PATRIMOINE

« Cap sur nos Trésors ! », des capsules pour découvrir les objets classés en Fédération Wallonie-Bruxelles


Vous faites quoi ce week-end? Notre pays regorge de pièces exceptionnelles à découvrir. Pour s’en faire une idée, voilà une astuce. La Direction du Patrimoine culturel  de la Fédération Wallonie-Bruxelles propose depuis peu une série de capsules vidéo intitulées « Cap sur nos Trésors ! ». L’objectif faire connaitre nos trésors patrimoniaux exposés en nos musées de Bruxelles et de Wallonie. Premier volet de ces capsules balancées sur Youtube : l’éléphant d’Asie naturalisé au Musée d’histoire naturelle et Vivarium de Tournai.

Christophe Remy, conservateur au Musée d’histoire naturelle et Vivarium de Tournai, présente depuis l’automne 2017, probablement le plus vieil éléphant naturalisé de Belgique, classé Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles. A travers l’une des capsules de l’opération « Cap sur nos Trésors ! », il offre la visite de sa pièce rare, depuis Tournai, jusqu’à chez vous.

« L’éléphant d’Asie naturalisé au Musée d’histoire naturelle et Vivarium de Tournai est tout-à-fait exceptionnel car les quelques autres cas d’éléphants naturalisés en Belgique sont originaires d’Afrique », commente-t-il. Le plus connu du public, celui de Tervuren, date seulement de 1958.

Tournai fut la première ville de Belgique à posséder un animal spectaculaire de cette importance.

Parcours d’une intégration réussie

Pour la petite histoire, la peau tannée de l’animal devenu célèbre a été livrée en 1839 à Tournai; son montage a été réalisé en 1841 par le préparateur du musée, Jean-Baptiste Loucheur. Tournai devient ainsi la première ville de Belgique à posséder un animal spectaculaire et de cette importance. Son histoire est  bien connue grâce à des lettres adressées par Monsieur Deyrolle, naturaliste à Paris, à Barthélemy Dumortier, homme politique tournaisien et botaniste-naturaliste réputé.

L’éléphant est également lié étroitement à la création du Musée d’Histoire naturelle de Tournai et plus globalement à l’intérêt pour les sciences naturelles qui se développe dès le début du XIXème siècle.

Les musées d’histoire naturelle sont en plein essor et ont comme objectif de présenter au mieux la vie animale et les espèces découvertes lors des expéditions. Depuis lors, malheureusement, l’éléphant est devenu une des nombreuses espèces en voie d’extinction. La présentation thématique à Tournai n’élude d’ailleurs pas les questions de la conservation de la biodiversité et plus spécifiquement celles liées au commerce de l’ivoire. En 2002, l’éléphant est restauré grâce aux techniques les plus modernes.

Une pièce remarquable

L’éléphant d’Asie est une pièce remarquable dont l’intérêt dépasse le seul aspect scientifique. Il résume toute l’histoire et l’évolution du muséum lui-même. Il en va de même pour la taxidermie, passant d’un traitement basique au milieu du XIXème siècle pour utiliser les techniques les plus pointues du début du XXIème siècle. L’éléphant d’Asie est considéré par les Tournaisiens comme la pièce majeure représentative du Musée d’Histoire naturelle.

Retrouvez le vidéo ici

Un ouvrage pour aller plus loin

Retrouvez ce Trésor et bien d’autres dans la publication de la Direction du Patrimoine culture « Trésors classés en Fédération Wallonie-Bruxelles. Tome 2 » sortie en 2021.
Riche de 68 notices dédiées aux derniers biens mobiliers classés, cet ouvrage constitue la suite du premier volume paru en 2015 et permet, avec ce dernier, de présenter un tour d’horizon des 200 premiers trésors de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Abondamment illustrée, cette publication comporte également plusieurs articles abordant les critères de classement, les implications en matière de mouvements et de restaurations ainsi que différentes problématiques liées à la protection du patrimoine mobilier.