Convoi de la liberté : des dérives policières françaises musclées

Voiture, camionnettes et camping-cars partis de tout l’hexagone, un convoi composé de citoyens opposés aux mesures sanitaires est rentré dans Paris ce samedi 12 février. Gaz lacrymogène, boucliers, barrières anti-émeutes, véhicules blindés, la police française a tout fait pour empêcher les manifestants d’avancer. Les 7 200 policiers et gendarmes mobilisés n’ont pas lésiné à repousser les contestataires de manière musclée. Les instructions de la préfecture étaient claires : faire preuves de fermeté. Plus de 500 P.V. ont été dressés et une quarantaine de personnes ont été interpellées. La ville de Paris s’est rapidement transformée en guérilla urbaine, mais le convoi a réussi à rejoindre les Champs-Elysées. Retour sur une journée mouvementée placée sous le signe d’une atmosphère électrique.
Un précédent canadien
Le mouvement pacifique « Convoi pour la liberté » s’est constitué sur le modèle de la mobilisation canadienne qui a paralysé Ottawa. Il rassemble des opposants au pass vaccinal qui réserve aux personnes immunisées contre le Covid-19 l’accès à bon nombre de lieux accueillant du public, mais aussi des manifestants aux revendications sociales, sur le pouvoir d’achat et le coût de l’énergie.
Les autorités françaises souhaitaient bloquer toute invasion de la capitale pour éviter un état de siège de la ville selon le modèle canadien. Le Premier ministre Jean Castex avait promis d’être inflexible. Mais, malgré des P.V. dressés pour « pour participation à une manifestation non autorisée », des voitures individuelles ont pu s’infiltrer sans être interceptées.
Des dérives policières musclées
Un important dispositif policier a été mis en place par la mairie de Paris. De nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux attestant d’interventions agressives, sans raisons apparentes.
Les autorités, sur le qui-vive, ont-elles craint de nouveaux « Gilets jaunes » au point de causer des dérapages violents pendant la manifestation ? « On n’est pas des anti-vax, des anarchistes, des nazis ou des terroristes comme nous en avons parfois écho », ont pourtant assuré les manifestants sur les réseaux sociaux. Leur mantra : « venir défendre leur liberté, leurs droits fondamentaux, le respect du référendum, l’accès inconditionnel aux soins, à l’éducation, à la culture et le respect des valeurs essentielles de notre constitution ».
Le ras-le-bol est général.
Un agenda politique à ne pas entacher
Certains participants souhaitent durcir le mouvement, appelant à un blocage pour provoquer des « ruptures d’approvisionnement en carburants et nourriture ». C’est ce qui ressort des messages postés sur Telegram et Twitter. A l’instar du mouvement des « Gilets jaunes », le « Convoi de la liberté » pourrait alors devenir otage de quelques extrêmes décidés à en découdre avec les forces de l’ordre, d’autant qu’aucune organisation syndicale n’a annoncé sa participation ou son soutien à la manifestation, ce qui aurait pu permettre un certain encadrement serein du mouvement.
Si les autorités réagissent aussi vivement, c’est sans doute que le souvenir des manifestations des « Gilets jaunes » est encore bien présent. Le « Convoi de la liberté » reprend en effet les traits du mouvement qui a marqué l’ère Macron. En période pré-électorale, ce genre de remous contrecarre très certainement l’agenda politique. Il n’est donc pas opportun de donner droit de citer à l’initiative.
Destination Bruxelles
Le groupe Facebook, créé le 26 janvier dernier, compte plus de 175.000 abonnés. « Les citoyens entendent récupérer leur liberté, leurs droits fondamentaux, l’accès inconditionnel aux soins, à l’éducation et à la culture, le respect des valeurs essentielles de notre Constitution », est-il indiqué en descriptif de page.« Le Canada nous a ouvert la voie. La convergence européenne pour nos enfants et tous les citoyens c’est maintenant ! », exhorte « Le Convoi de la liberté » français.
Prochaine destination : converger vers Bruxelles, capitale de l’Union européenne, le 14 février. Après Paris, le mot d’ordre des manifestants est donc de reprendre la route vers le siège de l’Europe. Les autorités belges ont d’ores et déjà déclaré qu’ils n’étaient pas les bienvenus . Mais, les manifestants sont prêts à tout pour arriver à être entendus coute que coute. Les forces de l’ordre belges sont en alerte. Il reste à savoir combien de personnes vont effectivement arriver. La police demande à tout le moins à la population de privilégier le télétravail ce lundi 14 février.
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