Mischael Modrikamen : « Le contrôle selon le modèle chinois est le vrai scandale ! »

La commission Santé et Egalité de la Chambre a entamé les première auditions des experts désignés dans le cadre d’une éventuelle vaccination obligatoire contre le coronavirus Sars-Cov2. Si la volonté politique est d’aboutir à un consensus d’ici la fin février, les premiers experts entendus semblent réticents quant à cette option. Maître Mischael Modrikamen, qui leur a adressé un courrier le 25 janvier leur rappelant leur obligation de devoir de déclarer leurs éventuels conflits d’intérêts, est le conseil de certains citoyens opposés au passe vaccinal. L’occasion de faire le point sur la crise sanitaire avec un avocat qui s’est fait plutôt discret depuis qu’il a quitté la vie politique.
L-Post : Lorsque vous avez quitté le PP (Parti populaire), vous avez déclaré : « je ne veux plus apporter de caution à ce système ». Quelle leçon tirez-vous de votre passage en politique ?
M. Modrikamen : Je ne regrette absolument pas d’avoir osé l’expérience. J’ai le mérite d’avoir essayé, porté par une volonté de vouloir changer les choses. En revanche, j’ai pratiqué le système politique belge comme les médias wallons. Tout est à l’évidence fermé. Le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a été élu avec 3,5% des voix. Ici, vous faites 3% et vous êtes méprisés par les Nethys, Publifin et l’ensemble de notre « mal gouvernance ». J’ai ressenti le besoin en 2019 de passer à autre chose.
Je suis profondément choqué que l’on doive montrer patte blanche avec un QR Code
L-Post : Que répondez-vous à ceux qui affirment que vous êtes meilleur avocat que vous n’avez été homme politique ?
M. Modrikamen : J’accueille ce que je considère être un compliment pour l’homme de droit que je suis. Pour ce qui est de l’homme politique, j’ai fait du mieux que je pouvais avec ce que notre système autorise comme latitude et marge de manœuvre. Je reste persuadé qu’avec un minimum d’ouverture, nous aurions pu être associés au jeu politique. On avait un bon programme et des citoyens convaincus prêts à nous suivre.
L-Post : Que pensez-vous de la gestion politique de la crise sanitaire ?
M. Modrikamen : Prendre part au débat public, sans être dans l’action, c’est toujours extrêmement plus facile. Si l’on émet une critique, il faut venir avec des idées alternatives ou alors on s’abstient. Je ne m’estime pas qualifié pour prendre position sur les vaccins ou les traitements. En revanche, je me sens qualifié pour voir les abus, les conflits d’intérêts, les flux financiers et la manipulation des élites. Je suis profondément choqué que l’on doive montrer patte blanche avec un QR Code, comme j’ai été choqué de ces confinements successifs qui nous ont été imposés avec une telle violence et avec des conséquences économiques effroyables. On a laminé toute une partie de la classe moyenne, cataloguée de « non essentielle ». Sans parler des aînés que nous avons laissé mourir, du déficit d’éducation à l’université et des enfants que l’on masque.
L-Post : Si l’on siffle la fin de la pandémie, la Vivaldi va-t-elle se maintenir jusqu’en 2024 ?
M. Modrikamen : C’est difficile à dire. Une chose est sûre, on n’est plus dans un débat gauche/droite. On a ceux qui acceptent encore cette gestion politique, de gauche comme de droite, et ceux qui ne l’acceptent plus. A la dernière manifestation contre les mesures sanitaires, j’ai vu marcher ensemble dans les rues de Bruxelles des bobos de Watermael-Boitsfort, des bourgeois de Woluwe-Saint-Pierre, des étudiants de l’ULB, des arabes de Molenbeek. Je n’ai jamais vu autant de diversité de genre et de milieux au nom de nos libertés.
L-Post : Cautionnez-vous ces mesures qui nous ont été imposées ?
M. Modrikamen : Chacun en pense ce qu’il veut, mais c’est tout de même la première fois depuis le début de l’histoire de l’Humanité que l’on confine des gens en bonne santé. Quand aux chiffres qui nous sont annoncés depuis deux ans, la cohérence n’est certes pas le fil conducteur. La seule stratégie est la peur avec un vocabulaire de guerre intelligemment distillé. Et des promesses qui ne sont que des effets d’annonce. Un vaccin salvateur, ensuite une dose de rappel, puis une autre, puis un booster. Le seul résultat visible est aujourd’hui celui d’une adhésion qui s’effrite. Et ne parlons pas des dépressions, des violences conjugales et des addictions qui ont explosé.
La crise sanitaire a détruit le business de convivialité
L-Post : Qu’aurions-nous du faire ?
M. Modrikamen : Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas à la manœuvre. Mais, je peux faire des constats. Vous savez, Georges Clémenceau disait, « la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires ». On a donné trop de pouvoirs aux experts. Un homme d’Etat met en balance les risques d’un fait tel qu’une pandémie avec l’impact des décisions à prendre sur les autres problèmes sociétaux. On n’aurait jamais dû voir des Marc Van Ranst et Emmanuel André. D’autant plus que certains de ces experts ont des liens avec l’industrie pharmaceutique.
L-Post : On nous parle de relance de l’économie. Etes-vous optimiste ?
M. Modrikamen : La crise sanitaire a détruit le business de convivialité. Il y a un glissement qui n’enrichit que quelques personnes, les Amazone et autres. Ceci combiné à la disparition de l’argent physique et au droit de regard de plus en plus invasif du fisc. On utilise la législation sur le blanchiment d’argent pour se moquer des gens ordinaires. Les autres, rassurez-vous, ils sont déjà organisés depuis bien longtemps. Ce qui se joue, c’est le contrôle social selon le modèle chinois. Le vrai scandale qu’on ne nous dit pas, il est là.
Rien qu’en 2021, les vaccins ont rapporté 33,5 milliards d’euros à Pfizer.
L-Post : Pensez-vous que les Big Pharma sont aujourd’hui aux commandes dans le monde ?
M. Modrikamen : Ce n’est à tout le moins pas une entreprise philanthropique. C’est l’industrie la plus condamnée de l’histoire pour fraude et corruption. Il suffit de voir l’historique de Pfizer. Ces labos tout puissants ont aujourd’hui tout intérêt à ce que la crise se poursuive. Rien qu’en 2021, les vaccins ont rapporté 33,5 milliards d’euros à Pfizer.
On estime qu’il faudra débourser 135 milliards d’euros pour vacciner l’ensemble de la population mondiale. Ces chiffres astronomiques permettent aux Big Pharma d’asseoir un pouvoir tentaculaire. Ils irriguent les chercheurs et les influenceurs à tous les niveaux de décision. En quelques décennies, les laboratoires pharmaceutiques sont devenus des géants financiers. Plusieurs milliards de dollars sont versés chaque année à des grands fonds tels que BlackRock et Vanguard. Il n’y a pas de complot. Ce n’est pas un type qui tire les ficelles. C’est un état d’esprit général de totalitarisme sanitaire qui converge dans un seul sens.
L-Post : Face à ce constat, qu’est-ce qui vous effraie le plus ?
M. Modrikamen : L’idéologie globaliste qui veut nous uniformiser pour nous rendre interchangeables. Un peu partout les exécutifs prennent la main bafouant le principe de la séparation des pouvoirs. Le déséquilibre démocratique s’installe. C’est le véritable risque qui pèse sur les restrictions imposées à nos libertés car l’Humanité ne peut fonctionner que grâce à l’hétérogénéité, grâce à la valorisation de nos différences.
L-Post : La montée des extrêmes en est-elle le dommage collatéral ?
M. Modrikamen : A l’offensive globaliste, s’ajoute une crise de l’Occident. Les valeurs, la famille, nos socles s’effritent. On « cancel », que ce soit l’histoire ou la culture. Tout est détricotage et cela ne va qu’en s’accentuant. Tout cela est contre-productif et cela fait un cocktail explosif. Les réactions extrêmes expriment une souffrance. Il y a des gens qui demeurent enracinés et qui ne veulent pas mourir « dépossédés ». Ce pourquoi, si je devais intervenir demain et porter des actions en justice, j’interviendrais pour tout le monde, quel que soit le courant de pensées. Mon combat ne serait pas politique, mais un combat universel pour la défense de nos libertés.
