COVID-19

Variant Omicron : le nouveau défi vaccinal à l’Europe


Le nouveau variant fait souffler un vent de panique. Si les premières tendances se confirment, Omicron risque de devenir majoritaire en Europe début 2022, estime l’agence de l’Union européenne chargée des maladies. Un mois seulement après son identification en Afrique du Sud, il a déjà été détecté dans près de 80 pays et progresse de manière fulgurante. Couvre-feu,  fermeture de lieux-publics et reconfinement, à une semaine de Noël, les restrictions se multiplient dans plusieurs Etats-membres. L’Europe tente d’endiguer la déferlante. Des vaccins adaptés et une approche commune sont la priorité.

Baptisé de la lettre grecque Omicron par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le variant a été signalé pour la première fois au Botswana avant d’être détecté en Afrique du Sud, qui en a fait l’annonce le 25 novembre dernier. Dès le lendemain, le nouveau variant a été classé « préoccupant » par l’OMS. Dans un rapport publié le 15 décembre, l’agence européenne des maladies infectieuses (ECDC) basé à Stockholm affirme que « le nouveau variant pourrait causer plus de la moitié des infections provoquées par le virus SARS-CoV-2 dans l’Union européenne d’ici les prochains mois ». « Une approche coordonnée des 27 est indispensable », a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet européen des 16 et 17 décembre dernier.

Des vaccins adaptés

Si beaucoup de craintes restent pour l’heure encore théoriques, Omicron possède un nombre de mutations inédit d’un point de vue génétique, dont une trentaine dans la protéine spike, la clé d’entrée du virus dans l’organisme.
Des données préliminaires font état d’une plus grande transmissibilité de ce nouveau variant et d’une capacité à échapper aux anticorps générés par une infection ou deux doses de vaccin. «  J’ai informé les dirigeants que nos contrats [avec les fabricants de vaccins] prévoient que les entreprises développeront des vaccins adaptatifs si cela est demandé dans les 100 jours. Je suis heureuse de vous informer que les États membres ont accepté de déclencher une première tranche de plus de 180 millions de doses supplémentaires de vaccins adaptatifs dans le cadre de notre troisième contrat avec BioNTech/Pfizer  », a-t-elle ajouté.
Les principaux fabricants de vaccins tels que Moderna, Pfizer/BioNTech et Johnson & Johnson ont déjà commencé des tests pour augmenter l’efficacité de leurs vaccins contre le variant Omicron.

Une approche commune complexe

La propagation d’Omicron conduit certains pays à s’écarter d’une approche commune en matière de liberté de circulation au sein de l’Union. L’Italie a ainsi introduit des tests PCR obligatoires pour les voyageurs vaccinés. Les nouvelles règles, annoncées par le gouvernement italien mardi 14 décembre, suspendent de facto l’application du système européen de pass sanitaires. Le modèle italien semble gagner du terrain dans l’ensemble du bloc, d’autres pays comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande font de même. A l’inverse, l’Allemagne et la France entendent préserver la liberté de mobilité intra-européenne, ce qui crée des tensions.

Une validité limitée à 9 mois

Certificat de vaccination Covid, vaccination obligatoire, Omicron est un nouveau défi pour l’Europe. Se coordonner au niveau des 27 est cependant complexe dans la mesure où les politiques de santé restent avant tout une compétence nationale. Afin de préserver une approche commune à tout le moins sur les rappels de vaccin, la Commission européenne a annoncé qu’elle présenterait un acte délégué qui recommande des rappels au plus tard six mois après la vaccination complète, le pass sanitaire restant valable pendant une période de grâce de trois mois, ce qui porte sa validité totale à 9 mois en l’absence de dose de rappel. Cet acte délégué, qui a une valeur contraignante, devrait entrer en vigueur au mois de février prochain.