Européenne a décidé de se passer du gaz, du pétrole et du charbon russe dont elle dépend depuis longtemps. Cette sanction stratégique vise à faire pression sur Vladimir Poutine. Les ports européens sont donc considérés comme officiellement fermés aux navires russes. Seuls les transports exceptionnels, tels que les denrées alimentaires, sont autorisés. La réalité est cependant toute autre. Dans une grande enquête, Investigate Europe et Reporters United ont identifié quels ports ont reçu des cargaisons de combustibles fossiles et quand. Ils ont croisé plusieurs données publiques, analysé les routes maritimes, étudié les cargaisons et suivi les livraisons.

55 % des exportations russes

L’analyse d’Investigate Europe et Reporters United montre que 1513 bateaux ont quitté des ports russes entre le 24 février et le 31 août, à destination de l’UE. L’équivalent de 55 % du total des exportations russes depuis le début de la guerre (calcul en TPL, Tonne de Poids en Lourd,  l’unité de mesure qui correspond à la capacité du chargement d’un navire, y compris le navire et son équipage).

Dans un pays où il devient coutume ces dernières années que tout le monde, même les personnes plus improbables, puisse gouverner au gré des coups de cœurs politiques, l'Italie est à nouveau tombée amoureuse, cette fois de la postfasciste Giorgia Meloni. À 45 ans, Giorgia Meloni est la leader du parti d'extrême-droite Fratelli d'Italia, favorite dans les sondages pour succéder à Mario Draghi lors des élections législatives de ce dimanche 25 septembre. Si tel devait être le cas, elle deviendrait la première femme Première ministre en Italie. Ex-admiratrice de Benito Mussolini, elle deviendrait également la première cheffe de gouvernement d'extrême-droite en Italie depuis la chute du Duce en 1945, le fondateur du fascisme, proche du régime d'Hitler, entré dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne nazie. « Nous défendrons Dieu, la patrie et la famille », ce slogan de Giorgia Meloni suffira-il à effacer dans les esprits d’un électoral volatile que c’est bien à la droite de la droite que Giorgia Meloni a bâti toute sa carrière politique ? Le suspens est à son comble dans la botte italienne alors que la candidate est peu plébiscitée chez les moins de 35 ans. Giorgia Meloni est issue d'une famille relativement aisée résidant dans un quartier huppé de Rome. C’est sa mère, Anna Paratore, déjà militante à l’extrême de la droite, qui lui transmettra le goût pour la politique. A 15 ans à peine, celle qui deviendra la plus jeune vice-présidente du Parlement de toute l’histoire italienne découvre le Mouvement social italien (MSI), l’héritier du parti fasciste dissous à la fin de la Deuxième guerre mondiale. Elle fréquente les réunions de la jeunesse néofasciste et noue quelques amitiés solides. Elle ne cache pas alors son admiration pour le Duce.

Le coin le plus sombre de l’échiquier

Face à la caméra d’une équipe de France 3, venue tourner un reportage sur cette jeune militante de l’alliance de droite conduite par Silvio Berlusconi aux élections législatives de 1996, elle affirme : « Moi, je crois que Mussolini, c'était un bon politicien, tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour l'Italie ». Parfois comparée à Marion Maréchal en France, que pensent les Italiens de Giorgia Meloni ? Est-elle une femme à la fois suffisamment forte pour redresser le pays et assez charismatique pour souder la société italienne minée par diverses crises ? Si elle est élue, ce dimanche, apportera-t-elle des changements progressistes ? Au mois d’août dernier, elle déclarait au quotidien La Stampa : « il n’y aura aucune ambiguïté sur le fascisme de notre part : si nous gagnons, il n'y aura pas de dérive autoritaire. La droite italienne a relégué le fascisme dans l'histoire depuis des décennies ».

De Draghi à Meloni : une percée calculée

S’il fallait résumer les raisons de la percée politique de Giorgia Meloni ces dernières années en Italie, sans doute faudrait-il insister sur son refus de participer, en 2021, au gouvernement d’union nationale de Mario Draghi. Alors que l’ensemble des partis politiques, y compris la Ligue du Nord de Matteo Salvini, acceptaient la main tendue de l’ancien président de la Banque centrale européenne, Giorgia Meloni choisit alors de faire de son parti, Fratelli d’Italia, le seul parti d’opposition. Un an et demi plus tard, le pari est en passe d’être gagné. Profitant du mécontentement des Italiens, face à une gauche fragmentée, la candidate aux législatives italienne est donnée favorite dans les sondages pour devenir la future Première ministre. Mais cela suffira-t-il ?

La Présidente de l’exécutif européen est sous le feu des critiques. Alors que Matteo Salvini, le leader de la Ligue du Nord, exige des excuses ou la démission d’Ursula von der Leyen, qui a évoqué ce vendredi 23 septembre « les instruments européens » à la disposition pour sanctionner d’éventuelles atteintes aux principes démocratiques de l’UE en cas de victoire des ultra-conservateurs aux législatives italiennes, les polémiques s’additionnent à  l’encontre de la chrétienne-démocrate allemande (CDU). Qu’est-il reproché à Ursula von der Leyen ? Plusieurs ratés politiques et déclarations controversées qui poursuivent, depuis Berlin, celle qui a été élue de justesse en 2019 à la tête de la Commission européenne. Mauvaise gestion budgétaire, consultants grassement payés, voyages en jet privés peu écologiques, Pfizer SMS-gate, un soutien à Varsovie contesté, une crise énergétique chaotique, retour sur ces affaires qu’elle n’aime pas voir resurgir et qui alimentent une impopularité grandissante. C’est un parcours à l’Europe qui est loin d’être un long fleuve tranquille En 2019, la ministre allemande de la Défense est devenue la première femme à la tête de l’exécutif européen avec une courte majorité (383 voix sur 747, soit 51,3 %). Elle démissionne alors du gouvernement allemand, et rejoint la commission le 1er décembre de la même année, malgré une certaine impopularité. En Allemagne, sa popularité est sous la barre des 30 %. Selon une étude d'opinion réalisée pour le quotidien Bild, les Allemands la perçoivent comme la deuxième personne la moins compétente au Gouvernement. Après le Conseil européen de juillet 2019, seuls 33 % des Allemands sondés par l’institut Infratest Dimap estiment qu’elle ferait une bonne présidente de la Commission européenne.

Une mauvaise gestion budgétaire

Bénéficiant d’une popularité relativement élevée en Allemagne, à partir de 2005, Usula Von der Leyen, voit les bonnes opinions en sa faveur diminuer lors de son passage au ministère de la Défense dès le mois de décembre 2013. Alors que l’armée lui reproche ses méthodes de travail, elle est régulièrement accusée de mauvaise gestion du budget de son ministère. Arrivée pour mettre de l’ordre dans les contrats d’armement et remédier à l’obsolescence du matériel militaire, il lui est reproché de n’accomplir cette mission que partiellement. Des avions de chasse et de transport militaire resteront cloués au sol et de nombreux hélicoptères ne seront jamais été remis en état de voler.

Au cœur des soupçons …

En début de mandat, Ursula Von der Leyen s’était pourtant s'engagé à mieux gérer le budget pour le matériel militaire après avoir publié un rapport préparé, à sa demande, par des consultants, conseillers et autres sous-traitants privés dont KPMG, sur les échecs répétés du contrôle des fournisseurs, des coûts et des délais de livraison.

À deux mois du début du Mondial de football le 20 novembre prochain au Qatar, Amnesty International dévoile un documentaire sur la dramatique situation vécue par les ouvriers sur les chantiers de la Coupe du Monde : 95 % de la main-d’œuvre du pays est...