Moscou se moque bien des risques de sanctions occidentales en cas d’invasion du pays

Journaliste / Secrétaire de rédaction
AFPOuvertement, l’ambassadeur russe en Suède, Viktor Tatarintsev, a confié dans un entretien à un journal local que Moscou se moquait bien des risques de sanctions en cas d’invasion de l’Ukraine. Selon lui, elles sont même bénéfiques à différents secteurs économiques russes. Après l’indifférence européenne après l’annexion de la Crimée en 2014, ça peut sinon se comprendre, au moins être entendu. Pendant ce temps-là, les ressortissants étrangers fuient l’Ukraine.
Les propos prononcés, avec assurance, hier, par l’ambassadeur russe, à un journaliste suédois peuvent choquer. Mais il faut bien reconnaître aussi que face la crise en Crimée en 2014, suivie de l’annexion pure et simple de la région par les Russes, les Européens ont crié, menacé, évidemment puis se coucher gentiment. On est donc en droit de comprendre que les risques de sanctions ne font plus trembler Poutine.
« Pardonnez-moi l’expression, mais nous n’en avons rien à foutre de toutes leurs sanctions », a clairement confié, l’ambassadeur russe Viktor Tatarintsev, dans un entretien diffusé hier soir sur le site internet du journal suédois au Aftonbladet.
Les Occidentaux, Etats-Unis et Européens de l’ouest en tête, craignent que la Russie n’envahisse l’Ukraine voisine, et menacent Moscou de « fortes sanctions » économiques dans ce cas.
Selon le diplomate, les sanctions ont un effet positif sur l’économie et l’agriculture russes. « Nous sommes plus autosuffisants et nous avons pu augmenter nos exportations. Nous n’avons pas de fromages italiens ou suisses, mais nous avons appris à faire des fromages russes tout aussi bons en utilisant des recettes italiennes et suisses », a illustré Viktor Tatarintsev.

Crédit : Aftonbladet
L’ambassadeur a accusé l’Occident de ne pas comprendre la mentalité russe. « Les nouvelles sanctions n’ont rien de positif, mais ne sont pas aussi mauvaises que l’Occident le fait croire. Plus l’Occident fera pression sur la Russie, plus la réponse russe sera forte», a-t-il ajouté.
Vers une invasion « imminente »?
Difficile à dire. Washington dit craindre l’invasion, en soulignant que Moscou a massé plus de 100.000 soldats près de la frontière ukrainienne et vient d’entamer des manoeuvres militaires en mer Noire et au Bélarus, encadrant de facto le pays. Viktor Tatarintsev assure au contraire que la Russie tente d’éviter une guerre. « C’est le souhait le plus sincère de nos responsables politiques. La dernière chose que veulent les gens en Russie, c’est la guerre ». Mais peut-on y croire?
Moscou, qui a déjà annexé la Crimée en 2014, conditionne la désescalade à une série d’exigences, notamment l’assurance que Kiev n’intégrera jamais l’Otan. Une condition que les Occidentaux jugent inacceptable. Plusieurs séries de pourparlers ces derniers jours encore n’ont pas véritablement permis de progresser vers une résolution de la crise, que les Occidentaux décrivent comme l’une des plus dangereuses depuis la fin de la Guerre froide il y a trois décennies. Ils misent encore sur la force de la diplomatie.
Pendant ce temps-là, nombreux sont ceux qui quittent le sol ukrainien. Ce fut encore le cas hier, tout au long de la journée, des ressortissants étrangers ont quitté Kiev pour rentrer chez eux. C’est encore le cas aujourd’hui, pour ces passagers d’origine israélienne, entre autres, débarquant à l’aéroport israélien Ben Gourion de Lod, près de Tel Aviv, ce dimanche 13 février. (Photo ci-dessus – AFP).
avec Belga
