POLITIQUE

Face au refus du ministre Vandenbroucke de faire marche arrière, le secteur culturel entre en résistance toute!

philippe Baldelli

La réunion de ce matin par visioconférence entre le ministre fédéral de la Santé Franck  Vandenbroucke et des membres du secteur de la culture, s’est soldée par un échec. Les fédérations francophones et néerlandophones du secteur culturel ont tenté de réaffirmé leur demande d’une convocation immédiate d’un nouveau CODECO pour annuler la décision de fermeture de la culture  et la réouverture du secteur culturel dans des conditions similaires à celles qui ont été instaurées avec des jauges, des masques et le CST. Face au refus du ministre Franck Vandenbroucke « d’accéder immédiatement aux revendications », les fédérations lui ont claqué la porte au nez. Les actions de résistance se poursuivront ont-elles décidé. Sur le terrain, les gestionnaires de salles de spectacles haussent les épaules.

Ce matin, la réunion à distance entre le ministre de la Santé et les fédérations du secteur culturel s’est mal terminée. Le ton monte entre le secteur culturel et le Fédéral. Face au refus du ministre de la Santé de faire marche arrière, le secteur entend faire de même.  Conséquence : la concertation avec le cabinet de la santé est à l’arrêt « jusqu’à l’annonce formelle de la révision de la fermeture de la culture le 22 décembre dernier », commente les fédérations du secteur culturel par voie de communiqué.
Ces dernières annoncent aussi qu’elles poursuivront « des actions de résistance pour l’ouverture de certains lieux et la reprise des activités avec public ».

C’est fou !, on reste dans la même dynamique, le Fédéral ne change rien

Franck Vandenbroucke aurait proposé de mettre en place un déconfinement progressif du secteur dont personne ne connait le calendrier, cet agenda n’étant même pas prévu sur la table du Codeco. Franck Vandenbrouke comptait revoir les acteurs de la culture l’année prochaine… soir mardi  4 janvier… Le ministre envisagerait un déconfinement progressif à condition que l’épidémie s’avère maitrisable et qu’il ne faille pas s’attendre à un engorgement du système des soins, il pourrait proposer à très court terme au Codeco un socle minimum pour les activités et événements culturels.

Un mouvement de résistance en marche 

A l’annonce de ce refus du ministre de reculer, la volonté de résister demeure plus forte que jamais. A Liège, le mouvement Solidarité Culture Liège, né durant le premier confinement, prévoit de se rencontrer ce mercredi soir au Manège de la Caserne Fonck afin d’ouvrir le débat sur la suite à donner.  Lancé en mai 2020 sur base d’un Appel à la Solidarité et Considération pour le tissu culturel et associatif liégeois, Solidarité Culture Liège est un groupe ouvert au sein duquel les décisions se prennent par consentement. Le mouvement rassemble près de 350 ASBL culturelles et 2.000 signataires et celles-ci ne cessent d’affluer depuis trois jours.

« Heureusement, oserai-je dire que Vandenbroucke n’a pas seul le pouvoir de décision de faire marche arrière, preuve qu’il reste un peu démocratie », réagit Pierre Clément, Coordinateur du Manège de la Caserne Fonck (Festival de Liège).
« Ce qui est inadmissible par contre c’est de voir les même arguments ressortir encore et encore depuis deux ans: la crainte de voir les soins intensifs exploser par exemple. Le refinancement des hôpitaux n’est pas mis sur la table, ni l’augmentation des transports en commun, bondés, comme on le sait, ni même la facilitation de disposer de tests antigéniques à l’entrée des lieux culturels ou la distribution ou gratuité des masques FFP2 qui coûtent un pont!, c’est fou, on reste dans la même dynamique, le Fédéral ne change rien »,
balance-t-il

Ce mercredi, le mouvement se rassemblera à 18h afin d’évaluer la situation et envisager la suite. « Nous allons poursuivre la résistance jusqu’au bout. Demain soir, nous allons voir de quelle manière nous allons pouvoir soutenir les théâtres, le secteur à long terme. Il n’est plus question de s’arrêter. Par ailleurs, des contacts sont en cours avec des acteurs du secteur à Namur et à Bruxelles, la coordination ne devrait plus tarder, on l’espère », conclut-il.

Mais d’ores et déjà les positions semblent fermes pour les acteurs entrés en résistance depuis dimanche dernier. « Peu importe le refus du ministre, on restera ouvert », commente Sarah Cirri, responsable du Théâtre liégeois le Moderne.