EXPOSITION

2020 en 150 instantanés, c’est le dernier week-end pour apprécier l’expo World Press Photo


LIEGE. Inauurée depuis le 30 octobre dernier, la 64 édition de l’exposition rassemblant les lauréats du prix World Press Photo 2021 à la Cité Miroir refermera ses portes ce dimanche 30 janvier à 18h. Ce concours annuel de photojournalisme récompensait les meilleurs clichés des photographes professionnels pour leurs meilleurs clichés et leur contribution au photojournalisme de l’année 2020. Pendant 3 mois, l’espace muséal installé dans les anciens bains de la Sauvenière, à l’initiative des Territoires de la Mémoire, a accueilli des milliers de visiteurs soit 8 760 à ce jour. Mi décembre, les organisateurs décidaient de la prolonger de quelques semaines encore. Il ne vous reste plus que quelques jours.

En 2019, 49 journalistes ont été assassinés et 389 ont été emprisonnés pour leur travail

Le concours World Press Photo a pour volonté de mettre à l’honneur la narration visuelle. Les clichés présentés pour cette nouvelle édition retracent les actualités fortes de 2020 telles que la pandémie de covid-19, le conflit israélo- palestinien ou les manifestations Black Lives Matter. Des histoires poignantes où la vie est tantôt tragique, tantôt terrifiante mais aussi pleine d’espoir sont raconté à travers 150 photos.

150 instantanés à couper le souffle

Pour autant, l’exposition ne se limite pas aux photographies. Elle présente également les lauréats du prix Digital Storytelling avec une sélection de neuf productions gagnantes, des reportages vidéo, longs et courts, et des réalisations interactives. Par exemple, Calling Back From Wuhan de Yang Shenlai et Tang Xiaolan, choisie par le jury comme vidéo en ligne de l’année.

Racontée par une série de conversations téléphoniques enregistrées, c’est le récit d’une famille au premier épicentre du covid-19. Les clips audio, qui contiennent les dernières paroles des membres de la famille, évoquent à la fois une histoire humaine intense d’amour, de douleur et de perte, et le traumatisme collectif d’une pandémie mondiale.

Réaliser, publier et voir des récits visuels dépend de la liberté d’expression, la liberté d’enquête et la liberté de la presse. Il existe de nombreux endroits dans le monde où ces libertés n’existent pas. Même dans les pays considérés comme ouverts, elles sont souvent menacées.

WPP, l’importance de la liberté de la presse

En 2019, 49 journalistes ont été assassinés et 389 ont été emprisonnés pour leur travail. De nombreux journalistes sont harcelés et font l’objet d’intimidations physiques. Des dirigeants politiques tentent de saper le travail journalistique en limitant les visas. L’influence des dirigeants des groupes de médias privés ne sont pas spécialement plus reluisant : mise à l’écart de reporters dérangeants pour les intérêts de groupe ou des actionnaires, réduction des rédactions proposant des contenus critiques et d’investigation.

Dans l’exposition, l’image de Nadia Buzhan montre Olga Sieviaryniec attendant son mari Paval à l’extérieur d’un centre de détention de la rue Akrestsin, à Minsk, au Bélarus, où il était en détention provisoire depuis le 7 juin 2020. Paval Sieviaryniec est un militant politique bien connu et a été arrêté alors qu’il recueillait des signatures pour soutenir les candidats qui se présenteront contre le président Alexandre Loukachenko dans sa tentative de briguer un sixième mandat. Le Bélarus est un pays où la liberté de la presse est faible, voire inexistante.

A travers l’expo World Press Photo revivez les grands moments tragiques souvent de cette année qui aura changé la face du monde et le fonctionnement de la société pour au moins deux ans, si ce n’est plus. On en ressort ébloui, épaté, touché, ému, bouleversé aussi parfois, mais on n’aurait pas voulu manquer ça.

World Press Photo
Cité Miroir, place Xavier Neujean – 4000 LIEGE
https://www.citemiroir.be/fr