ECONOMIE

Le fonds Cassini, nouvel eldorado du secteur spatial européen est né


L’Union européenne a officiellement lancé cette semaine mardi le fonds  Cassini d’un milliard d’euros, afin de soutenir le développement et la croissance des start-ups du secteur spatial européen. Objectif : stimuler l’investissement privé dans ce secteur économique en pleine croissance. Le fonds Cassini sera abondé par le Fonds européen d’investissement (FEI) et accompagnera les start-ups du spatial dans toutes leurs étapes de leur développement que ce soit dans le domaine des lanceurs et des satellites que dans la collecte et l’exploitation de données. Le fonds Cassini sera complété par un «instrument de dette» de la BEI pour permettre aux start-up spatiales d’avoir accès à des prêts.

En janvier 2021, le commissaire européen au Marché intérieur, le Français Thierry Breton voulait « positionner l’Europe comme hub de l’entrepreneuriat spatial dans le monde ». Un an plus tard, le Fonds Cassini est né. Doté d’un milliard d’euros, ce nouveau fonds vise à faire émerger de nouvelles licornes dans un secteur en rapide développement et à soutenir l’innovation et l’entreprenariat privé dans un secteur jusqu’à présent dominé par les programmes publics.

Un secteur qui a le vent en poupe

Le fonds Cassini, du nom du célèbre astronome du 17ème siècle, sera abondé par le Fonds européen d’investissement (FEI) et accompagnera les start-ups du spatial dans toutes leurs étapes de leur développement que ce soit dans le domaine des lanceurs et des satellites ( upstream) que dans la collecte et l’exploitation de données (downstream).
Au-delà du fonds, le fonds Cassini comprend également un dispositif spécifique d’emprunt auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI).  Des concours et des Hackathon seront également organisés au cours de l’année 2022 pour favoriser l’émergence des projets les plus innovants. Enfin, le programme propose de favoriser l’accès à l’espace pour les jeunes pousses devant faire la démonstration de leur technologie en orbite. L’ESA devrait lancer très prochainement un appel à propositions.

Pour l’Europe, Cassini est un dispositif clé pour rester dans la course au spatial. Selon Kris Peeters, vice-Président de la BEI, ce secteur représente aujourd’hui « plus de 10% de l’économie européenne et ses revenus devraient doubler au cours de la prochaine décennie ». Une accélération qui nécessite de « renforcer les soutien aux innovations et à la recherche liée à l’espace », a-t-il ajouté.

Accélérer les innovations made in UE

«Nombre de nos jeunes pousses ne peuvent pas obtenir d’investissements en capital suffisant dans l’UE lorsqu’elles ont besoin de se développer. Elles n’ont d’autre choix que de se tourner vers des investisseurs non-européens, c’est une perte majeure pour l’Europe. Le fonds Cassini va changer la donne», a affirmé le commissaire européen au Marché intérieur, en charge aussi du secteur spatial, Thierry Breton, lors de la 14ème conférence spatiale européenne à Bruxelles ce 25 janvier.

Le Fonds européen d’investissement va lui consacrer 300 millions d’euros à la croissance des PME du secteur, avec deux nouveaux investissements dans des sociétés de capital-risque.
« Ce fonds, lancé avec le Fonds européen d’investissement (FEI) sera doté «d’au moins un milliard d’euros sur les cinq prochaines années» et permettre de susciter des investissements privés supplémentaires », a encore commenté Thierry Breton. «La vitesse de développement du secteur spatial exige que nous accélérions notre soutien aux innovations, à la recherche et aux entreprises liées à l’espace», a-t-il encore plaidé.

Selon le directeur général du FEI (Fonds européen d’investissement), Alain Godard, chaque euro investi par le FEI draine «3 à 4 euros» supplémentaires de la part d’investisseurs privés. Ceux-ci sont trop souvent frileux à l’idée de se lancer seuls dans des investissements considérés comme risqués, conduisant 80% des start-up à financer leur croissance auprès de fonds américains ou asiatiques, a-t-il relevé. Le secteur spatial et ses applications terrestres représentent «plus de 10% de l’économie européenne et ses revenus devraient doubler au cours de la prochaine décennie», a de son côté justifié Kris Peeters, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), maison-mère du FEI.